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    Fête des Mères - La mer du Mile-End

    Patsy Van Roost va créer une vague d’hommages aux mères en colorant la rue de mots doux

    En échange d’un 50 $ de financement (pour payer la craie en aérosol, importée des États-Unis), la fée s’engage à faire apparaître ses courts hommages en pleine nuit, sur la chaussée, devant les commerces inscrits. Avec en prime un petit seau de craies pour que les mots d’amour soient personnalisés.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir En échange d’un 50 $ de financement (pour payer la craie en aérosol, importée des États-Unis), la fée s’engage à faire apparaître ses courts hommages en pleine nuit, sur la chaussée, devant les commerces inscrits. Avec en prime un petit seau de craies pour que les mots d’amour soient personnalisés.
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    Si on trouve une fée, on ne la laisse pas filer. C’est pourquoi après vous avoir raconté ses touchants émois de Noël et puis ses amours fleuries de la Saint-Valentin, il fallait bien sûr vous dérouler aussi le fil des idées folles de Patsy Van Roost, qui honorera cette fin de semaine les mères du Mile-End en y allant d’une autre expérience participative à saveur artistique.


    Après avoir déposé de porte en porte un conte de Noël (Le Devoir, 19 décembre 2012), puis s’être transformée en fleuriste de l’amour (Le Devoir, 14 février 2013), la Belge Patsy, elle-même mère d’un jeune Brel de 16 ans, a décidé de rendre hommage aux mamans ce dimanche. Avec La mer du Mile-End, où elle s’est allié la complicité tendre de « 42 commerçants gentils » du coin, des mots doux destinés aux mamans seront peints sur pochoirs en craie aérosol directement sur le sol, au café du coin, à la pizzeria de la place, au dépanneur du quartier, et même devant certaines résidences.


    L’idée lui est venue il y a trois ans, alors qu’elle était chez sa fleuriste de la rue Bernard, Tamey Lau, une mère monoparentale de… 14 enfants, venue de Hong Kong et adulée de tous les résidants du Mile-End - et dont le commerce est parti en fumée il y a à peine trois semaines… « En regardant cette femme formidable, toujours souriante, je m’étais dit : « Un jour, je vais rendre hommage aux mères. » », dit Patsy, rencontrée vendredi.

     

    Ma mère, full cool


    Il y a un mois et demi, la mise en forme du projet a fusé alors que Patsy trottait avec son fiston Brel jusqu’au marché Jean-Talon. « C’est notre projet à tous les deux, mère et fils », dit la femme de 42 ans. En choisissant un message destiné à une mère, qui qu’elle soit, tante, femme, ex, blonde, amie, voisine ou mère, les participants s’assurent de le retrouver devant la porte de l’heureuse élue au petit matin du dimanche 12 mai. « Ma mère [écrivez ici le nom de votre mère, par exemple, Marcelle] est extraordinaire parce que [dites ici pourquoi vous l’admirez, comme parce qu’elle inspire le courage, le bonheur et l’esprit tout à la fois]. »


    Au total, huit phrases sont proposées, avec toujours un espace en blanc pour que soit personnalisé le message. Pour les « full tendance » : « Maman est full cool parce que… » Pour les endeuillés : « Maman est inoubliable parce que… » Pour les romantiques : « Ma blonde est une mère fabuleuse parce que… » Pour les futures : « […] sera une mère merveilleuse parce que… » Pour celles qui s’assument : « Je […] suis une maman formidable parce que… » Patsy n’a épargné personne : il y a même une formule pour les « ex » en bons termes !


    Une quarantaine de commerces des rues Parc, Fairmount, Bernard, Saint-Viateur et Saint-Laurent ont accepté de participer au projet. En échange d’un 50 $ de financement (pour payer la craie en aérosol, importée des États-Unis), la fée s’engage à faire apparaître ses courts hommages en pleine nuit, sur la chaussée, devant les commerces inscrits. Avec en prime un petit seau de craies pour que les mots d’amour soient personnalisés.


    « J’ai fait du porte-à-porte dans le quartier, en commençant par les petits commerces où je vais moi-même », explique Patsy, qui a presque toujours autofinancé ses idées, au point de s’enfarger parfois dans quelques petits ennuis financiers. « Les gens ont dit oui, oui, oui. Certains avec la larme à l’oeil. Je n’en revenais pas ! » Une ou deux réponses négatives, sur plusieurs dizaines de portes tournées, voilà tout. Messieurs, prenez note : elle a suffisamment de sous pour penser déjà aux paternels en juin.

     

    Rôle de mère, un noyau


    Patsy, pour ceux qui ne l’auraient pas deviné, ne fait jamais dans la demi-mesure. Pour arriver donc à « livrer » ses 350 pochoirs, dont 35 chez des particuliers, elle passera la nuit de ce samedi à mettre son projet en forme (s’il pleut à torrents, ce sera remis au dimanche suivant, car la craie ne résiste pas aux flots…).


    L’artiste se confond à la mère dans cette activité, et Brel a décrété que pour Patsy, le message « ma mère est full cool » est tout désigné - s’étonnera-t-on ? Mais avec un jeune homme en pleine adolescence, la maman ne se sent pas particulièrement fabuleuse ces jours-ci. « L’adolescence, yooooouh ! Quand Brel était petit, j’étais vraiment une mère fantastique, je me donnais à 500 %. Puis là, je me demande si j’ai pas un peu tout fait de travers, est-ce que j’ai été trop là, au point de le rendre dépendant ? Je sais pas. »


    Quand son fils est né, Patsy s’est fait la promesse de l’emmener faire le tour de l’Amérique du Sud pour honorer ses racines (son papa est du Chili). Pendant dix ans, elle a mis 50 $ de côté tous les mois, et est partie cinq mois avec son garçon, traversant cinq pays, de l’Équateur au Chili. « Ç’a été la plus belle expérience de ma vie, ce voyage, toute seule avec lui. Mon rôle de mère, c’est mon noyau. Tout part de là. Je ne serais jamais ce que je suis sans Brel. »













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