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    Une députée «pirate» veut faire de l’Islande un refuge pour les dénonciateurs

    Élue sous la bannière du Parti pirate islandais et visée par les États-Unis dans l’affaire WikiLeaks, Birgitta Jonsdottir était de passage à Montréal vendredi.
    Photo : Agence France-Presse (photo) Halldor Kolbeins Élue sous la bannière du Parti pirate islandais et visée par les États-Unis dans l’affaire WikiLeaks, Birgitta Jonsdottir était de passage à Montréal vendredi.

    Avec ses grands cils de biche et ses mèches noires et bleues rasant ses yeux outremer, la députée du Parti pirate islandais Birgitta Jonsdottir a davantage l’allure d’un émule de Björk que d’une cyberterroriste, recherchée par la justice américaine.

     

    Et pourtant, la nouvelle élue du Parti pirate, la première dans le monde à faire son entrée dans un parlement national, s’est retrouvée au beau milieu de l’enquête lancée par les États-Unis après la diffusion à grande échelle par WikiLeaks de documents classifiés par l’armée.

     

    Pasionaria de l’Internet libre, militante pour la liberté d’expression et la protection des dénonciateurs, Birgitta Jonsdottir était de passage à Montréal vendredi dans le cadre d’un colloque qui réunissait plusieurs éminences grises de la démocratie à l’heure du Web.

     

    Phénomène politique, Mme Jonsdottir, poète et activiste, fondatrice du Parti pirate dans son pays, a d’abord été élue en 2009 sous la bannière d’une coalition citoyenne rêvant de faire de l’Islande « un sanctuaire » de la liberté d’expression sur Internet. En avril dernier, six mois après la fondation de son propre parti, le Píratar, elle était réélue sous la bannière du Parti pirate islandais, avec deux autres députés, raflant 5 % des suffrages. Assez pour voir ses dépenses payées par les deniers publics.

     

    Culpabilité collatérale

     

    C’est sa collaboration à la production de la vidéo Collateral Murder, relayée par Julian Assange et WikiLeaks aux journalistes du monde entier, qui a placé la députée islandaise dans la mire de la justice américaine. Peu de temps après la diffusion virale de ces images militaires, montrant un hélicoptère des forces coalisées mitraillant 12 personnes en Afghanistan, dont deux enfants et deux journalistes de Reuters, cette Jeanne-d’Arc de l’Internet était avisée que la totalité des communications et des informations liées à son compte Twitter faisait l’objet d’un subpoena par le DOJ (Departement of Justice) des États-Unis.

     

    « J’ai dû me défendre en cour. Le juge américain a conclu qu’il faut faire confiance aux médias sociaux. Il a statué que des informations personnelles ne peuvent être protégées si elles sont conservées dans un pays [comme les États-Unis] qui ne garantit pas cette protection. La même logique vaut pour un journaliste et ses sources, ou un médecin et son patient », déplore-t-elle.

     

    Terre d’asile

     

    Après la faillite du pays en 2008, un mouvement spontané, auquel Julian Assange et d’autres « hacktivistes » européens et américains ont participé, a fait naître en Islande l’idée de faire de l’îlot nordique une terre d’asile pour les « informations sensibles ». Les citoyens se sont mobilisés pour réclamer plus de transparence dans leurs institutions et le libre accès aux métadonnées.

     

    Depuis 2009, une petite révolution s’est enclenchée au pays de Birgitta Jonsdottir. Avec 19 députés de divers partis, l’élue a déposé, à titre de porte-parole de l’Icelandic Modern Media Initiative (IMMI), une proposition visant à créer une juridiction favorable à la protection des sources, des dénonciateurs, de la liberté d’information, empêchant les poursuites-bâillons. En juin 2010, le Parlement adoptait à l’unanimité une loi en ce sens. L’IMMI a même offert l’asile à Edward Snowden, le dénonciateur des programmes de surveillance de la NSA, une proposition qui s’est toutefois avérée sans issue, compte tenu des traités internationaux signés par l’Islande.

     

    « Depuis WikiLeaks, les gens comprennent l’importance de protéger aux dénonciateurs, dit-elle. Les informations, comme la finance, ne connaissent plus de frontières. Il faut transformer la culture du secret par une culture de l’information. L’Islande va devenir l’inverse d’un paradis fiscal, dont le but est de rendre tout opaque. Notre objectif consiste à rendre tout transparent. »

     
     
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