Prostitution juvénile à Québec - L'enquête Scorpion ne sera pas rouverte
Québec — Québec refuse d'exiger la reprise de l'enquête Scorpion sur la prostitution juvénile à Québec, prétextant que toute réouverture du dossier pourrait entraîner un avortement des procédures judiciaires présentement en cours.
«Ce ne serait pas aider les victimes et leur famille que de répondre à une demande qui pourrait faire avorter le procès qui est en cours. Je pense qu'il faut se lever au-dessus de la mêlée, être responsable, c'est-à-dire attendre que le procès soit terminé, attendre que les preuves qui ont été colligées par les policiers de Québec puissent être démontrées et faire en sorte que la justice puisse retrouver exactement la qualité que nous lui souhaitons avoir», a affirmé hier le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon.
Interpellé en Chambre par le chef adéquiste Mario Dumont, qui réclame une suite à l'opération Scorpion, M. Chagnon a dit qu'il ne serait pas «responsable» d'acquiescer à cette demande. «À la minute où je pourrais évoquer l'hypothèse qu'il soulève, n'importe quel procureur de la défense viendrait témoigner à l'effet que le procès ne peut pas être valide», a répondu le ministre. Lors d'un entretien au Devoir, Jacques Chagnon a précisé que tout geste menant à une poursuite de l'enquête Scorpion «créerait une présomption sur le travail des policiers comme quoi il a mal été fait auparavant».
«La meilleure chose que nous puissions faire aujourd'hui pour les victimes et les familles, c'est de faire en sorte que ce procès [des présumés clients et proxénètes du réseau de prostitution juvénile] se déroule dans le meilleur ordre possible et qu'à la fin de ce procès nous puissions voir à faire en sorte que justice soit rendue», a-t-il dit en Chambre.
Après avoir rencontré des victimes et leur famille au cours des derniers jours, Mario Dumont croit qu'il est possible de procéder à une poursuite de l'enquête Scorpion sans nuire aux procédures judiciaires en cours contre des présumés clients et proxénètes du réseau de prostitution juvénile. L'ADQ travaille sur une proposition à faire au gouvernement qui éviterait de toucher les dossiers qui se trouvent devant les tribunaux. «On ne peut pas nier la réalité: le lien de confiance entre la population et l'administration de la justice est brisé», a-t-il lancé.
Pétition
Réunis sous le slogan «Que l'on continue», des citoyens de Québec réclament en effet la réouverture de l'enquête Scorpion, puisque des soupçons circulent sur la façon dont ce dossier a été mené par l'administration L'Allier, qui nie tout en bloc. Lundi soir, ils étaient 500 à manifester devant l'hôtel de ville de Québec. Une pétition circule également, et des animateurs de radio de Québec alimentent le mouvement. M. Dumont déplore les propos «extrêmes» de certains d'entre eux mais estime qu'«il ne faut pas aller à l'autre extrême et dire que, parce qu'il y a un comportement d'animateurs ou autres qui est difficilement acceptable, tout est correct et que, comme parlementaire, on ne s'occupe plus de la confiance des gens dans l'administration de la justice».
L'opération Scorpion a pris fin en mai avec le démantèlement du Wolf Pack, le gang de rue qui dirigeait le réseau. Le projet Scorpion de la police de Québec a débuté en septembre dernier et a permis de porter des accusations de proxénétisme contre 17 individus, dont la plupart sont membres du Wolf Pack. Dix autres personnes reliées au gang de rue ont été arrêtées et ont reçu des mandats spéciaux les sommant de n'exercer aucune pression sur les jeunes filles victimes du réseau. Au total, 17 présumés clients ont été accusés et une trentaine de filles, aussi jeunes que 14 ans, ont été retirées du réseau et interrogées par les policiers durant l'enquête.
La présidente du caucus du Parti québécois, Agnès Maltais, avait également réclamé, en septembre dernier, la réouverture de l'enquête Scorpion, cette fois pour dissiper tout doute concernant l'implication de personnalités politiques dans le réseau. Là encore, Québec avait refusé de répondre à la demande. La preuve a été simplement réexaminée.
