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Fédération autonome de l'enseignement - S’il y a les enfants, il y a aussi les enseignants…

«Il faut se questionner sur ce qu’on veut faire de notre école»

La FAE aimerait voir les enfants entrer à la maternelle dès l’âge de quatre ans. Des projets-pilotes ont donc été mis sur pied à cette fin dans six territoires.
Photo : Clément Allard - Le Devoir La FAE aimerait voir les enfants entrer à la maternelle dès l’âge de quatre ans. Des projets-pilotes ont donc été mis sur pied à cette fin dans six territoires.
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le monde de l’enseignement est en pleine ébullition. Dans ce contexte, le travail des syndicats est primordial et indispensable, et du travail, il y en a pour Pierre Saint-Germain, le président de la Fédération autonome de l’enseignement. Petit suivi de dossiers.


La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), présidée depuis sa création en 2007 par Pierre Saint-Germain, regroupe neuf syndicats qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants francophones, soit le tiers du personnel enseignant au Québec : au préscolaire, au primaire, au secondaire, à l’éducation des adultes et à la formation professionnelle.

 

L’anglais intensif


L’enseignement de l’anglais intensif à partir de la 6e année du primaire crée des remous dans le monde de l’éducation depuis que ce programme est devenu une priorité pour l’ancien gouvernement Charest. Aujourd’hui, le Parti québécois, au pouvoir, lève le pied de l’accélérateur et freine l’adoption d’un tel programme, mais il maintient le cap. C’est donc dire que la généralisation de l’anglais intensif demeure dans les objectifs du gouvernement, même si les moyens pour y arriver ont varié : « Même si on ressent moins de pression, ça nous agace quand même », soutient Pierre Saint-Germain.


Selon lui, dans certains milieux, la décision d’implanter le programme d’anglais intensif relève du conseil d’établissement, sans égard à la possibilité de sa réalisation dans le secteur en question. « On sait qu’il y a des variations importantes au niveau du profil linguistique, particulièrement sur l’île de Montréal, et ça peut amener des problèmes importants. D’autant plus que, pour les enfants en difficulté, la FAE persiste à dire que ces enfants sont perdants par rapport à l’application de cette mesure. »


Toujours selon Pierre Saint-Germain, ce qui expliquerait l’apparent recul du gouvernement, c’est qu’il se rend compte que, dans l’immédiat, les écoles n’ont pas le personnel pour appliquer cette mesure : « En étirant dans le temps l’objectif, on aura peut-être le temps de former du nouveau personnel », nous dit Pierre Saint-Germain, qui ajoute qu’« il reste encore énormément de travail à faire et qu’une réflexion est nécessaire sur l’impact de cette mesure sur le développement de la langue française au Québec ».


La FAE va suivre de très près l’évolution de ce dossier et va tenter de bien faire comprendre au ministère de l’Éducation les obstacles que représente une telle mesure, tout en continuant à travailler avec ses représentants dans chacune des écoles afin de bien les informer pour qu’ils puissent à leur tour sensibiliser les parents qui voudraient débattre de la question.

 

La maternelle dès l’âge de quatre ans


Depuis des années, la FAE revendique la maternelle dès l’âge de quatre ans. « La FAE va même jusqu’à revendiquer une maternelle dès l’âge de trois ans à mi-temps en milieu défavorisé », rappelle Pierre Saint-Germain. Cette étape est importante aux yeux de la FAE, tellement que cette mesure a été introduite lors des dernières négociations. « On est à l’origine du développement de cette pratique. Il y a deux ans, on a mis sur pied des projets-pilotes de maternelle à temps plein pour les quatre ans sur six de nos territoires. »


C’est donc dire à quel point la FAE a accueilli avec enthousiasme l’intention de la ministre de l’Éducation d’étendre cette mesure à l’ensemble des milieux défavorisés. « On le précise : on ne considère pas cette mesure comme obligatoire pour tous les enfants du Québec, mais comme une mise à niveau pour certains enfants qui ont des retards importants en ce qui concerne le langage ou la motricité, ce qui fait en sorte que, au moment d’entrer en maternelle à l’âge de cinq ans, il y a un décalage et des écarts qui sont difficilement récupérables. Pour plusieurs, ce sont les premiers pas vers le décrochage. »


Présentement, un débat fait rage, et, du côté des CPE, on juge que des maternelles dès l’âge de quatre ans viendraient réduire leur achalandage. Toutefois, selon la FAE, les enfants issus d’un milieu défavorisé ne fréquentent que rarement les CPE et restent à la maison. C’est pourquoi on croit que la mise en place de ces classes de maternelle devrait s’accompagner d’autres mesures pour venir en aide aux parents, « pour qu’ils puissent ultérieurement retourner sur les bancs d’école et sur le marché du travail ».


L’accueil des élèves en difficulté


La FAE déplore le manque de services professionnels dans les écoles. Pour que l’intégration des élèves en difficulté soit fructueuse, ces services doivent être augmentés. Lorsque ces services professionnels sont disponibles, ils le sont de manière très limitée. « Si on prend l’exemple d’une orthophoniste qui doit visiter quatre écoles par semaine, on comprend que celle-ci passe plus de temps à se déplacer qu’à offrir ses services », dit M. Saint-Germain.


L’organisation et l’accès aux services posent problème : « Quand on parle d’intervention précoce, ça peut prendre deux ou trois ans avant que l’enfant n’ait l’aide requise ! On a amélioré l’offre de services, mais il y a encore beaucoup à faire. »


Le secteur de la formation professionnelle, dans lequel la FAE est présente, est un gros chantier. Toute la question de l’adéquation formation-emploi est importante aux yeux du président de la FAE : « Comme la demande est grande sur le marché de la formation professionnelle, ce qui nous inquiète, ce sont les formations courtes qui répondent à des besoins très particuliers », raconte Pierre Saint-Germain.


Ce que la FAE souhaite, c’est un retour aux formations plus générales, dans lesquelles on apprend l’ensemble des tâches d’un métier, afin que l’élève puisse satisfaire aux critères de qualification pour combler plusieurs emplois et pas seulement pour un poste précis au sein d’une entreprise précise.


Les enseignants qui oeuvrent dans le secteur de la formation professionnelle vivent une plus grande précarité que dans les autres secteurs : « Le taux de précarité peut atteindre 75 %. On souhaite donc obtenir la reconnaissance du travail de ces enseignants et leur assurer de bonnes conditions de travail. »

 

Et pour l’avenir…


La FAE tiendra son congrès en juin prochain. Lors de ces instances, il sera encore beaucoup question de la réforme qui est encore au coeur des préoccupations des enseignants : « La réforme, ce n’est pas seulement une question de programme et de pédagogie, il y a aussi un débat à faire sur l’avenir de l’école. Il faut se questionner sur ce qu’on veut faire de notre école : est-ce qu’on veut former des citoyens ou seulement des travailleurs formatés pour les besoins du marché du travail ? Il y a aussi tout le volet de l’autonomie professionnelle. Ce sont des questions de fond qui n’ont pas encore été réglées. »



Collaboratrice

La FAE aimerait voir les enfants entrer à la maternelle dès l’âge de quatre ans. Des projets-pilotes ont donc été mis sur pied à cette fin dans six territoires. Pierre Saint-Germain
 
 
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