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    Le Québec «fou de ses enfants» a-t-il les moyens de ses ambitions?

    10 août 2013 |Chloé Gaumont - Psychoéducatrice et mère, Saint-Lamber | Actualités en société

    Le Québec est souvent cité en exemple pour ses aménagements en matière de politiques familiales, dont un généreux congé parental, des services de garde à coût modique, des activités de loisirs accessibles aux familles et un système de santé et d’éducation public de qualité. Ces éléments existent, mais ils ne s’actualisent que parcimonieusement.

     

    Dès l’heureuse nouvelle d’une grossesse, on doit souvent contacter plusieurs cliniques pour obtenir un suivi prénatal et répéter la même démarche pour le suivi post-natal. Puis, les places étant limitées aux cours prénataux en CLSC, on nous envoie au privé.

     

    Une fois le congé de maternité entamé, il faut songer à retourner travailler pour subvenir aux besoins du petit héritier. Or, malgré une inscription hâtive alors que le test de grossesse était encore humide, être le 874e sur la liste d’attente des milieux de garde subventionnés n’est pas marginal. Si à force de persévérance on obtient une place dans une garderie privée où le téléviseur n’est pas compté dans le ratio éducateur, on doit débourser la différence et se plier aux contraintes des horaires limités en faisant des acrobaties d’aménagement travail-famille auprès d’employeurs pas toujours compréhensifs.

     

    Pendant que le petit grandit, on croit naïvement que l’entrée à l’école se fera aisément. Or, dans ma localité, la maternelle aurait été relocalisée à l’extérieur de la ville, à plusieurs kilomètres de l’école de quartier, s’il n’y avait eu l’intervention de parents ayant fait annuler la décision en trouvant des solutions temporaires pour scolariser ces élèves à proximité. Puis, à certains endroits, l’accès aux activités sportives et culturelles est réservé à une élite équipée en matériel de plein air et motivée à renouer avec l’époque où on campait pour obtenir des billets de spectacle, car il faut parfois se présenter au petit matin pour obtenir une place pour son enfant.

     

    On contribue, mais l’accès, lui ?

     

    Mon conjoint et moi participons activement à financer ces services par l’entremise de nos taxes et impôts. Malgré notre contribution, nous n’avons pas accès aux cours prénataux du réseau public ni à un milieu de garde subventionné et n’avons pas de pédiatre. Nous camperons pour l’inscription aux loisirs mais devrons déménager pour que notre enfant puisse fréquenter une école de quartier. Malgré tout, nous nous considérons comme privilégiés de parvenir à nous débrouiller pour offrir à notre petite famille une qualité de vie appréciable en usant d’astuce, parfois d’entraide et de ressources financières. Participer en tant que contribuable à financer les programmes publics va de soi, mais financer un système dont on ne peut bénéficier le temps venu est injuste.

     

    Ces exemples décrivent la réalité de plusieurs parents, qui varie probablement selon les régions. Il faut reconnaître que ces services représentent des atouts pour les familles qui y accèdent et qu’ailleurs, les politiques familiales sont bien moins développées.

     

    Néanmoins, l’objet de mon propos réside davantage dans l’iniquité par rapport à l’accès à ces services dont les modalités mériteraient d’être révisées et, au besoin, indexées en fonction du revenu afin que toutes les familles puissent en bénéficier.

     

    Cette réflexion découle d’expériences personnelles et professionnelles. C’est le constat de nombreuses ruptures de services en petite enfance qui me mène à me demander si le Québec, qui dit encourager la natalité, a la capacité d’accueillir tous les tout-petits citoyens qui grandissent et ceux qui germent dans les projets de leurs futurs parents. Je me questionne à savoir si le « Québec fou de ses enfants » se donne les moyens de ses ambitions.


    Chloé Gaumont - Psychoéducatrice et mère, Saint-Lamber

     

     
     
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