Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Concordia concocte des jeux vidéo éthiques

    Des diplômés en jeu vidéo, des étudiants en histoire ou en science politique : la quinzaine de jeunes créateurs du programme travaille sur des jeux vidéo socialement responsables.
    Photo: François Pesant Le Devoir Des diplômés en jeu vidéo, des étudiants en histoire ou en science politique : la quinzaine de jeunes créateurs du programme travaille sur des jeux vidéo socialement responsables.
    Le petit laboratoire de création de jeux vidéo était bondé, jeudi en fin de journée, au Centre de technologie, d’art et de jeux de l’Université Concordia à Montréal. Une quinzaine de jeunes créateurs avaient invité leurs amis et confrères à tester ce qu’on pourrait appeler leurs nouveaux jeux éthiques.

    Depuis la fin juin, leur défi était de confectionner des jeux vidéo à vocation culturelle, sociale et politique. « Les jeux qu’ils ont eus à créer ne doivent pas juste être un divertissement, ils doivent avoir un message et sensibiliser les joueurs aux divers enjeux de société », explique Nancy Zenger, l’une des organisatrices de ce programme appelé Critical Hit,qui est financé par le ministère de l’Éducation. Québec a prévu une subvention de 150 000 $ par année pour trois ans pour promouvoir ces jeux à caractère social.

     

    Pour cette première année, des diplômés en jeux vidéo, mais aussi des étudiants en histoire, en science politique et en sciences, font partie de la cohorte. Quatre équipes ont été formées, dont l’une d’elles a conçu un jeu intitulé Agent de guerre.

     

    « Notre jeu place le joueur dans la peau d’un vendeur d’armes au lieu de celui d’un tireur. Le but est de faire comprendre d’où viennent les armes et à qui ça profite », souligne Alexandre Kishka, un étudiant en science informatique à l’Université McGill. Son confrère Mehrdad Dehdashti ajoute que leur jeu permet aussi de soulever la problématique de la violence. « Avec l’avancement des technologies, on développe toujours de nouvelles armes et on veut faire réaliser que ce n’est pas de cette façon qu’on réglera les conflits »,dit-il en observant un visiteur tester son jeu.

     

    À la table suivante, une autre équipe a développé un jeu complètement différent. Histoire de rat permettra de sensibiliser les joueurs aux conditions des ouvriers qui travaillent dans de vieilles cales de bateau à Mumbai, en Inde. « Le joueur entre dans la peau d’un rat qui se promène dans ce bateau où il y a un enfant qui travaille. Il va être témoin de cette dure réalité en plus de devoir lui aussi chercher de la nourriture pour survivre »,explique Pajman Sarafzadeh, qui est le designer de l’équipe. « Même s’il y a un message social, nous cherchons aussi à ce que le joueur ne s’ennuie pas et qu’il y ait quand même un peu d’action », poursuit-il en donnant la manette de console à son ancien collègue de classe.

     

    Après quelques minutes, Jonathan Richard confirme qu’il a quand même du plaisir à faire bouger le rat. « C’est facile de le faire courir, marcher et sauter, et ça, c’est la clé du succès d’un jeu vidéo. Lorsque les personnages réagissent bien, on peut plus facilement entrer dans le monde et se prêter au jeu », affirme-t-il.

     

    Le programme Critical Hit a d’ailleurs été conçu pour permettre aux créateurs de concevoir des jeux sans avoir à répondre aux exigences du marché. « Il y a un intérêt grandissant pour ce genre de jeux à caractère social, mais les gros joueurs comme Ubisoft et Electronic Arts investissent peu là-dedans, parce que ce n’est pas encore très rentable »,indique Joachim Despland en avouant que les jeux violents ont encore la cote. « On ne pourra pas enrayer la violence dans les jeux vidéo. C’est comme au cinéma, il y aura toujours des superproductions où ça explose, mais il y a quand même des films de répertoire », dit-il.

     

    D’ici deux semaines, la quinzaine de jeunes créateurs qui participent au programme devront présenter la version définitive de leurs jeux vidéo. Les équipes savent qu’elles auront encore des retouches à faire plus tard, mais d’ici quelques mois, leurs jeux pourraient bien être adaptés et vendus sur les téléphones intelligents.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.