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    Esquisse d’un nouveau paysage rural

    Un quart de la population québécoise vit à l’extérieur des grands ensembles urbains

    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Nous sommes en régions québécoises. Les valeurs qui s’y affichent sont celles de la coopération et de la solidarité. Même que les derniers jours de la semaine dernière avaient une coloration particulière, Solidarité rurale tenant sa grande rencontre annuelle, cette fois à La Malbaie. Le Devoir était présent et on a ainsi pu constater que la ruralité n’est plus au Québec un mot synonyme d’agriculture qui se conjuguerait sur un simple accord agricole. Le Québec des régions se prend en main.


    Les prix Ruralia-Desjardins ont été remis il y a une semaine. Et il n’y avait pas là matière à manchettes pour une grande presse économique néolibérale, à moins que celle-ci veuille signaler l’émergence d’un phénomène qui prend de l’ampleur, à savoir que le développement passe de plus en plus par la mise en place de programmes ou d’actions qui font conjuguer de pair action citoyenne et initiative locale.

     

    Ainsi, la municipalité de Lac-Édouard, un territoire sis au coeur de la Haute-Mauricie, en ce secteur où un Louis Hémon oeuvra à la mise en place d’un chemin de fer et d’un livre, le Maria Chapdelaine, là, on a su mettre en place une structure scolaire pour répondre aux besoins des deux derniers enfants qui habitent toujours le territoire municipal ! Et le projet Partenaires 12-18, des raccrocheurs de jeunes, des réveilleurs de leaders, permet à deux jeunes adolescentes du Centre-du-Québec de témoigner qu’il est possible de s’impliquer pour qu’une génération, la leur, prenne en main son avenir. Et à Petit-Saguenay, « la fierté et l’engagement des citoyens envers leur communauté, nous dit Solidarité rurale,ont motivé leur prise en main et le démarrage d’un processus de revitalisation et de diversification de leur économie ».

     

    Initiatives

     

    Aussi abordons-nous les régions québécoises que nous découvrons que dans cette nature, un nouveau paysage prend forme. Une simple saisie statistique permet d’en définir le contour. Si 90 % du territoire québécois peut être dit rural, si un quart de la population y vit, à l’extérieur des grands ensembles urbains, ce sont seulement 7 % de la population qui y mènent une activité agricole.

     

    Aussi, parlons de développement que le sujet inclura les mines, soulignera les difficultés générées par des projets d’exploration gazière ou pétrolière et montrera comment il est difficile de se réorganiser en ces jours où l’industrie forestière est en déclin. Mines fermées et scieries abandonnées sont autant de monuments qui témoignent d’une stratégie économique qui n’a pas souvent garanti le succès espéré.

     

    Alors, il faut réagir autrement. Car comment assurer que les services de base soient maintenus au bénéfice des populations locales, et cela va tant pour la santé que l’éducation, et inclut même une chose ailleurs aussi courante que l’est Internet haute vitesse ?

     

    Là-dessus, le Conseil québécois de la coopération et de la solidarité informe d’initiatives nouvelles : marchandes avec des dépanneurs et des stations-service, immobilières, pour les familles et les aînés, scolaires — par des miniécoles —, sanitaires avec cliniques et centres de service, des coopératives s’établissent, et cela sans pour autant que le secteur agricole soit oublié : la Coop fédérée demeure la plus grande entreprise agroalimentaire du Québec.

     

    Développement

     

    Et politiquement, il y a plus : le Québec ne vient-il pas de déposer une nouvelle politique nationale de la ruralité qui prévoit une stratégie de développement pour les 10 prochaines années ? Dans sa définition, pour ce troisième plan d’action régional, elle parle de participation, et pour le chercheur qu’est Denis Bourque de l’Université du Québec en Outaouais, les actions de Solidarité rurale ont beaucoup contribué à l’établir, l’organisme ayant« imposé sa vision de la ruralité et identifié des outils et des leviers pour permettre l’action efficace ».

     

    Et qui lira les pages qui suivent verra que les quatre principaux partis politiques québécois souscrivent à cette vision qui décrit une nouvelle ruralité, celle d’un Jacques Proulx, que ses efforts ont imposée, lui qui fondait en 1991 l’actuel organisme, voyant le développement du territoire québécois assuré par autre chose que des subsides et autres simples soutiens financiers à l’activité agricole.

     

    Si la ruralité québécoise a toujours des fermes, comme des porcheries, comme leviers économiques, elle aura besoin pour devenir un lieu de qualité de beaucoup plus.

     

    Et qui est maire ou édile d’une municipalité, qu’elle soit locale ou de circonscription, sait qu’il faut faire plus que simplement gérer une administration : il faut contrer la morosité ambiante, prêcher la prise en charge du territoire et agir en concertation avec les citoyens.

     

    Comme le dit Claire Bolduc, parlant d’avenir, « est-ce qu’il ne vaut pas mieux réfléchir à cela en termes de milieu de vie où les gens s’épanouissent, sont heureux et contribuent au développement ? »

     

    Ainsi, s’il y a eu deux jours de rencontre à La Malbaie, c’était finalement pour faire admettre une réalité : un nouveau monde rural est en action au Québec.

    La P’tite École de Lac-Édouard, 3e prix Petit-Saguenay 2020, 1er prix Partenaires 12-18, 2e prix












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