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    TEAM - Que tous les enfants du monde fêtent Noël!

    Des stagiaires du Québec partagent le quotidien des enfants de la rue

    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Pour les quelque 150 millions d’enfants qui peuplent les rues du monde, les festivités de Noël n’ont rien d’un conte de fées. Pour les intervenants de Tous les enfants de l’autre monde (TEAM), une ONG canadienne qui oeuvre depuis près de 10 ans auprès d’enfants parmi les plus défavorisés, Noël est un moment privilégié pour aller à leur rencontre.

     

    Ils sont âgés de 3 à 17 ans, errent dans les centres-villes, survivent dans des bidonvilles réputés pour leur insalubrité et leurs problèmes de drogue ou de prostitution juvénile ou ont quitté leur chez-soi ravagé par la guerre ou une catastrophe naturelle. Ces enfants de l’Afrique, de l’Amérique du Sud ou d’Haïti, les plus vulnérables qui soient, sont au coeur de la mission de TEAM, ONG canadienne créée en 2004 et basée à Mascouche. Chaque année, des stagiaires et des coopérants de cet organisme s’envolent vers les Caraïbes ou l’Amérique latine pour fêter Noël avec des enfants vivant dans des conditions précaires.


    Haïti et Pérou

     

    Cette année, ils seront en tout 590 jeunes à trouver auprès de membres de l’organisme une présence pendant le temps des Fêtes. Louise Gaudreault est arrivée en Haïti il y a trois semaines avec deux gros sacs remplis de jouets amassés dans la région et au Québec. Sa destination : l’école du Frère-Dumay, située à Croix-des-Bouquets, dont le chantier a démarré il y a deux ans afin d’aider à scolariser des enfants de victimes du séisme, ainsi que des enfants vulnérables et marginalisés du système scolaire. Dans sa hotte, les quelque 200 petits écoliers trouveront du matériel scolaire, des livres et des crayons de couleur, des poupées et de petites automobiles.

     

    Au Pérou, Milena Nehme fêtera Noël dans un parc, entourée d’enfants de la rue. Dans ce pays fortement marqué par le catholicisme, où les traditions et les festivités de Noël sont bien présentes, l’organisme mise sur le respect des traditions locales. Au menu : une grande marmite du traditionnel chocolate caliente navideño, un chocolat chaud aromatisé, qui sera distribué aux enfants, accompagné de panetón, un pain aux fruits confits. Au Pérou, ce sont près de 400 enfants, issus d’un orphelinat, des rues d’Ayacucho ou du bidonville de Villa-Maria, au sud de Lima, qui fêteront Noël sous l’aile de TEAM.

     

    Sans famille

     

    Que représente Noël pour des enfants qui n’ont ni foyer ni famille ? « Noël est toujours un moment très difficile pour eux, car ils souffrent de l’éloignement de leurs proches », explique Sylvain Fillion, fondateur et directeur de l’organisme. En venant à leur rencontre, l’organisme ne dispose que de « moyens simples ». Des petits cadeaux, de la musique, de la nourriture ainsi que des costumes du père Noël — « une demande de nos partenaires sur le terrain, poursuit-il, pour faire comme ailleurs ».

     

    C’est loin d’être l’opulence, mais c’est tout ce qu’il faut pour faire une fête. Pour ces enfants, le véritable cadeau n’a d’ailleurs rien de matériel. « Ce qui importe pour eux, c’est qu’on soit dans leur milieu pour célébrer cette fête. C’est comme si on leur rendait hommage. On quitte notre pays pour les voir et les encourager. Ils se rendent compte qu’on pense à eux et qu’on se préoccupe de leurs conditions de vie. » Et, pour ce père de trois enfants, cette rencontre est aussi précieuse pour les enfants démunis que pour les intervenants sur le terrain. « Partager ce moment et la joie d’une fête aussi importante réveille quelque chose de magique. »


    La rue au quotidien

     

    L’idée de fonder TEAM a germé en 1995 lors d’une mission humanitaire au Guatemala, alors dévasté par une guerre civile depuis 35 ans. Le travailleur de rue, qui oeuvrait à Terrebonne auprès d’adultes et d’adolescents, s’est retrouvé confronté à une tout autre réalité que celle qu’il côtoyait au Québec : celle des enfants de la rue. Choqué et ému par la vie de ces « grands sages » qui, bien que vivant dans des conditions très difficiles, « partagent beaucoup avec d’autres jeunes de leur âge », Sylvain Fillion chavire lorsqu’il voit un enfant trouver un petit morceau de poulet et partager solennellement sa maigre pitance avec ses compagnons d’infortune. « Voir des enfants si jeunes faire des gestes comme celui-là m’a beaucoup touché. Avant de partir, je leur ai fait la promesse de consacrer ma vie à aider les enfants en difficulté. » Chaque année, de 80 à 150 stagiaires quittent le Québec vers une douzaine de pays pour partager le quotidien des enfants de la rue, édifier des projets en milieu rural ou dans les villes et participer à des projets culturels et sportifs. Par leur entremise sont acheminés des vêtements, du matériel sportif ou scolaire, des livres à colorier, des crayons de couleur ainsi que du matériel d’hygiène ou de premiers soins.


    Des projets durables

     

    Ils chapeautent aussi, en partenariat avec des organismes locaux, des projets durables ciblés vers les besoins sur le terrain. Au cours des dernières années ont vu le jour deux centres de santé en Équateur et au Guatemala, une cuisine collective au Pérou et un projet d’assainissement au Mali. Actuellement, outre la reconstruction de l’école du Frère-Dumay en Haïti, l’organisme travaille à la construction d’une maison des jeunes au Mexique, qui permettra aux enfants de participer à des activités culturelles, sportives et éducatives, à une garderie communautaire pour mères seules, adolescentes ou jeunes adultes et à une autre cuisine collective dans un bidonville de Lima. « Ces actions sont destinées à améliorer leur qualité de vie. Nous cherchons à développer des solutions de rechange. »

     

    Après 23 ans de travail auprès d’enfants défavorisés, Sylvain Fillion se réjouit de voir que certains de ses anciens sont aujourd’hui devenus éducateurs de rue, musiciens ou artistes et ont acquis des compétences pour exercer un métier. Mais, pour mener à bien sa mission, il relève chaque année un tout autre défi auprès de fondations, d’entreprises, de donateurs privés et d’organismes gouvernementaux. « Il faut être créatif », estime-t-il. C’est le prix d’une promesse à tenir…
     

     

    Collaboratrice













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