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Représentation - Les femmes à l’assaut des villes?

«Il faut continuer de dire à nos filles qu’elles ont les capacités de faire ce qu’elles veulent»

À l’instar des autres villes et municipalités du Québec, Montréal comptera de nouveaux élus et élues l’automne prochain.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir À l’instar des autres villes et municipalités du Québec, Montréal comptera de nouveaux élus et élues l’automne prochain.

Le 4 septembre dernier, le Québec faisait un pas immense en matière de condition féminine en élisant, pour la première fois de son histoire, une femme à la tête de son gouvernement. En novembre prochain, à l’occasion des élections municipales, il sera possible de constater si cette élection historique incitera davantage de femmes à suivre la vague et à faire le saut en politique à leur tour.


Rien n’est moins sûr que l’engagement des femmes en politique municipale, selon Maryse Gaudreault et Michelyne C. St-Laurent, respectivement porte-parole en matière de condition féminine pour le Parti libéral du Québec et pour la Coalition avenir Québec.


Toutes deux croient qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour motiver les femmes à investir le milieu politique, qui demeure difficile d’accès. « Bien que de nombreuses batailles aient été gagnées au cours des dernières années, une femme doit encore travailler plus fort pour être élue, affirme Maryse Gaudreault. Il y a un véritable travail de fond à faire auprès des électeurs. »


Son homologue de la CAQ abonde dans le même sens tout en soulignant que les femmes elles-mêmes manquent parfois de motivation. « Les obstacles qui existaient autrefois, comme la conciliation travail-famille et la répartition des tâches à la maison, sont toujours très actuels, quoi qu’on en pense, soutient la députée de Montmorency. [Plus de 70 ans après l’obtention du droit de vote], les femmes sont encore confrontées à ce genre de choix vis-à-vis de la politique. »


Les deux politiciennes en sont la preuve. Alors que Michelyne St-Laurent affirme sans hésiter qu’elle a dû mener, parfois avec difficulté, sa carrière et sa famille de front, Maryse Gaudreault a attendu que ses filles soient au seuil de l’âge adulte avant d’intégrer la sphère politique.


La députée libérale souligne que malgré certaines améliorations, il est encore plus difficile pour une femme de mettre sa vie professionnelle à l’avant-plan, au détriment des enfants, par exemple. Elle ajoute que, par moments, la vie parlementaire est très ardue. « Les fem-mes sont souvent tout en compromis. Les conflits politiques peuvent causer un choc. » Par ailleurs, « avec tout ce qui se brasse sur la scène municipale en ce moment, il n’y a rien pour les inciter à se présenter ».

 

Approche de terrain


Surtout que la sphère municipale est celle qui change le plus lentement. De 1993 à 2009, le nombre de femmes élues au poste de mairesse est passé de 125 à 178 au sein des quelque 1500 municipalités de la province. Aujourd’hui, le ratio est d’à peine une femme pour dix hommes à la tête des conseils de ville.


Devant ce constat, de nombreuses initiatives sont mises sur pied depuis quelques années - d’un gouvernement à l’autre - pour inciter les femmes à faire le saut. « Il faut aller sur le terrain et parler directement avec elles, insiste Michelyne St-Laurent. Il est impératif que les femmes sentent qu’elles sont capables et, surtout, qu’elles ont les moyens de se lancer en politique. » Selon l’avocate de formation, ce travail de motivation doit débuter dans les écoles secondaires. « Même si, parfois, nous avons l’impression qu’elles le savent, il faut continuer de dire à nos filles qu’elles ont les capacités de faire ce qu’elles veulent. »


Dans cette optique, la ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais, invitait, le 30 janvier dernier, les Québécoises qui souhaitent se présenter aux élections municipales à venir s’outiller pour mieux investir le milieu décisionnel. Dans le même but, le programme « À égalité pour décider », instauré par le Parti québécois en 1999 et maintenu par le gouvernement libéral tout au long de ses mandats, vient en aide financièrement aux multiples organismes qui travaillent en ce sens.

 

Au-delà du municipal


Tous les partis s’entendent sur le fait que plus de voix féminines doivent s’élever dans les conseils municipaux. L’opposition demeure cependant très critique vis-à-vis du gouvernement en place quant au rôle que les femmes jouent actuellement à l’Assemblée nationale.


Pour Maryse Gaudreault, porte-parole en matière de condition féminine pour l’opposition officielle, l’élection d’une femme à la tête de la province n’a ni donné le ton ni mis les femmes à l’avant-plan au sein de l’équipe de Pauline Marois. « Le fameux “plafond de verre” que représente le poste de première ministre n’existe plus », reconnaît la députée de Hull, qui déplore toutefois que l’atteinte d’une parité exemplaire au sein de son conseil des ministres n’ait pas été une priorité pour le nouveau gouvernement. « Nous n’avons jamais été autant à l’Assemblée nationale et il n’y a jamais eu autant de premières ministres partout au pays, rappelle-t-elle. Pourtant, du 50-50 que nous avions sous le dernier gouvernement [provincial], nous sommes maintenant passés à un “une pour deux”. Il est certain que c’est une tache à son bulletin en matière de condition féminine. »


Pour sa part, Michelyne St-Laurent admet que la parité est un objectif louable, mais elle estime que ce n’est pas une fin en soi. Elle souligne qu’il ne faut pas oublier que les femmes sont moins nombreuses. À ses yeux, il est donc normal qu’elles soient moins représentées. « À compétences égales, je suis bien d’accord de favoriser l’égalité hommes-femmes, affirme-t-elle avec fermeté. Mais encore faut-il qu’il y ait des femmes ! »


 

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