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    Santé

    Des chercheurs mettent en lumière les vertus du sirop d’érable

    Le sirop d’érable possède plusieurs avantages par rapport aux autres sucres.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le sirop d’érable possède plusieurs avantages par rapport aux autres sucres.

    Le sirop d’érable regorge d’antioxydants qui aident les cellules à absorber rapidement le glucose, dotant du coup ce produit du terroir d’un faible indice glycémique. Ces vertus qui ont été mises en évidence par une équipe de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval seront présentées aujourd’hui au Centre des congrès de Québec, dans le cadre du 7e congrès scientifique de la Société internationale de nutrigénétique et de nutrigénomique.

     

    Des études effectuées à INAF ont en effet révélé que le sirop d’érable était plus riche en polyphénols que le sirop de maïs, le sirop de riz brun et le sucre blanc. Seuls la mélasse, le sirop d’agave et le miel possédaient des quantités plus ou moins équivalentes.

     

    Rappelons que les polyphénols sont de puissants antioxydants ayant la capacité de réduire le stress oxydatif qui est à l’origine des maladies proinflammatoires, comme le diabète de type 2, l’obésité et les maladies cardiovasculaires.

     

    À l’instar de la mélasse, du sirop d’agave et du miel, le sirop d’érable présentait un faible indice glycémique, c’est-à-dire que l’ingestion d’une dose équivalente en calories de ces différents agents sucrants entraînait une élévation moins grande de la concentration de glucose dans le sang qu’avec le sucre blanc, le sirop de maïs et le sirop de riz brun. Elle induisait également une moins grande sécrétion d’insuline : une autre qualité recherchée pour la prévention du diabète.

     

    Le sirop d’érable s’est par ailleurs démarqué de tous les autres sucres par le fait qu’il renferme de l’acide abscissique et de l’acide phaséique, qui sont produits par l’érable pour combattre le stress causé par l’environnement. Les chercheurs ont observé lors d’expériences in vitro que ces deux molécules antioxydantes favorisaient une plus grande et plus rapide captation du glucose par les cellules musculaires, et ce, sans induire une importante sécrétion d’insuline. « Dans le diabète de type 2, c’est l’un des problèmes : les cellules musculaires ne captent pas bien le glucose et c’est ce qui fait que la glycémie augmente dans le sang des patients. Ces molécules auraient donc des effets protecteurs sur le syndrome métabolique. Il reste à faire des études in vivo pour le confirmer », explique André Marette, directeur scientifique de l’INAF.

     

    Selon ce scientifique, qui est également chercheur à l’Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec, le sirop d’érable détient un autre avantage de taille par rapport à tous les autres agents sucrants : il se compose essentiellement de sucrose et ne contient pas de fructose pur, lequel a eu plutôt mauvaise presse ces dernières années, car il est très rapidement capté par le foie. « Une source riche en fructose peut conduire à une accumulation de lipides au niveau du foie, qu’on appelle la stéatose hépatique. Et cette accumulation excessive de lipides dans le foie peut aboutir à des complications métaboliques, comme la résistance à l’insuline et le syndrome métabolique qui conduisent au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires », souligne M. Marette.

     

    Le sirop d’érable contient tout de même un peu de fructose, car son sucrose, lorsqu’il est métabolisé, se scinde en une molécule de fructose et une molécule de glucose, mais cela est bien peu comparativement au sirop d’agave qui comprend 84 % de fructose pur, à la mélasse, qui en inclut 22 % et au miel, avec 50 %.

     

    « Étant donné sa faible concentration en fructose et sa forte concentration en polyphénols, acide abscissique et acide phaséique, le sirop d’érable se distinguera peut-être davantage à long terme. Nous commencerons bientôt des études chez l’animal et, ensuite, chez l’humain pour le vérifier », avance M. Marette qui a reçu un financement de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

     

    Invitée à commenter ces observations, la nutritionniste Marie-Josée Leblanc du groupe de coordination d’Extenso, le Centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal, accueille comme « une bonne nouvelle le fait que le glucose contenu dans le sirop d’érable demeure moins longtemps présent dans le sang puisqu’il serait absorbé plus rapidement par les cellules en raison de ses antioxydants. C’est une bonne nouvelle, car on veut toujours essayer d’éviter les pics de glycémie et d’insuline. Pour une personne atteinte de diabète, cette caractéristique peut avoir une incidence positive. Pour la santé en général, maintenir une bonne glycémie a des impacts à long terme, car ça nous protège d’autres maladies chroniques, comme l’obésité et les maladies cardiovasculaires. »

     

    Mme Leblanc rappelle que le sucre ajouté et les aliments concentrés en sucres, comme les jus et les boissons sucrées, sont très néfastes pour la santé. « Cette concentration de sucres déstabilise le métabolisme. Les métanalyses des dernières années ont montré que le sucre ajouté serait un agent très important de maladies métaboliques, comme le diabète de type 2, l’obésité, certains cancers et les maladies cardiovasculaires », dit-elle.

     

    « À choisir parmi d’autres agents sucrants, le sirop d’érable a sa place, il est probablement un très bon substitut à d’autres sucres, mais il faut garder en tête qu’il faut modérer les quantités, car il s’agit d’un sucre concentré qui pourrait avoir des effets délétères sur notre santé à long terme », prévient-elle.













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