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La mort de deux soldats canadiens en Afghanistan - Un ministre russe évoque un attentat terroriste

McCallum attend le résultat de l'enquête avant de faire des commentaires

Le ministre de la Défense, John McCallum, refuse d’accréditer la thèse d’un attentat terroriste.
Photo : Agence Reuters
Le ministre de la Défense, John McCallum, refuse d’accréditer la thèse d’un attentat terroriste.
Acte terroriste? Morts inutiles à cause d'un équipement désuet? Les hypothèses abondent sur les raisons du décès de deux soldats canadiens en Afghanistan. Le gouvernement fédéral, lui, voudrait bien qu'on attende le résultat de son enquête avant de conclure.

Ottawa — Les deux soldats canadiens morts en Afghanistan auraient peut-être été victimes d'un acte terroriste, a indiqué hier le ministre russe de la Défense, Sergei Ivanov, alors qu'il était de passage à Ottawa.

«Je crois que ce qui s'est passé était un acte de terrorisme», a-t-il dit à la presse à l'issue d'une rencontre son homologue canadien John McCallum. Il a laissé entendre qu'il avait des renseignements à sa disposition, mais qu'il ne pouvait les rendre publics.

Le ministre McCallum a refusé de se laisser entraîner sur ce terrain. «Si une ou des personnes avaient fait cela récemment, je suis d'accord avec M. Ivanov [pour dire] que ça serait un acte terroriste, mais on n'a pas encore de réponse. On ne sait pas encore si c'est [cela] ou une explosion de quelque chose qui était là depuis longtemps», a-t-il répondu quelques heures plus tard. M. McCallum a aussi précisé que M. Ivanov n'avait partagé aucun renseignement avec lui qui corroborerait la thèse terroriste.

Le sergent Robert Short, 42 ans, de Fredericton, et le caporal Robbie Beerenfenger, 29 ans, d'Ottawa, ont été tués à la suite de l'explosion de ce qui semble être une mine anti-char. L'accident est survenu alors qu'ils effectuaient une patrouille à 3,5 km de la base canadienne de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF). Trois autres soldats ont été blessés et un autre s'en est sorti indemne.

Les militaires se trouvaient dans deux véhicules utilitaires de type Iltis qui seront remplacés, à partir de 2004, par un autre véhicule utilitaire fabriqué par Mercedes. M. McCallum ne croit pas que la vie des deux militaires aurait été épargnée si ces derniers avaient déjà eu à leur disposition leurs nouveaux véhicules.

«Si vous me demandez si ce serait mieux d'avoir les véhicules Mercedes aujourd'hui, [je répondrais] clairement oui. Si vous me demandez si les deux soldats seraient en vie aujourd'hui s'ils avaient été dans un véhicule Mercedes, [je devrais répondre] malheureusement non», a-t-il dit à sa sortie des Communes

Une question demeure cependant. Est-ce que ces décès auraient pu être évités si les soldats avaient circulé à bord d'un véhicule blindé ou d'un HMMWV («Humvees») comme ceux utilisés par les Américains? Samedi dernier, le Globe and Mail révélait qu'il y a plus d'un an, les Américains avaient déconseillé aux Canadiens d'utiliser les Iltis à l'extérieur de leur base à Kandahar.

Le chef allianciste Stephen Harper n'a pas manqué de le souligner et d'insister sur les problèmes d'équipement qui minent les forces armées depuis des années. «Quand le gouvernement cessera-t-il de mettre la vie des soldats canadiens inutilement en danger?»

Le ministre a répliqué en rappelant qu'il s'était battu pour obtenir une hausse de budget l'an dernier, y compris pour l'achat d'équipement, que la mission de Kandahar était d'un tout autre ordre et qu'un des objectifs des Canadiens, cette fois, était d'établir un lien avec la population, ce qui est impossible à bord de véhicules blindés. Les militaires canadiens font donc des patrouilles à pied et en véhicules légers mais utilisent des véhicules blindés quand le risque le justifie, a-t-il ajouté.

Le chef bloquiste Gilles Duceppe a fait écho au ministre en rappelant qu'un militaire avait dit qu'aucun véhicule n'aurait pu résister à l'impact. «Qu'il y ait une enquête et on verra, mais, avant de conclure, laissons donc l'enquête se faire», a-t-il dit.

M. McCallum espère avoir les résultats de cette enquête dès cette semaine. De leur côté, les militaires et la communauté de Petawawa tiendront aujourd'hui une cérémonie commémorative pour les deux soldats décédés. Trois survivants de l'explosion ont par ailleurs quitté Kaboul hier pour une permission de 14 jours. L'autre survivant, plus gravement blessé, est rentré au Canada samedi.

Près de 2000 militaires Canadiens sont à Kaboul pour participer à l'ISAF, une mission commandée et coordonnée par l'OTAN et qui réunit environ 5300 soldats de 32 pays.

L'incident de la semaine dernière survient alors que l'OTAN envisage élargir sa mission au-delà des environs de Kaboul. Les ministres de la Défense des 19 pays membres doivent tenir une réunion informelle demain et jeudi à Colorado Springs, aux États-Unis. Le projet d'expansion sera une des questions les plus importantes à l'ordre du jour, a confirmé John McCallum. Pour aller de l'avant, l'ORAN devrait obtenir l'assentiment des Nations unies.

Pour sa part, le Canada, a répété M. McCallum, n'envisage pas de nouvelle contribution. «Le Canada n'est pas en position de s'engager à fournir plus de troupes», a-t-il dit.

Avec la Presse canadienne
 
 
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