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Une grande marche verte sans les carrés rouges

Un couple maquillé en vert se trouvait parmi les milliers de personnes qui ont pris part, dans le calme, à la Marche de de la Terre, dimanche, à Montréal.
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir Un couple maquillé en vert se trouvait parmi les milliers de personnes qui ont pris part, dans le calme, à la Marche de de la Terre, dimanche, à Montréal.
Même si plusieurs milliers de personnes s’étaient réunies dimanche pour marcher en prévision du jour de la Terre au centre-ville de Montréal, leur nombre était loin de dépasser celui du rassemblement de l’année dernière.

Le point de départ de la manifestation était la place des Festivals. Difficile de dire avec précision combien de personnes ont participé au rassemblement. Une bonne partie de la place était occupée par les manifestants. Le cortège débordait aussi rue Jeanne-Mance, ainsi que rue Sainte-Catherine jusqu’à l’intersection avec Saint-Urbain. Les participants ont quitté la place des Festivals pour se diriger vers le boulevard René-Levesque. Une fois la foule arrivée sur la place du Canada, les organisateurs ont avancé le chiffre de 50 000 manifestants. La Marche de la Terre a lieu tous les ans, une journée avant le jour de la Terre. Les deux événements sont organisés par des groupes écologistes dans plusieurs villes du monde.


À Montréal, l’ambiance était festive et bon enfant, même si les marcheurs étaient moins nombreux que lors de l’édition 2012, qui avait réuni près de 250 000 personnes en plein printemps érable. Mais qu’importe, Riel Huaorani est fier d’avoir fait le chemin depuis la Gaspésie, à douze heures de route de Montréal, pour être présent. «Aujourd’hui, c’est un peu décevant de voir qu’on a été si peu, mais peut-être que c’est les vrais, les purs et durs qui protègent notre environnement qui sont là», explique ce membre de la Première Nation micmaque de Gespapegiag.


« On a beaucoup de menaces là-bas, des menaces pétrolières, beaucoup de compagnies qui veulent s’installer dans la baie, des compagnies forestières qui s’installent et qui coupent tout […] c’est le temps ensemble de démontrer qu’on a besoin d’une planète verte, pour tous », explique-t-il.


Les opposants à l’industrie du gaz de schiste, souvent reconnaissables dans la foule grâce à leur pancarte rouge frappée d’un « non au gaz de schiste », étaient très présents dans le cortège. Francine Salvas est venue du village de Saint-Ours en Montérégie afin d’exprimer son opposition à l’exploitation du gaz dans sa région. Mais les compagnies gazières sont plutôt discrètes en ce moment, car le prix du gaz a été revu à la baisse ces derniers temps, constate-t-elle. « Pour le moment, il n’y a aucuns profits à faire. On est là pour rappeler que le jour où le prix du gaz va monter, les enjeux vont devenir aussi aigus qu’il y a deux ans. Il n’y a pas de moratoire, il n’y a pas eu de loi sur les mines encore », déplore-t-elle.


L’industrie pétrolière et les projets de développements de pipelines étaient aussi dans la ligne de mire de nombreux manifestants, comme Nadine Lecorre, qui est venue des Laurentides pour l’occasion. « Je veux dénoncer le fait que nos gouvernements sont de connivence pour construire un pipeline dont on ne veut pas dans les Laurentides », explique-t-elle.


Le contraste avec la manifestation de l’année dernière était toutefois flagrant. En 2012, la foule était plus hétérogène, regroupant des environnementalistes certes, mais aussi de nombreux étudiants, constate Mathieu Séguin. « L’ambiance est différente. On voyait plein de carrés rouges, plein d’étudiants, l’an dernier. C’était un mélange, une manif étudiante et celle de la journée de la Terre. Il y a moins de monde que l’an dernier, mais on est quand même plusieurs milliers, c’est beau à voir », explique cet étudiant.


La manifestation tranchait aussi avec les rassemblements de ces dernières semaines qui ont eu lieu au centre-ville. Le parcours avait été donné à l’avance au Service de police de la ville de Montréal (SPVM). La présence policière dans la manifestation était fort discrète, avec quelques cyclistes du SPVM qui patrouillaient aux alentours du cortège.


Le rassemblement sur la place du Canada a donné lieu à plusieurs discours. Syndicalistes et environnementalistes se sont succédé à la tribune. Les critiques visaient surtout le gouvernement Harper, accusé par la plupart des manifestants de ne pas se soucier assez de l’environnement.


La tension est montée d’un cran vers 16 h, lorsqu’un groupe d’une centaine de manifestants anticapitalistes a quitté la place du Canada pour se rendre vers la rue Sainte-Catherine afin de la remonter dans le sens de la circulation. Le trajet de cette manifestation improvisée n’avait pas été donné à l’avance, mais le SPVM ne l’a pas déclarée illégale, se contentant de demander aux manifestations d’emprunter le trottoir, ce qu’ils ont refusé en huant copieusement le policier du SPVM qui donnait ces indications.


« Selon moi, je trouve que la marche a été trop courte, ça a duré à peu près une heure, le monde avait le goût de marcher plus », expliquait Julien, un des participants à cette manifestation improvisée rue Sainte-Catherine.


Néanmoins, il n’y aura pas eu d’interpellations de masse, ni de constats d’infraction, selon le SPVM. Finalement, la centaine de manifestants anticapitalistes se sont dispersés d’eux-mêmes, à quelques coins de rue du parc Émilie-Gamelin, plusieurs d’entre eux se donnant rendez-vous lundi après-midi, à la manifestation contre le règlement P-6, qui encadre les rassemblements dans la métropole.

Un couple maquillé en vert se trouvait parmi les milliers de personnes qui ont pris part, dans le calme, à la Marche de de la Terre, dimanche, à Montréal. L’exploitation des sables bitumineux était l’une des cibles des milliers de marcheurs qui ont envahi le centre-ville de Montréal dimanche. La cofondatrice d'Équiterre Laure Waridel et le comédien Sébastien Huberdeau À gauche, le député de Québec solidaire Amir Khadir, à vélo Jacques Languirand était présent à la Marche de la Terre, dimanche.
 
 
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