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    Point chaud - Et si le vélo avait une ville?

    Montréal accueillera le 18 mai son premier Sommet du vélo urbain

    Lundi, des voitures bloquaient toujours la piste cyclable du Vieux-Port, à Montréal, malgré l’interdiction de stationner désormais en vigueur. La cohabitation entre automobilistes et cyclistes ne va pas toujours de soi dans la métropole, ce que veulent changer les fondateurs de la Coalition vélo Montréal.
    Photo: François Pesant - Le Devoir Lundi, des voitures bloquaient toujours la piste cyclable du Vieux-Port, à Montréal, malgré l’interdiction de stationner désormais en vigueur. La cohabitation entre automobilistes et cyclistes ne va pas toujours de soi dans la métropole, ce que veulent changer les fondateurs de la Coalition vélo Montréal.
    Pierre-Luc Auclair en cinq dates

    Hiver 2008 : Il quitte Québec, sa ville natale, pour un changement de carrière en urbanisme à Montréal.
    Printemps 2010 : Il fait le plein d’idées dans une tournée de neuf villes cyclables d’Europe, d’Amsterdam à Barcelone en passant par Copenhague.
    Août 2011 : Il traverse le Québec à vélo, de Montréal à Gaspé.
    Janvier 2013 : Son entreprise met en marché une gamme de supports à vélo.
    18 mai 2013 : Il est à l’origine du premier Sommet du vélo urbain, à Montréal.
    Convaincus que Montréal peut devenir la Mecque du cyclisme en Amérique du Nord, des passionnés s’organisent pour « faire une place au vélo en ville » et limiter les frictions avec les piétons et les automobilistes.

    La nouvelle Coalition vélo Montréal, formée d’une quarantaine d’adeptes du deux-roues, prépare un Sommet du vélo urbain, qui aura lieu le 18 mai. Le but : asseoir à une même table des cyclistes, des élus municipaux, des représentants des services publics et de simples citoyens. Bref, tous ceux qui s’intéressent au vélo à Montréal.


    Cela commence à faire beaucoup de monde, parce que la bicyclette prend une place grandissante dans l’île. La fréquentation des pistes cyclables explose - en hausse de 20 % l’an dernier. Au coeur de l’été, des bouchons de circulation se forment aux heures de pointe sur les pistes les plus populaires, comme celles de la rue De Brébeuf, de la rue Rachel ou du boulevard De Maisonneuve.


    Les cyclistes reviennent par milliers dans les rues avec le retour du beau temps. Et même durant l’hiver qui s’achève, ils ont été des centaines à braver le froid et la neige pour se déplacer à deux roues en ville. Pour le meilleur et pour le pire. Car la cohabitation entre cyclistes, piétons et automobilistes donne parfois lieu à des échanges de gros mots, à des poings brandis et même à des bousculades.


    « On doit se poser la question : quel espace veut-on réserver aux vélos à Montréal ? », dit Pierre-Luc Auclair, un des fondateurs de la Coalition vélo Montréal.


    Masse critique


    Cet urbaniste, graphiste et programmeur Web de 27 ans se déplace à vélo, été comme hiver. Pour aller travailler, pour se rendre à l’épicerie, pour visiter ses amis. C’est un mode de transport et un mode de vie. Parce qu’il aime ça, tout simplement. « C’est bon pour la santé et bon pour le moral », dit-il.


    Pierre-Luc Auclair est convaincu que la croissance fulgurante des déplacements à vélo force les élus et les gestionnaires de Montréal à repenser l’aménagement urbain. En mettant sur pied la Coalition, il dit souhaiter que les décideurs « pensent vélo » et prennent désormais en compte la présence de dizaines de milliers de cyclistes dans le paysage. Plus les infrastructures seront adaptées aux vélos, moins il y aura de frictions avec les autres usagers de la route, selon lui.


    Mieux encore, les automobilistes doivent s’habituer à la présence des vélos dans toutes les rues, et pas uniquement sur les pistes cyclables, souligne Pierre-Luc Auclair. « Il commence à y avoir une masse critique de cyclistes. Les gens vont se dire : si le vélo est un mode de transport pour 10 % du monde, pourquoi je n’essaierais pas moi aussi ? »


    Paradis du vélo… volé


    Quand on lui demande des exemples d’infrastructures cyclistes à améliorer, Pierre-Luc Auclair s’emballe : un poteau en plein milieu de la voie cyclable sur le pont Jacques-Cartier ; à la hauteur de la nouvelle place des Festivals, la piste cyclable du boulevard De Maisonneuve - une autoroute de vélos - est déviée chaque été à cause de la présence des scènes de spectacle ; cette piste, comme bien d’autres, est d’ailleurs trop étroite et entraîne de dangereux frôlements ; les pistes cyclables en général passent trop loin des commerces, des écoles et des stations de métro.


    L’urbaniste évoque une autre préoccupation plus terre à terre des cyclistes montréalais : les vols de vélo. Une plaie. Et un des plus importants obstacles à la pratique du cyclisme urbain pour bien des gens. « Montréal a besoin de stationnements sûrs pour les vélos, comme on en trouve dans les grandes villes d’Europe », dit Pierre-Luc Auclair.


    Il faut inciter non seulement la Ville, mais aussi les commerces, les entreprises et les employeurs à aménager des espaces de stationnements à accès contrôlé, surveillés par des gardiens et par des caméras. Si on le fait pour les autos, on devrait aussi le faire pour les vélos, fait-il valoir.


    Pierre-Luc Auclair propose aussi un programme amélioré de burinage et un registre informatisé des vélos volés, pour décourager les voleurs et les receleurs, et aider la police à retrouver les vélos volés.


    Un plaisir


    Contrairement à d’autres mordus de vélo urbain, Pierre-Luc Auclair se décrit comme un « pragmatique » qui veut concilier les intérêts des cyclistes, des automobilistes et des piétons. « Certains cyclistes ont une mentalité de victimisation et disent : fuck les chars ! […] Je comprends que quand t’es en voiture dans une petite rue et que tu suis un vélo, c’est plate », dit-il.


    Malgré les accrochages qui surviennent de temps en temps entre cyclistes et automobilistes, il trouve qu’on roule bien à vélo dans Montréal. « Je n’ai jamais eu de problème. Je ne me suis jamais fait engueuler. On entend toujours parler de la minorité délinquante, mais en général, ça se passe bien en vélo. »


    « Montréal est déjà une des meilleures villes de vélo en Amérique du Nord, avec Portland en Oregon, New York, Chicago et Vancouver. Mais je suis convaincu que Montréal a tout ce qu’il faut pour devenir la Mecque du vélo sur le continent », dit-il.

    Lundi, des voitures bloquaient toujours la piste cyclable du Vieux-Port, à Montréal, malgré l’interdiction de stationner désormais en vigueur. La cohabitation entre automobilistes et cyclistes ne va pas toujours de soi dans la métropole, ce que veulent changer les fondateurs de la Coalition vélo Montréal. Pierre-Luc Auclair, un des fondateurs de la Coalition vélo Montréal, dit souhaiter que les décideurs « pensent vélo » et prennent désormais en compte la présence de dizaines de milliers de cyclistes dans le paysage montréalais.












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