Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Mieux bouger, meilleure santé

    Unique au Québec, le camp SNAP est destiné aux jeunes ayant un problème de surpoids

    Fière! Marilou Pilote, 15 ans, est fière d’elle: le sport la laissait indifférente il y a à peine un an, mais depuis son passage au camp SNAP, destiné aux jeunes ayant un problème de surpoids, elle a deux marathons et un Tour de l’île à son actif.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Fière! Marilou Pilote, 15 ans, est fière d’elle: le sport la laissait indifférente il y a à peine un an, mais depuis son passage au camp SNAP, destiné aux jeunes ayant un problème de surpoids, elle a deux marathons et un Tour de l’île à son actif.
    Le poids des jeunes

    Selon les résultats à peine dévoilés de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, 69 % des jeunes ont un poids normal, 21 % ont un surplus de poids et 10 %, un poids insuffisant. Environ 14 % des élèves du secondaire font de l’embonpoint et 7 % sont obèses. Si le surplus de poids est davantage répandu chez les garçons que chez les filles (25 % contre 17 %), il y a proportionnellement plus de filles de poids normal ou de poids insuffisant que de garçons.

    Cette année, Marilou Pilote a couru deux courses de 5 km et roulé 50 km au Tour de l’île de Montréal. Le bulletin scolaire de la jeune fille de 15 ans affiche maintenant des 90 % en éducation physique et elle ne rechigne désormais plus lorsqu’on lui propose de bouger, dans la mesure où un défi lui permet de se surpasser.


    Pourtant, il y a tout juste un an, Marilou avait en horreur tout ce qui rimait avec activité physique. Un problème de surpoids, traîné depuis sa plus tendre enfance, pesait sur elle comme un fardeau : peur de faire rire d’elle en tentant une manoeuvre sportive, incapacité à faire comme les autres, découragement ; bref, elle était coincée dans un cercle vicieux qui nuisait tant à sa santé qu’à son estime d’elle-même.


    Jusqu’à ce que le camp d’été SNAP entre dans sa vie, ou plutôt qu’elle y mette les pieds… « Ça ne me tentait pas trop trop d’aller là, mais ma mère m’a convaincue, raconte la bavarde jeune fille, rencontrée à Terrebonne cette semaine. Mais une fois que j’ai commencé, ç’a été un déclic. Ce camp-là a changé ma vie. »


    En canot et à vélo


    Ce qui a motivé Marilou ? « Les défis. Le fait de pouvoir me surpasser. » L’objectif du camp SNAP n’était peut-être pas de faire perdre du poids, mais, inévitablement, c’est arrivé : 12 livres en moins, dit-elle fièrement. Et une vingtaine d’autres perdues au cours de la dernière année.


    Un ghetto pour les plus gros?


    Emmanuelle Lachance reconnaît que, vu de l’extérieur, ce camp destiné uniquement aux jeunes présentant un surpoids a des allures de ghetto. « Nous nous sommes posé la question, c’est vrai. Et on a conclu que, pour donner le déclic et le goût de bouger, cela devait se faire en compagnie de jeunes qui n’allaient pas les juger. Mais nous intégrons les jeunes de SNAP aux autres campeurs en cours d’été. »


    Marilou concède qu’elle n’a pas toujours aimé cette division des groupes. « Je me demandais si ça n’allait pas justement augmenter l’effet de différence. » Mais petit à petit, les groupes se sont mélangés, sans le moindre problème d’intimidation, dit-elle. « On n’était pas tout seuls. On se sentait forts. »


    Mélanie Gendron se rappelle la réaction de sa fille lorsqu’elle a vu que tout le monde avait le même profil physique qu’elle ou à peu près. « Elle s’est dit : “OK ! Je vais donc être normale, moi, cette semaine ? Quand les autres courent, eux aussi ils ont une drôle d’allure. Je ne suis plus la seule.” Et c’est comme ça qu’elle a débloqué. »


    Avec des bienfaits physiques évidents. Plus d’asthme, et aucun besoin de traîner ses légendaires pompes avec elle. Un sommeil moins perturbé. L’impression d’être mieux. Beaucoup plus d’amis à l’école. « Quand j’ai eu fini le camp, je me suis dit : “Ça s’est bien passé au camp cet été. Pourquoi ce ne serait pas pareil à l’école ?” Et mon attitude a changé. Tout a changé », raconte Marilou.


    Bienfaits pour tous


    Avec elle cet été, 72 jeunes participeront au camp SNAP, comparativement à 17 seulement l’été dernier, qui était une expérience-pilote. De ce nombre, quelque 60 jeunes vont s’amuser sans avoir un sou à débourser (le coût pour deux semaines est de 1030 $) ; ils seront envoyés par la Fondation du docteur Julien, par divers CLSC, par l’hôpital Sainte-Justine et par des nutritionnistes.


    « C’est un aspect primordial pour nous, le fait de permettre à des jeunes de milieux défavorisés [où les problèmes de surpoids sont souvent plus importants] de venir au camp. Et cela profite à tout le monde, tant à ceux des milieux aisés qu’aux autres », dit Emmanuelle Lachance, en confiant que des jeunes arrivent au camp avec leurs effets personnels dans des sacs de poubelle tandis qu’à côté d’autres se font conduire à la colonie de vacances en hélico…


    Les yeux de Marilou la marathonienne pétillent quand elle parle de son prochain camp, qui commence dans deux semaines. « J’ai hâte là, il faut que je bouge. J’en ai besoin, je le sens. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.