Lettre - 36 femmes, un 8 mars
Elles étaient 36. Elles se prénommaient Marie et Catherine pour plusieurs d’entre elles. Il en pleuvait des Marie et des Catherine en France, à cette époque. Le Nouveau Monde les attendait.
À partie de 1663 et pendant une période de dix ans, elles furent près de 800 au bout du compte, à quitter la France et à monter à bord de bateaux dont on espérait qu’ils arriveraient à bon port.
Dès leur arrivée, elles se dispersèrent un peu partout. Elles essaimèrent, conscientes de la responsabilité qui leur incombait et de la tâche qui les attendait. À Montréal, elles furent accueillies à la Maison Saint-Gabriel par Marguerite Bourgeoys. La transition fut douce. Marguerite y veillait.
Et puis, elles se marièrent, vécurent heureuses et eurent beaucoup d’enfants ? C’est vrai pour certaines d’entre elles. Mais d’autres, et on l’oublie trop souvent, furent apothicaires, sages-femmes, femmes d’affaires, etc. Des aïeules aux occupations étrangement semblables à celles des femmes d’aujourd’hui.
En ce 8 mars 2013, année du 350e anniversaire de l’arrivée des premières Filles du Roy, j’accueille avec bonheur le fait que la Ville de Montréal - après qu’elle l’ait fait en 2011 pour Jeanne Mance et en 2012 pour Monique Savoie, directrice de la SAT - proclame ces 36 jeunes femmes « Bâtisseuses de la Cité 2013 ». Juste retour des choses, de véritables bâtisseuses, voilà assurément ce qu’elles ont été.
En ce 8 mars, je leur rends hommage. Qu’elles soient ou non de la lignée des Filles du Roy, elles en ont la trempe.









