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    Québec

    La nouvelle politique nationale de la ruralité est là

    5 avril 2014 |Pierre Vallée | Actualités en société
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Dotée d’une enveloppe budgétaire de 470 millions de dollars, la nouvelle Politique nationale de la ruralité 2014-2024 est entrée en fonction lundi dernier, soit le 1er avril 2014.


    « Il ne s’agit pas seulement de la reconduction de l’ancienne politique, estime Deborah Bélanger, mairesse de la ville de Rivière-Rouge et membre du comité exécutif de l’Union des municipalités du Québec,mais plutôt d’une véritable bonification de l’ancienne politique. »

     

    Bonification financière d’abord, puisque la Politique nationale de la ruralité 2014-2024 prévoit investir 47 millions de dollars par année comparativement aux 40 millions de dollars par année de l’ancienne politique. Elle crée aussi un nouveau créneau de projets, les « pactes plus », dont le but est de soutenir les MRC dans la mise en place de projets structurants pour l’ensemble du territoire d’une MRC. Elle renforce aussi les agents de développement rural en faisant passer leur nombre de 136 à 155. De plus, elle met en place des éléments de synergie, notamment en créant une plateforme numérique d’échange entre les MRC, mais aussi entre les différents acteurs de la ruralité, et elle met à la disposition des communautés un outil de mesure de la vitalité sociale.

     

    « Ces modifications ne sont pas tombées du ciel, mais s’appuient sur l’expérience acquise lors de la réalisation de la dernière politique. Elles font suite à un sondage sur ces questions que Solidarité rurale du Québec a mené auprès des MRC en milieu rural. » Rappelons qu’outre le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT), les quatre autres partenaires de la Politique nationale de la ruralité sont Solidarité rurale du Québec, l’Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités et l’Association des centres locaux de développement du Québec.

     

    Nouvelle approche

     

    Mais la plus importante bonification, aux yeux de Deborah Bélanger, n’est pas financière, mais plutôt philosophique. « Le grand pas en avant se trouve dans la nouvelle approche au développement rural que préconise la nouvelle politique de la ruralité. Ce développement doit maintenant se faire dans une perspective intersectorielle. Cette approche fait en sorte d’utiliser l’ensemble des fonctions d’un territoire. »

     

    Cette approche suppose aussi une plus grande coopération entre les différents acteurs d’une région rurale. « Il faut donc être en mesure d’asseoir autour d’une même table tous les acteurs, que ce soit les organismes, comme les commissions scolaires, les CLSC et les CSSS, les élus, les groupes communautaires et la communauté des affaires. Cette approche a le mérite de pouvoir susciter une plus grande synergie entre les acteurs, mais surtout donne davantage de cohérence à nos actions, car on travaille ainsi tous dans le même sens. »

     

    Sans compter que le citoyen n’est pas en reste. « La nouvelle politique sur la ruralité interpelle aussi le citoyen, car elle nous oblige à une certaine forme de gouvernance participative. Il faut évidemment d’abord mobiliser le citoyen, ce qui, je l’admets, n’est pas toujours facile. Mais lorsque les citoyens s’impliquent dans un projet, ou encore mieux, lorsqu’ils en sont les porteurs, les chances de réussite augmentent considérablement. Il est toujours préférable qu’un projet parte du bas pour aller vers le haut, plutôt que le contraire. »

     

    Le pacte rural

     

    L’élément clé de la Politique nationale de la ruralité demeure le pacte rural. Il s’agit ici d’une entente entre le MAMROT et une MRC concernant le transfert financier entre le ministère et la MRC. Une fois la somme transférée, c’est la MRC qui en devient responsable et qui la gère. Règle générale, la MRC ensuite met en place un comité de sélection qui reçoit les divers projets présentés et en fait l’évaluation. Les projets sont présentés par les municipalités, les organismes, les associations et les groupes populaires. Les projets émanant des MRC sont maintenant dirigés vers les « pactes plus ».

     

    Soutien aux municipalités

     

    La politique nationale de la ruralité pour les municipalités rurales est aussi un outil de développement économique. « Il faut réaliser que dans les municipalités rurales, même si l’on fait preuve d’idées innovantes, il manque souvent de personnel pour les mettre en place. C’est pourquoi l’augmentation des agents de développement rural est une bonne nouvelle pour nous. L’on pourra davantage compter sur eux pour nous aider à développer nos projets. Le pacte rural peut aussi aider les municipalités en soutenant financièrement, par exemple, des études de faisabilité. C’est un outil de plus pour nous aider dans notre développement. »

     

    Car le nerf de guerre en région rurale, c’est le développement. « Chaque municipalité a quelque chose de différent qui la démarque et qu’elle doit développer. Si l’on veut retenir nos jeunes, il faut non seulement compter sur la qualité de vie que l’on peut leur offrir, mais aussi s’assurer de mettre en place tous les éléments capables de favoriser le développement économique et la création d’emplois. »

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