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FIQ - Le mouvement syndical solidaire avec l’ensemble de la population

«On ne doit pas laisser uniquement les attaques de la droite avoir cours dans notre société»

La FIQ n’est pas d’accord avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec lorsque celui-ci réclame que le baccalauréat devienne obligatoire pour le personnel infirmier.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir La FIQ n’est pas d’accord avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec lorsque celui-ci réclame que le baccalauréat devienne obligatoire pour le personnel infirmier.
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) réitère son appel à la tenue d’états généraux en santé. Et elle lance un message de solidarité syndicale à l’occasion de la Fête des travailleurs et en ces temps où le mouvement subit des attaques sur plusieurs fronts à la fois.


La présidente de la FIQ, Régine Laurent, dégage la signification profonde de ce 1er mai 2013 : « Les organisations syndicales sont vraiment tournées vers leur mission sociale de façon concrète et se portent à la défense de la majorité de la population, ce qui est remarquable en cette date : par exemple, elles sont toutes regroupées dans le but de faire échec aux réformes du régime de l’assurance-emploi, ce qui est majeur et unanime dans nos rangs. Cette mesure n’a aucun bon sens et nous, dans le réseau de la santé, nous connaissons très bien les impacts que cause la pauvreté sur celle-ci ; il y aura des répercussions majeures sur l’état de santé des personnes. »


Elle signale un trait qui est commun à tous les syndicats : « Les organisations ont toutes une pareille mission et, cette année, ce ne sont pas seulement les revendications des travailleurs qui seront en cause, mais elles sont pour beaucoup axées sur l’ensemble de la société : c’est extrêmement important, mais l’avenir du syndicalisme n’est pas réglé pour autant. »


Et que réserve cet avenir ? « On sait qu’il y a de nombreuses attaques contre nous qui proviennent souvent du gouvernement de M. Harper ; il y a notamment celles contenues dans la loi C-377, et on sait aussi que ses députés d’arrière-banc interviennent pour tout ce qui touche à la formule Rand. »


Il en découle cette prise de position de la présidente : « Il importe pour les mouvements syndicaux de travailler à instaurer une culture de fierté et de respect des organisations et de leurs membres. Au cours des dernières années, on a dénigré celles-ci et les gens qui en font partie, sans tenir compte du fait qu’on s’attaque à du monde ordinaire avec qui on partage des valeurs communes ; il en va de même avec les personnes qui habitent dans mon quartier. Il faut remettre en évidence cette fierté que nous avons d’être les champions de l’équité. »


Elle propose d’agir dans cette direction : « On doit trouver des façons ingénieuses de ramener ce fait à l’avant-plan et on ne doit pas laisser uniquement les attaques de la droite avoir cours dans notre société. Dans ce but, on tisse des liens serrés avec l’ensemble des syndicats à travers le Canada et aussi, dans notre cas, avec des syndicats d’infirmières des États-Unis. Encore une fois, nous sommes les champions de l’équité et du partage. »

 

Le temps nécessaire


L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) réclame depuis un certain temps que le personnel infirmier possède une formation universitaire de premier cycle (baccalauréat). La FIQ s’est prononcée récemment à ce sujet : « On se positionne comme des gens qui travaillent sur le terrain ; donc, on veut seulement qu’on nous assure que tout est mis en place avant qu’une telle norme n’entre en vigueur en 2014. C’est trop rapide, parce qu’il y a de nombreuses questions pour lesquelles nous n’avons pas de réponse. » Sur ce plan, elle assure qu’il faudrait d’abord mesurer les impacts d’une telle mesure sur l’ensemble des équipes de soins.


Elle énonce une mise en garde au sujet d’une comparaison boiteuse avec les autres provinces où le bac s’impose comme la règle : « C’est vrai que le Québec est le seul endroit où on peut travailler comme infirmière après le cégep, mais c’est aussi le seul lieu où il y a des cégeps qui dispensent des formations techniques. On doit fournir des précisions et mettre des bémols quand on se compare au reste du Canada, et je donne souvent un autre exemple : c’est celui des États-Unis, où les formations sont très différentes et où il n’y a pas cette obligation de détenir un bac à la grandeur du pays. »


Ce sur quoi, elle revient sur les conséquences envisagées pour les autres professions, notamment pour les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes, et réclame une réflexion plus en profondeur sur un tel changement : « Finalement, comme je le souhaite depuis des années, je crois qu’il s’agissait là de la plus belle occasion de tenir des états généraux sur la santé, qui fourniraient de la cohérence et de la complémentarité en santé. » Il y a une problématique complexe à résoudre : « C’est la raison pour laquelle on réclame de repousser la norme après 2014 afin qu’on soit capable de s’assurer que tout est bien en place ; le réseau ne peut se permettre d’être encore fragilisé. »


Le partage inachevé des actes


Sur papier, la loi 90 prévoyait en 2003 l’application de modifications significatives dans le partage des actes pour les professionnels intervenant dans le réseau de la santé. L’application de cette mesure dans son intégralité traîne en longueur depuis lors, quoiqu’il soit reconnu par plusieurs qu’elle serait susceptible de corriger des lacunes dans le fonctionnement du système de soins de santé. Il y a eu des avancées récemment pour les infirmières.


Régine Laurent prend position dans ce dossier, tout en précisant d’abord que toute cette question pourrait elle aussi être débattue dans le cadre d’états généraux : « Il faut regarder qui va faire quoi à l’avenir et qui sont les meilleurs professionnels chargés de dispenser les soins dans les différents lieux où ils le seront. On sait malheureusement qu’il y a une augmentation des maladies chroniques, alors, comment va-t-on en assurer une meilleure prise en charge par rapport à la première ligne ? »


Elle se félicite tout de même des progrès annoncés il y a peu de temps par le ministre Hébert : « Il avait pris cet engagement et il a tenu parole. Il y a maintenant une orientation nationale relative aux ordonnances collectives. J’espère maintenant que les établissements, qui ont en main une telle orientation en provenance du ministère, vont procéder plus rapidement et mettre en place cette mesure ; on attend quand même depuis 10 ans et on ne peut pas dire que nous ne sommes pas patientes. »


La présidente trouve aussi très intéressante la demande de l’OIIQ pour accorder aux infirmières le droit de prescrire : « Ces deux pôles-là sont majeurs pour la première ligne et pour la population. On doit mettre cela en place avec célérité, pour que les gens se rendent compte que, effectivement, on utilise à leur plein potentiel dans le réseau les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes ; il faut que ces gens-là soient en mesure de voir rapidement quels sont pour eux les bienfaits de la loi 90 en matière d’accessibilité. »


 

Collaborateur

La FIQ n’est pas d’accord avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec lorsque celui-ci réclame que le baccalauréat devienne obligatoire pour le personnel infirmier. La présidente de la FIQ, Régine Laurent
 
 
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