Ma bibliothèque au Bénin
Des jeunes du collège Sainte-Anne de Lachine recueillent des livres et iront construire la bibliothèque de Sô-Ava
« Dans toute la commune, il n’y a pas une seule bibliothèque, et les livres sont très chers pour la population de pêcheurs et d’agriculteurs que nous sommes, explique-t-il. Alors, cette bibliothèque rapproche les livres de nous et nous les rend ainsi accessibles. Nous aurons seulement à payer les frais d’abonnement et de consultation. » Hyppolite Dossa Dansou est d’ailleurs l’un des rares membres de sa communauté à avoir effectué des études avancées.
Au Québec, ce sont Samuel Gélineau, Olivier Côté, Dominique Chartrand, Léanne Roncière et Émilie Marcoux, cinq élèves de 5e secondaire du collège Sainte-Anne, tous âgés de 14 à 16 ans, qui s’envoleront pour le Bénin pour y mener à bien ce projet. Ce projet fait partie du volet international de leurs études secondaires.
C’est la mère de Léanne, une femme engagée auprès de Handicap International et Oxfam Québec, qui a guidé les jeunes vers le Bénin.
« Hyppolite a identifié des besoins importants dans sa communauté en matière de communications », relève Léanne. Au début, Hyppolite rêvait d’ouvrir un cybercafé sur une île de Sô-Ava. Mais devant l’ampleur de la tâche, il s’est ravisé, et a opté pour la bibliothèque. Encore aujourd’hui, il répond aux courriels environ une fois par semaine, lorsqu’il se rend à la ville voisine de Cotonou.
Financement
Les jeunes du collège Sainte-Anne se sont donc donné pour objectif de récolter 6000 livres s’adressant à tous les publics : des dictionnaires, des encyclopédies, mais aussi des romans. Ils tentent aussi d’amasser 20 000 $ qui serviront à payer leurs frais, le matériel de construction de la bibliothèque, et aussi les manuels scolaires adaptés à chaque niveau d’éducation des deux écoles primaires avoisinantes.
Les jeunes vont construire eux-mêmes les étagères, les tables et les chaises de travail qui meubleront la bibliothèque. Pour atteindre leurs objectifs, ils utilisent le principe du crowdfunding, qui utilise les réseaux sociaux pour amasser un grand nombre de petits montants. « C’est une méthode qui provient des États-Unis », explique Léanne. On prévoit aussi apporter quelques ordinateurs, qui fonctionneront pour l’instant sans connexion à Internet.
L’espérance de vie au Bénin est d’en moyenne 53 ans. 48 % de la population y a moins de 15 ans. Le taux d’alphabétisation des hommes est de 53 %. Celui des femmes est de 25 %. L’école est publique et accessible à tous.








