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    Penser Créer Agir

    L’UQAM accueillera un colloque international en études féministes

    « Montréal est très dynamique dans le domaine de la recherche en études féministes »

    8 mars 2014 | Martine Letarte - Collaboratrice | Actualités en société
    Lyne Kurtzman et Caroline Désy
    Photo: Nathalie St-Pierre, service des communications, UQAM Lyne Kurtzman et Caroline Désy
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Le Congrès international des recherches féministes dans la francophonie se tiendra pour la première fois à Montréal, du 24 au 28 août 2015. Le thème, Penser Créer Agir, a été choisi afin de refléter la particularité montréalaise des études féministes à travailler sur le terrain.


    Existe-t-il des centres de soutien à la grossesse au Québec qui sont anti-choix sans s’afficher clairement ? Si oui, sont-ils en progression ? Tentent-ils d’influencer les femmes qui doivent prendre une décision sur leur grossesse ? Si oui, quelles sont leurs stratégies ? Voilà le genre de questions que se posait la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) lorsqu’elle s’est adressée au Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

     

    « Nous avons associé le groupe à Audrey Gonin, professeure en travail social spécialisée en questions éthiques pour documenter le phénomène », indique Lyne Kurtzman, agente de développement au Service aux collectivités, secteur femmes, à l’UQAM.

     

    La chercheuse et la FQPN ont travaillé en coconstruction des connaissances et elles ont défini ensemble le devis de recherche. « Il y a eu des rencontres aux principales étapes du projet pour s’entendre sur la méthodologie, explique Mme Kurtzman. La recherche est terminée maintenant, mais il restera un travail collectif à réaliser pour interpréter les résultats et il faudra rédiger le rapport. Ensuite, la Fédération entend utiliser ces données rigoureusement collectées et analysées de façon solide pour dénoncer ce type de pratique et éviter notamment que le système de santé dirige des femmes enceintes vers ces centres. »

     

    « On retrouve à Montréal une grande expérience de recherche avec les milieux de pratique et nous voulons mettre en avant cette force lors de cet événement international par le volet Agir du thème choisi », explique Caroline Désy, agente de recherche et de planification à l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), à l’UQAM.

     

    Lyne Kurtzman explique que dès la création du réseau Université du Québec (UQ), l’objectif de travailler de près avec le milieu était présent.

     

    « L’UQAM en a même fait sa troisième mission, après l’enseignement et la recherche,précise Lyne Kurtzman. Les professeurs sont très encouragés aussi à travailler avec la collectivité et sont dispensés de cours pour le faire, parce que cela prend du temps. »

     

    Issues de l’IREF, du Réseau québécois en études féministes (RéQEF) et du Service aux collectivités de l’UQAM, les organisatrices du congrès ont voulu trouver un thème rassembleur. « Penser réfère à la recherche théorique, alors que Créer inclut les chercheuses du domaine des études littéraires et de l’histoire de l’art », explique Caroline Désy.

     

    De l’Inde à l’Europe, en passant par l’Afrique

     

    Les inscriptions ne sont pas encore recueillies, mais les organisatrices s’attendent à recevoir au moins 350 participantes et déléguées en provenance de divers milieux de la recherche féminine du monde francophone.

     

    « Nous avons tendance à féminiser, parce que les femmes sont en forte majorité dans le domaine, mais il y a tout de même quelques hommes et ils sont les bienvenus,précise Caroline Désy. L’appel de propositions pour les communications, ateliers et tables rondes sera lancé en mai. »

     

    L’Europe sera probablement bien représentée au colloque. « Beaucoup de recherches en études féministes se font en France et on retrouve aussi beaucoup d’études de genre en Suisse, indique Mme Désy. L’Université des Femmes de Bruxelles est aussi importante et elle travaille de façon similaire à ce que nous faisons avec les groupes de femmes. »

     

    Les organisatrices souhaitent toutefois ratisser plus large et trouver des commandites pour défrayer les coûts de collègues du Sud. « Certains champs d’études ont une perspective de genre au Maghreb, au Maroc notamment, qui a accueilli le colloque en 2008, affirme Caroline Désy. On peut aussi aller chercher des participantes au Liban, en Afrique de l’Ouest, à Haïti, dans les Caraïbes et en Amérique latine. Des chercheuses francophones dans deux universités en Inde souhaiteraient aussi participer au colloque. Nous aimerions accueillir des participantes très diversifiées. »

     

    Les organisatrices s’attendent aussi à accueillir des étudiantes du Québec et d’autres provinces comme l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

     

    Une initiative québécoise

     

    Le premier Congrès international des recherches féministes dans la francophonie a eu lieu en 1996, à l’instigation d’Huguette Dagenais et d’autres professeures de l’Université Laval.

     

    Depuis, plusieurs villes ont accueilli l’événement : Dakar en 1999, Toulouse en 2002, Ottawa en 2005, Rabat en 2008 et Lausanne en 2012.

     

    « Lors de l’assemblée générale du dernier Congrès, des représentantes de l’IREF et du Réseau québécois en études féministes ont proposé de tenir le congrès à Montréal en 2015 », explique Caroline Désy.

     

    Elle croit que Montréal et, plus globalement, le Québec peuvent être inspirants pour plusieurs collègues à l’étranger en matière d’études féministes. « Montréal est très dynamique dans le domaine de la recherche en études féministes avec ses trois instituts renommés dans le domaine : l’Institut Simone-de-Beauvoir de l’Université Concordia, l’Institut Genre, sexualité et féminisme de l’Université McGill et l’IREF », énumère Mme Désy.

     

    « De plus, nous avons vraiment réussi à bien nous coordonner pour faire rayonner les recherches féministes, ajoute-t-elle. À l’UQAM, par exemple, l’IREF a du financement institutionnel qui nous permet de durer. On ne reçoit pas des millions, mais suffisamment de sous pour avoir du personnel permanent pour s’occuper par exemple de la diffusion et de l’organisation d’événements. »

     

    Le RéQEF bénéficie pour sa part d’une subvention du Fonds de recherche du Québec – Société et culture.













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