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Fraternité des policiers et des policières de Montréal - Il n’y a pas que les horaires qui font problème

« Nous avons 1400 policières à la Fraternité, ainsi 600 policiers et policières en couple. C’est pratiquement impossible d’organiser du gardiennage quand l’horaire de travail change constamment dans un mois », soutient le président de la FPPM, Yves Francœur.
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir « Nous avons 1400 policières à la Fraternité, ainsi 600 policiers et policières en couple. C’est pratiquement impossible d’organiser du gardiennage quand l’horaire de travail change constamment dans un mois », soutient le président de la FPPM, Yves Francœur.
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’année 2012 a été mouvementée pour les policiers et les policières de Montréal. À travers le tumulte des manifestations et la bataille de l’opinion publique, les policiers se sont battus dans les derniers mois pour conserver leur nouvel horaire de trois jours et demi.


Au début de l’année, la Fraternité des policiers et des policières de Montréal (FPPM) a acheté dans les quotidiens de la métropole une pleine page publicitaire pour dénoncer les conditions de travail de ses membres. La parodie d’offre d’emploi ciblait les horaires de travail atypiques, la difficile conciliation travail-famille et les équipements désuets utilisés par les policiers.

 

Question d’heures


L’horaire de travail est au coeur des revendications de la FPPM. Le projet-pilote du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), à l’essai depuis janvier 2012, découpait les périodes de travail par tranches de trois ou quatre jours, pour un même nombre d’heures travaillées par année. Le projet a été interrompu en mars dernier, la Ville arguant que cet horaire avait entraîné des coûts élevés concernant les heures supplémentaires.


Yves Francoeur, président de la FPPM, reproche à la Ville son ingérence dans le dossier, alors qu’il s’agit d’un dossier qui aurait dû se régler avec la direction du SPVM. Le retour à l’horaire de trois jours demeure la principale revendication du syndicat et occupe près de 90 % de son temps. La Fraternité, déboutée devant le tribunal d’arbitrage sur le sujet, entend porter cette décision en révision judiciaire.


L’ancien horaire, de nouveau en vigueur, date de 1978 et fait alterner cinq fois par mois les horaires de jour, de soir et de nuit. « Les études montrent qu’il n’y a rien de pire pour la santé que de changer constamment de rythme de travail », déplore Yves Francoeur. Au syndicat, on insiste d’ailleurs sur le fait que l’horaire de travail fonctionnait très bien avec les 600 policiers volontaires pour travailler la nuit. « C’est entre 21 h 30 et 1 h 15 qu’il y a une plus forte demande pour les services policiers à Montréal, et cette relève de nuit connaissait beaucoup mieux la clientèle et le quartier où elle patrouillait. »


Yves Francoeur souligne aussi la difficile conciliation travail-famille que crée cet horaire pour certains de ses membres. « Nous avons 1400 policières à la Fraternité, ainsi 600 policiers et policières en couple. C’est pratiquement impossible d’organiser du gardiennage quand l’horaire de travail change constamment dans un mois. »

 

Image et recrutement difficile


Dans un contexte où l’image des policiers montréalais a été ternie dans les derniers mois, Yves Francoeur croit-il que la population appuie les revendications de la FPPM ? « Tout à fait ! La relation en général avec les citoyens est très bonne. Et les commerçants sont très satisfaits de nos interventions. » Le président de la Fraternité croit plutôt que de petits groupes sont mécontents du travail des policiers et que cela donne une impression d’insatisfaction. Il admet pourtant que le travail de policier, à Montréal, n’est pas de tout repos. « C’est toujours la faute de la police : si on n’intervient pas assez vite, on nous dit qu’on a laissé dégénérer les choses, et si on intervient trop rapidement, alors on brime la liberté des gens. »


Le règlement municipal P-6, qui interdit notamment le port d’un masque durant une manifestation et qui demande aux manifestants de fournir leur itinéraire, est une autre source de tension entre certains citoyens et les policiers. Mais la FPPM défend son application actuelle. « Cela fait 10 ans qu’on demande un tel règlement. Si un manifestant porte un masque, on peut maintenant intervenir avant qu’une infraction ne soit commise », estime Yves Francoeur.


Plusieurs organisations, notamment l’Association des juristes progressistes, la FTQ, la CSN et le parti municipal Projet Montréal, s’opposent à ce règlement. Yves Francoeur le défend : « Selon un sondage paru dans La Presse en avril, plus de 80 % des Montréalais disent être en accord avec l’obligation de donner son itinéraire. Et, franchement, nous sommes à Montréal, où la liberté de manifester librement, à visage découvert, est encore possible. »


Cette tension ambiante mais surtout les conditions de travail difficiles dans une grande ville comme Montréal commencent à compliquer le recrutement de policiers dans la métropole. « Depuis deux ou trois ans, on observe de plus en plus de départs de jeunes policiers vers d’autres villes. C’est un phénomène qu’on ne voyait pratiquement pas il y a dix ans. Les finissants se rendent compte que, à conditions salariales égales, le travail est plus complexe et plus dangereux ici », résume Yves Francoeur.


Il déplore la responsabilité grandissante des policiers pour des populations qui demanderaient plutôt une aide psychosociale dans les rues de la ville. « À cause du désengagement des gouvernements dans les programmes sociaux, on remarque de plus en plus d’itinérance et de toxicomanie dans nos rues. Ce qui était un problème de santé publique se transforme maintenant en problème de sécurité publique. Nous sommes prêts à faire notre part, mais ce n’est pas notre rôle d’encadrer tous les gens qui ont des problèmes de santé mentale dans les rues. Ces gens-là ont besoin de vraies ressources. »


La FPPM, née en 1950 de la dissolution de la Fraternité canadienne des policiers de la province de Québec, compte aujourd’hui 4500 membres, dont environ 2600 policiers de première ligne. Le salaire initial d’un policier montréalais est de 40 000 $ et atteint 75 000 $ après huit ans de service.



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