Le martyr Dolan
Dans l’avion qui m’amenait à Montréal, mon voisin semblait intrigué par mes lectures. Il jetait périodiquement un regard furtif au-dessus de mon épaule. J’étais le seul passager de la rangée qui n’était pas suspendu à l’un de ces écrans qui s’allument sans prévenir et que les compagnies aériennes vous infligent comme un couteau sur la gorge à quelques dizaines de centimètres des yeux. Avant de partir, mon voisin me demanda de lui lire un extrait du livre que j’avais entre les mains. Embarrassé, je lui répondis que lire une phrase ou deux n’aurait pas de sens puisqu’il n’en comprendrait pas le contexte et qu’un livre devait se lire du début à la fin. « Lire des livres, c’est trop long. On n’a pas le temps », me répondit-il sur un ton de dépit.
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