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    Place aux «superpoutres»… en bois d’épinette noire

    Treize poutres gigantesques supporteront le toit plat du futur Centre de soccer de Montréal, une prouesse technique décrite comme une première mondiale

    Chaque poutre en bois destinée au Centre de soccer de Montréal mesure 70 mètres de long et 4 mètres de haut, et pèse 125 tonnes. En comparaison, la « superpoutre » en acier du pont Champlain fait « à peine » 56,5 mètres sur 3 mètres, pour un poids de 75 tonnes.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Chaque poutre en bois destinée au Centre de soccer de Montréal mesure 70 mètres de long et 4 mètres de haut, et pèse 125 tonnes. En comparaison, la « superpoutre » en acier du pont Champlain fait « à peine » 56,5 mètres sur 3 mètres, pour un poids de 75 tonnes.

    La «superpoutre» du pont Champlain a de la compétition : pas moins de 13 « superpoutres » plus longues, plus larges et plus lourdes que celle du célèbre pont font partie d’une structure hors de l’ordinaire, vouée à devenir un emblème de Montréal, qui prend naissance dans le quartier Saint-Michel.

     

    Cette structure, c’est le Centre de soccer de Montréal. Un bâtiment au design audacieux, fait d’acier, de verre et… d’épinette noire de Chibougamau, qui a commencé à prendre forme à deux pas de l’ancienne carrière Miron, au Complexe environnemental de Saint-Michel.

     

    Le toit plat de ce centre de soccer intérieur représente une prouesse architecturale et d’ingénierie, décrite comme une première mondiale. Il fait 68,5 m de portée libre et est réalisé avec des poutres en bois droites de 70 mètres de long et de 4 mètres de haut. La superpoutre du pont Champlain, elle, fait « à peine » 56,5 mètres sur 3 mètres.

     

    Chacune de ces 13 superpoutres de bois pèse 125 tonnes, de quoi faire pâlir d’envie la poutre du pont Champlain — en acier, celle-là — qui fait osciller la balance à 75 tonnes.

     

    « Ce projet donne de l’élan à la réputation de Montréal comme ville de design », dit Michel Nadeau, le directeur des stratégies et transactions immobilières de la Ville de Montréal.

     

    Au-delà de la signature visuelle, ce projet de 51 millions de dollars représente un ajout de taille dans le parc d’équipements sportifs de la Ville de Montréal. Le maire Denis Coderre s’est engagé à freiner l’exode des jeunes familles vers la banlieue. Sans faire de bruit, loin des scandales qui ont entaché l’image de la métropole, la Ville fait le pari que des projets comme celui-là retiendront les familles.

     

    Ce vaste complexe fera la joie des 42 000 jeunes Montréalais qui jouent au soccer, avec un terrain intérieur, un terrain extérieur de soccer et de football, des vestiaires, une salle d’entraînement, un bureau de physiothérapie et une boutique, entre autres.

     

    Le chantier a commencé au mois d’août dernier. Mercredi matin, Le Devoir a assisté à l’installation de la deuxième des 13 superpoutres. Deux grues d’une capacité de 250 tonnes ont soulevé la gigantesque poutre et l’ont assise sur la base du toit, à une quinzaine de mètres dans les airs.

     

    « Si le vent avait soufflé à 20 km/h et plus, il aurait fallu annuler l’opération pour des raisons de sécurité », a expliqué Frédéric Verreault, porte-parole de Nordic Structures Bois, l’entreprise qui fabrique ces poutres de bois.

     

    Ces poutres sont assemblées dans l’atelier de la firme, à Chibougamau, dans le nord du Québec. Elles sont faites exclusivement d’épinettes noires qui ont poussé près de Chibougamau. Ces poutres ont été livrées à Montréal en trois sections, par camion. Ici, dans ce qui deviendra un des plus beaux terrains de soccer intérieurs du Québec, les trois sections ont été réunies en une seule « mégapoutre ».


    Le bois en vedette

     

    Ce projet s’inscrit dans la volonté du gouvernement Marois d’encourager l’utilisation du bois dans la construction de bâtiments publics. L’industrie québécoise du bois a été sévèrement malmenée par la crise financière de 2008 et 2009, qui a fait plonger la construction aux États-Unis. Le bois représente néanmoins 13 % des exportations québécoises, selon les chiffres du gouvernement.

     

    La firme Nordic Structures Bois a profité de la crise d’il y a cinq ans pour investir 30 millions dans des équipements de pointe, explique Frédéric Verreault. De nouveaux robots très performants permettent d’assembler ces superpoutres au dixième de millimètre près et d’en faire un produit à haute valeur ajoutée, selon lui.

     

    Ces poutres de bois de 125 tonnes sont-elles assez solides pour résister à une autre crise du verglas ou à de fortes chutes de neige ? « Certainement. De la neige comme cette semaine, il peut en tomber », dit sans hésiter Frédéric Verreault.

     

    Nordic Structures Bois a fait tester une de ses superpoutres à l’Université de Stuttgart, en Allemagne. La poutre a été envoyée en Allemagne par bateau. Trois employés de la firme de Chibougamau ont aussi fait le voyage. Les chercheurs ont soumis la poutre à une série de tests rigoureux, selon le porte-parole de l’entreprise.

     

    Les firmes Saucier + Perrotte, de Montréal, et Hughes Condon Marler Architects, de Vancouver, ont remporté le contrat pour ce projet à la suite d’un concours d’architecture lancé par la Ville de Montréal.

    Chaque poutre en bois destinée au Centre de soccer de Montréal mesure 70 mètres de long et 4 mètres de haut, et pèse 125 tonnes. En comparaison, la « superpoutre » en acier du pont Champlain fait « à peine » 56,5 mètres sur 3 mètres, pour un poids de 75 tonnes. Le chantier lancé en août dernier se poursuivait mercredi, malgré la neige. Un vent plus fort aurait toutefois forcé le report de l’installation de la deuxième « superpoutre ». Le complexe comptera notamment des terrains de soccer intérieur et extérieur.












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