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    Soins de fin de vie : vers une adoption rapide

    La ministre Hivon ferme la porte à l’aide médicale à mourir pour les enfants et les personnes inaptes

    Véronique Hivon veut faire adopter le projet de loi d’ici le début de 2014.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Véronique Hivon veut faire adopter le projet de loi d’ici le début de 2014.

    La ministre Véronique Hivon ferme la porte à l’aide médicale à mourir pour les enfants et les personnes inaptes. À l’issue de la commission parlementaire sur le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie, elle vise une adoption assez rapide, quelques bonifications, mais sans envisager de grande révolution par rapport à la première mouture.

     

    L’ouverture de l’aide médicale à mourir aux mineurs ou aux adultes inaptes n’est pas « d’actualité », confie la ministre en entrevue avec Le Devoir, même si des groupes sérieux ont défendu cette idée. « Ce n’est pas dans l’ordre des choses de prendre cette avenue. Je pense que lorsqu’on fait des avancées déjà si importantes, il faut s’assurer d’une très grande acceptabilité sociale », explique-t-elle. La protection des personnes vulnérables, centrale au projet de loi, prime.

     

    Par contre, la ministre entrouvre la porte à la possibilité d’inscrire l’aide médicale à mourir dans des directives médicales anticipées en vue d’une inaptitude future. « Ça pourrait être considéré. C’est une suggestion qui est ressortie à plusieurs reprises et je vais y réfléchir avec sérieux », promet-elle.

     

    En confiance

     

    Au lendemain de quatre semaines de consultation, Véronique Hivon se montre sûre d’elle. « Depuis le premier jour, je suis animée d’une grande confiance. Au-delà des sondages, je sens le consensus social », dit-elle. L’étude détaillée du projet de loi en commission plénière devrait avoir lieu dès cet automne, avec une adoption avant Noël ou au début 2014. La ronde d’écriture des règlements viendra ensuite déterminer le délai avant une mise en application réelle sur le terrain.

     

    Les opposants ne l’ont pas ébranlée, car le poids des appuis est fort : ordres professionnels, syndicats de médecins et d’infirmières, juristes… Sans oublier les appuis hautement symboliques de la protectrice du citoyen et de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.

     

    « Il n’y a pas unanimité, admet la ministre, et il faut tenir compte des craintes des opposants. C’est pour cette raison que nous avons mis des balises strictes et serrées. »

     

    À propos des opposants qui craignent que les personnes vulnérables ne soient euthanasiées contre leur gré, la ministre répond : « Je ne pense pas que la peur doit nous guider, mais bien la prudence, la compassion et le respect de la personne. Et je crois que nous avons atteint cet équilibre. » Reste qu’elle devra composer avec certains médecins en soins palliatifs farouchement opposés à l’aide médicale à mourir après l’adoption du projet de loi.

     

    Elle n’est pas non plus ébranlée par la décision, jeudi, de la Cour d’appel de Colombie-Britannique, qui a maintenu l’illégalité du suicide assisté. Une question qui risque d’être débattue à nouveau à la Cour suprême d’ici deux ans. « Ça n’a aucune influence sur le processus en cours ni sur le projet de loi, car nous nous basons entièrement sur notre compétence en matière de santé. C’est l’antithèse d’attendre après les tribunaux : nous prenons nos responsabilités. »













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