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    Créativité et innovation - Le quartier créatif façonne la ville nouvelle

    «L’idée est de mélanger les savoirs techniques, artistiques et économiques»

    14 décembre 2013 |Émilie Corriveau | Actualités en société
    La Société des arts technologiques, à Montréal
    Photo: SAT La Société des arts technologiques, à Montréal

    Saint-Étienne — Développé au début des années 1990, le concept de quartier créatif est de plus en plus en vogue au Québec comme en France. Aussi, que ce soit à Montréal ou à Saint-Étienne, ces écosystèmes où se côtoient innovation et créativité se développent de façon importante. S’étant donné rendez-vous à Saint-Étienne le 27 novembre dernier, des chercheurs et des scientifiques des deux agglomérations ont profité des Entretiens Jacques-Cartier pour discuter de ce mode de conception du territoire.

    Basée sur l’idée qu’un milieu se veut beaucoup plus riche et porteur lorsqu’il est mixte et diversifié, la création de quartiers créatifs a pour objectif de favoriser les processus de cocréation et les approches pluridisciplinaires en mobilisant créatifs, industriels, scientifiques, économistes, chercheurs, etc. « La créativité d’un territoire repose sur la capacité de travailler ensemble, précise Mme Gaëlle Dechamp Goy, enseignante et chercheure au sein de COACTIS à l’Université Jean-Monnet, à Saint-Étienne. L’idée, c’est de mélanger les savoirs techniques, artistiques et économiques pour créer une richesse : l’innovation. »


    L’expérience montréalaise

     

    À Montréal, de plus en plus de lieux sont aménagés selon ces principes. Par exemple, le Living Lab Société des arts technologique (SAT)-CHU Sainte-Justine illustre bien que l’amalgame de talents artistiques et scientifiques peut être un gage d’innovation.

     

    « La SAT, au-delà d’un centre de diffusion, c’est un centre de recherche et de développement qui, plutôt que de travailler en silo, encourage la mixité. Elle s’intéresse à trois grands axes : la scénographie immersive, les expériences réseaux et les interactions. Chaque année, on y reçoit deux vagues de résidences d’artistes qui produisent de nouveaux procédés et de nouveaux usages. On a différentes façons de les valoriser ; le Living Lab en est une. Grâce à celui-ci, on dénature l’usage des procédés créatifs pour leur donner une fonction thérapeutique mesurable avec la réduction du temps d’hospitalisation chez les enfants, l’augmentation d’efficacité d’un protocole thérapeutique, etc. Ce qu’on cherche à faire, c’est de repenser l’expérience hospitalière grâce au numérique », explique M. Patrick Dubé, directeur du Living Lab.


    Vers un campus intégré

     

    À plus grande échelle, le réaménagement du terrain de l’ancienne gare de triage d’Outremont en campus de l’Université de Montréal (UdeM) se révèle être un bon exemple de création d’un quartier créatif. Nécessitant un investissement de près d’un milliard de dollars et la délocalisation de la Faculté des sciences, du Département de génie physique de l’École polytechnique de Montréal et de l’Institut des matériaux de pointe et des nanotechnologies, ce campus sera beaucoup plus qu’un traditionnel lieu de recherche et d’enseignement.

     

    « La première étape, c’est d’en faire un campus intégré, un environnement qui fera en sorte qu’on créera un climat intellectuel universitaire dynamique, où il y aura bien sûr une synergie entre étudiants et professeurs-chercheurs, mais également avec les entreprises dans un milieu de vie qui s’avérera agréable. La cohabitation de ces différentes composantes créera un pôle d’excellence majeur, sans aucun doute la concentration de chercheurs, d’étudiants et de travaux de recherche la plus importante au Canada », explique M. Yves Beauchamp, directeur général du développement du site d’Outremont.

     

    Mais ce n’est pas qu’en mélangeant ces composantes que le quartier deviendra réellement créatif. Pour que le résultat soit optimal, il devra accueillir des familles aux moyens divers ainsi que des artisans de toutes sortes.

     

    « La Ville nous a donné l’autorisation de créer des logements sociaux avec une thématique entrepreneuriale et artistique, note M. Beauchamp. Ça va nous permettre de regrouper une communauté créative sur le campus. À ces logements s’ajouteront bien sûr les commerces de proximité requis pour dynamiser l’environnement, mais également des centres d’innovation qui accueilleront des réseaux d’excellence, que ce soit des cellules d’entreprises innovantes existantes ou encore des start-ups. À maturité, on obtiendra un campus urbain intégré qui sera ouvert sur sa communauté et qui favorisera les rencontres. »


    Le modèle stéphanois

     

    À Saint-Étienne, le quartier créatif porte le nom de Manufacture. Organisé sur le modèle d’une ville-parc, celui-ci se trouve sur un ancien site industriel où, jusqu’en 2001, étaient fabriquées des armes. Situé à deux pas du coeur de la ville et du quartier d’affaires de Châteaucreux, il se déploie sur plus de 100 hectares. Il regroupe de jeunes entreprises créatives ainsi que des leaders européens dans des secteurs de haute technologie, des laboratoires et des universités. Grâce à ses différents pôles innovants, il constitue aujourd’hui un centre névralgique de la ville et de la région.

     

    « Nous travaillons de façon très créative et très coopérative, indique Lucie Delsart, chef de projet du quartier Manufacture. On a fait le pari de mélanger art, culture, recherche et enseignement supérieur pour générer de la créativité. On est en train de constituer trois pôles, soit la haute technologie, le design et les médias. Pour y parvenir, on a choisi six ingrédients : l’innovation ouverte, pour que les acteurs économiques se rencontrent, l’entrepreneuriat, l’expérimentation, l’enseignement supérieur et la recherche, l’art et la culture ainsi que l’innovation sociale. »


    Quartiers et entreprises innovantes

     

    Qu’ils aient été développés à Montréal ou à Saint-Étienne, depuis leur fondation, les quartiers créatifs connaissent un considérable succès et contribuent à l’avancement de la recherche scientifique. Aussi, d’après certains congressistes, le modèle sur lequel ils reposent pourrait être davantage emprunté par les entrepreneurs désireux de mieux positionner leur société.

     

    « Beaucoup de décideurs voient toujours le monde en silo, énonce Frédéric Bove, responsable du développement et du financement de MOSAIC à HEC Montréal. Or les entreprises les plus innovantes sont celles qui, dans leur prise de décisions, favorisent l’ouverture et la mixité, car la rencontre des différents secteurs, qu’ils soient universitaires, industriels ou technologiques, permet une alimentation beaucoup plus grande. »

     

    « Aujourd’hui, l’enjeu n’en est plus un de productivité ou de compétitivité, conclut M. Pierre Ballofet, responsable du DESS Marketing à HEC Montréal. L’enjeu, c’est de faire les choses différemment. Et, dans une société comme la nôtre, cela constitue tout un défi ! »

     

    Développé au début des années 1990, le concept de quartier créatif est de plus en plus en vogue au Québec comme en France. Aussi, que ce soit à Montréal ou à Saint-Étienne, ces écosystèmes où se côtoient innovation et créativité se développent de façon importante. S’étant donné rendez-vous à Saint-Étienne le 27 novembre dernier, des chercheurs et des scientifiques des deux agglomérations ont profité des Entretiens Jacques-Cartier pour discuter de ce mode de conception du territoire.


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