«Ce ne serait pas aider les victimes et leur famille que de répondre à une demande qui pourrait faire avorter le procès qui est en cours. Je pense qu'il faut se lever au-dessus de la mêlée, être responsable, c'est-à-dire attendre que le procès soit terminé, attendre que les preuves qui ont été colligées par les policiers de Québec puissent être démontrées et faire en sorte que la justice puisse retrouver exactement la qualité que nous lui souhaitons avoir», a affirmé hier le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon.
Interpellé en Chambre par le chef adéquiste Mario Dumont, qui réclame une suite à l'opération Scorpion, M. Chagnon a dit qu'il ne serait pas «responsable» d'acquiescer à cette demande. «À la minute où je pourrais évoquer l'hypothèse qu'il soulève, n'importe quel procureur de la défense viendrait témoigner à l'effet que le procès ne peut pas être valide», a répondu le ministre. Lors d'un entretien au Devoir, Jacques Chagnon a précisé que tout geste menant à une poursuite de l'enquête Scorpion «créerait une présomption sur le travail des policiers comme quoi il a mal été fait auparavant».
«La meilleure chose que nous puissions faire aujourd'hui pour les victimes et les familles, c'est de faire en sorte que ce procès [des présumés clients et proxénètes du réseau de prostitution juvénile] se déroule dans le meilleur ordre possible et qu'à la fin de ce procès nous puissions voir à faire en sorte que justice soit rendue», a-t-il dit en Chambre.
Après avoir rencontré des victimes et leur famille au cours des derniers jours, Mario Dumont croit qu'il est possible de procéder à une poursuite de l'enquête Scorpion sans nuire aux procédures judiciaires en cours contre des présumés clients et proxénètes du réseau de prostitution juvénile. L'ADQ travaille sur une proposition à faire au gouvernement qui éviterait de toucher les dossiers qui se trouvent devant les tribunaux. «On ne peut pas nier la réalité: le lien de confiance entre la population et l'administration de la justice est brisé», a-t-il lancé.
Pétition
Réunis sous le slogan «Que l'on continue», des citoyens de Québec réclament en effet la réouverture de l'enquête Scorpion, puisque des soupçons circulent sur la façon dont ce dossier a été mené par l'administration L'Allier, qui nie tout en bloc. Lundi soir, ils étaient 500 à manifester devant l'hôtel de ville de Québec. Une pétition circule également, et des animateurs de radio de Québec alimentent le mouvement. M. Dumont déplore les propos «extrêmes» de certains d'entre eux mais estime qu'«il ne faut pas aller à l'autre extrême et dire que, parce qu'il y a un comportement d'animateurs ou autres qui est difficilement acceptable, tout est correct et que, comme parlementaire, on ne s'occupe plus de la confiance des gens dans l'administration de la justice».
L'opération Scorpion a pris fin en mai avec le démantèlement du Wolf Pack, le gang de rue qui dirigeait le réseau. Le projet Scorpion de la police de Québec a débuté en septembre dernier et a permis de porter des accusations de proxénétisme contre 17 individus, dont la plupart sont membres du Wolf Pack. Dix autres personnes reliées au gang de rue ont été arrêtées et ont reçu des mandats spéciaux les sommant de n'exercer aucune pression sur les jeunes filles victimes du réseau. Au total, 17 présumés clients ont été accusés et une trentaine de filles, aussi jeunes que 14 ans, ont été retirées du réseau et interrogées par les policiers durant l'enquête.
La présidente du caucus du Parti québécois, Agnès Maltais, avait également réclamé, en septembre dernier, la réouverture de l'enquête Scorpion, cette fois pour dissiper tout doute concernant l'implication de personnalités politiques dans le réseau. Là encore, Québec avait refusé de répondre à la demande. La preuve a été simplement réexaminée.
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