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Les femmes et la politique - La formation avant l’engagement

Malgré les progrès indéniables réalisés au fil des ans, il y a toujours moins de femmes en politique active que d’hommes. Pourquoi les femmes hésitent-elles à se lancer en politique ? Et quels gestes devrait-on poser pour atteindre un jour la parité ?


«Je pense que les femmes n’osent pas aller en politique parce qu’elles ne se trouvent pas assez expérimentées, avance Anie Perrault, conseillère municipale à la Ville de Bromont. Elles ont trop souvent le réflexe de croire qu’elles n’en sont pas capables. Ce n’est pas exclusif au monde de la politique, on retrouve aussi cette attitude dans les milieux professionnels. Par exemple, devant la possibilité d’une promotion, une femme va souvent hésiter et se questionner, tandis qu’un homme va plutôt foncer. Pour lui, les questions viendront après. »


Conseillère municipale à la Ville de Québec, Geneviève Hamelin abonde dans le même sens. « Je crois que c’est une attitude typiquement féminine que de vouloir poser beaucoup de questions, et ce n’est pas nécessairement négatif. Une femme, avant de se faire une idée sur un sujet, va d’abord vouloir faire le tour de la question et se donner un point de vue général avant de trancher. C’est même, selon moi, la force des femmes en politique. Par contre, cela peut devenir rapidement un défaut si cela se retourne contre soi et empêche de s’impliquer et d’agir. Il n’y a pas de véritable consensus en politique, sinon dans l’inaction, et l’on ne peut jamais plaire à tout le monde. Donc, une fois une décision prise, il faut se faire confiance et arrêter de se remettre constamment en question. »

 

Solutions possibles


Le gouvernement du Québec oblige maintenant la parité entre les hommes et les femmes pour les membres des conseils d’administration des sociétés et organismes gouvernementaux. Devrait-on exiger pareille parité en politique ? « Pas au Québec en 2013, estime Mme Hamelin. Cela aurait peut-être été une bonne idée au début des années 1970, mais pas aujourd’hui. Je suis d’accord pour les conseils d’administration, où les personnes sont nommées, d’autant que cela peut avoir un effet d’entraînement dans d’autres organisations, mais je ne crois pas que cela peut s’appliquer à des postes électifs. »


Même son de cloche chez Anie Perrault. « La parité pour les conseils d’administration des sociétés d’État est une bonne idée qui fonctionne bien. À preuve, la parité a été atteinte rapidement, ce qui prouve qu’il ne manquait pas de femmes compétentes, mais plutôt qu’on ne faisait jamais appel à elles. Je crois aussi qu’une présence accrue de femmes est un avantage pour les conseils d’administration. Par contre, je ne crois pas que les quotas puissent fonctionner dans le milieu électif. Je crains surtout l’effet pervers suivant : on va se demander a-t-elle été élue à cause de ses compétences, ou uniquement parce qu’elle est une femme ? »


Quelles solutions envisager alors ? Pour les deux politiciennes, la réponse est la formation. « Je suis membre du Réseau des élues municipales de la Montérégie-Est, le REMME, et nous organisons des colloques afin de sensibiliser les femmes à la politique. Souvent, les femmes nous disent, moi, la politique, je n’y connais rien. Il faut d’abord commencer par combler cette lacune. »


Même réflexion du côté de Mme Hamelin. « Je participe aux Écoles femmes et démocratie organisées par le Centre de développement femmes et gouvernance, où l’on donne des formations intensives à des femmes intéressées par la politique. Il faut en premier lieu outiller les femmes face à la politique si l’on souhaite augmenter le nombre de politiciennes. »

 

Faire le saut


La politique, les deux élues l’ont apprivoisé dès leur enfance. Le père d’Anie Perrault a été organisateur politique, un «vieux bleu», selon sa propore expression. Celui de Mme Hamelin était militant «maniaque» de politique.


Une fois leurs études terminées, le droit pour Anie Perrault et les communications et les sciences politiques pour Geneviève Hamelin, elles travaillent en politique, conseillère auprès de Jean Charest du temps où il était au Parti conservateur pour la première, adjointe de circonscription de la bloquiste Christiane Gagnon pour la seconde.


Elles passeront par la suite à autre chose avant de revenir en politique. « Je me suis même présentée à l’élection fédérale de 1997 sans toutefois me faire élire, raconte Anie Perrault. Mais par la suite, insatisfaite de l’orientation que prenait le Parti conservateur, je me suis éloignée de la politique. J’ai trouvé un travail à Génome Canada, donc dans un domaine qui a peu à voir avec la politique. C’est en m’installant à Bromont pour y fonder ma famille que le goût de m’impliquer dans ma communauté m’est revenu. »


Parcours similaire pour Geneviève Hamelin. « Après mon travail d’adjointe de circonscription, je me suis surtout impliquée comme bénévole en politique municipale en tant que vice-présidente du conseil de mon quartier à Québec. Lorsque la conseillère municipale a choisi de ne pas se représenter, j’ai pensé que mon tour était arrivé. »


Les deux jeunes femmes ont été élues en 2009 et comptent se représenter aux prochaines élections municipales.



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