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    La ville veut tourner le dos à «l’ancien temps»

    La fin d’une époque en annonce une autre dans la ville qui songe déjà à une nouvelle économie créative

    L'usine d'Alcan de Shawinigan
    Photo: François Pesant Le Devoir L'usine d'Alcan de Shawinigan

    Les vieux murs de brique rouge de l’ex-usine Wabasso, avenue de la Station, en face de l’ancienne gare, incarnent le passé industriel de Shawinigan. Et peut-être son avenir. Le bâtiment fraîchement rénové accueille le Centre d’entrepreneuriat, qui a pour mission de faire pousser de petites entreprises partout en ville.

     

    Shawinigan en a besoin, de petites entreprises. Dans « l’ancien temps », au siècle dernier, c’était l’une des villes les plus industrialisées du Canada. Shawinigan vivait dans un épais nuage de fumée qui sortait des usines Alcan, Belgo, Gulf, Dupont, CIL, Shawinigan Chemicals, Carborundum, BF Goodrich et bien d’autres.

     

    Les barrages hydroélectriques de la Shawinigan Water Power (nationalisée par René Lévesque au tournant des années 60, donnant naissance à Hydro-Québec) ont attiré toutes ces entreprises assoiffées d’énergie. Parmi elles, la Pittsburgh Reduction, qui a coulé à Shawinigan le premier lingot d’aluminium canadien, en 1901. La Pittsburgh Reduction est devenue Alcan ; 112 ans plus tard, l’usine fermera ses portes. Comme toutes les autres usines, condamnées l’une après l’autre depuis quatre décennies. Seule l’usine de papier Résolu de Grand-Mère résiste encore, branchée sur un respirateur artificiel. C’est la fin d’un monde pour Shawinigan.

     

    Virage à l’horizon

     

    « On savait que les jours [de l’usine Alcan] étaient comptés, que ce n’était qu’une question de temps, dit Michel Angers, maire de Shawinigan. Le marché aura eu raison de nous. Au-delà de l’impact dans l’économie, c’est un symbole qui s’éteint. »

     

    La perte de 450 emplois bien payés fait mal, dans une petite ville de 52 000 habitants. On ne ressent pourtant pas la panique qui avait suivi la fermeture de l’usine de pâtes et papiers Belgo, en 2007. L’usine - un autre géant qui crachait sa fumée depuis un siècle - avait été condamnée sans préavis. Depuis, la communauté d’affaires, politique et culturelle de la région a amorcé un redressement de l’économie.

     

    « Shawinigan n’est pas en situation de crise, sur le bord de la catastrophe. On est en marche, en mouvement, pour continuer de diversifier l’économie. On est dans un virage très important pour développer des entreprises », dit Luc Arvisais, directeur du Centre local de développement (CLD).

     

    Ce personnage incontournable de l’économie régionale a interrompu ses vacances pour parler au Devoir. Et il est intarissable. Il mentionne des mots qu’on entendait rarement à Shawinigan, à l’époque où les cheminées d’usines dominaient la ville : créativité, innovation, entrepreneuriat.

     

    Derrière les murs de brique rouge de l’ancienne usine Wabasso, Shawinigan espère implanter une « station du numérique » où de jeunes geeks à lunettes viendront travailler, comme chez Ubisoft, à Montréal. L’entreprise Alchemic Dream envisage de créer un studio qui améliore l’environnement des jeux vidéo. Des investisseurs chinois sont venus visiter l’endroit, le mois dernier. « Le potentiel est énorme. On prévoit accueillir de jeunes travailleurs attirés par la qualité de vie à Shawinigan », dit Luc Arvisais.

     

    Espoir

     

    Signe des temps, la région a commencé à recevoir des immigrants d’origine arabe et latino-américaine. Un comité a été créé pour aider les nouveaux arrivants à s’intégrer. Une lueur d’espoir dans une ville vieillissante, qui se vidait de ses forces vives. « On veut garder nos jeunes, attirer du monde et développer nos entreprises. Drummondville et la Beauce ont réussi, il n’y a pas de raison pour que Shawinigan échoue », dit Luc Arvisais.

     

    Le mouvement s’est mis en marche au début des années 2000, sous l’impulsion de l’ex-premier ministre Jean Chrétien. Le p’tit gars de Shawinigan a fait pleuvoir l’aide financière dans sa ville natale, au point de se faire accuser d’être trop généreux envers ses amis, dont son associé d’affaires de l’époque dans le Club de golf de Grand-Mère, Yvon Duhaime. Aujourd’hui, Jean Chrétien fait l’objet d’une exposition dans un musée : l’Espace Shawinigan - aménagé dans un ancien bâtiment d’Alcan - exhibe les cadeaux reçus de dignitaires étrangers par l’ancien chef du gouvernement ! Une autre façon de redonner vie à un bâtiment de « l’ancien temps ».

     

     

    Avec Marco Bélair-Cirino

    L'usine d'Alcan de Shawinigan <em>«On savait que […] ce n’était qu’une question de temps. Le marché aura eu raison de nous. Au-delà de l’impact dans l’économie, c’est un symbole qui s’éteint.» </em>–Michel Angers, maire de Shawinigan
     
     
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