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    Lettre - Quand la religion étouffe la foi

    23 octobre 2013 |Gilbert Turp - Le 18 octobre 2013 | Actualités en société









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    J’aimerais bien que les croyants ostentatoires et les scrupuleux de la rectitude politique comprennent que ce qui est remis en question par la Charte des valeurs québécoises en ce moment n’est pas la foi, mais la religiosité dans ce qu’elle a d’obséquieux, de rigide et de mortifère : la ségrégation sexuelle, l’esprit de doctrine et l’observance stricte des rites de masse.

     

    La foi fait partie de l’esprit de la démocratie, mais pas la ségrégation sexuelle, l’esprit de doctrine et la soumission aux rites de masse. Ces trois aspects sont mortifères en ce qu’ils insistent sur la fixité de la vérité et l’uniformité des manifestations de la foi. La religiosité étouffe toute possibilité de lecture historique et toute objection de conscience en décrétant que ce qui était vrai il y a mille ans reste vrai aujourd’hui. Ce qui ne respire pas ne vit pas.

     

    Il faut par ailleurs se réjouir que le politique ait encore droit de cité au Québec. C’est par moments un peu dur à vivre, mais ça nous empêche de nous éteindre collectivement. C’est sans doute cette vitalité politique qui dérange tellement le Canada. Nos voisins ont sacralisé le juridique au point où les bulles de la Cour suprême semblent dotées de l’infaillibilité papale. Le Canada, on le sait, est maintenant une entité fermée au politique. Avec pour triste résultat que les Canadiens ne discutent plus. Ils conversent.

     

    Je suis pour cette charte, car je crois en mon âme et conscience qu’elle est du côté de la vie, de la démocratie et de l’humanité, et qu’elle aura un effet libérant et épanouissant pour la foi des croyants de quelque religion qu’ils soient. Enfin, sur le plan politique, il est plus que temps que le Québec dépasse le stade de l’entente verbale identitaire et qu’il pose partout où il le peut sa signature au bas de son contrat social.


    Gilbert Turp - Le 18 octobre 2013













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