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Vers le 8 mars - En attendant la parité à l’Assemblée nationale

«Le combat des femmes, c’est d’abord un combat pour l’égalité»

La ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais
Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais

La ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais, estime que la Journée internationale des femmes est une occasion unique pour réfléchir et comprendre les multiples enjeux qui touchent les femmes et, par ricochet, la société tout entière. Entrevue.


Pour la ministre Agnès Maltais, la Journée internationale des femmes est un « moment qui nous donne l’occasion de jeter un regard sur les avancées de la condition féminine, de son impact sur notre société, impact que je qualifierais par ailleurs d’extrêmement positif. Toutes les sociétés retirent des avantages extraordinaires de la prise de parole et de l’égalité ».


C’est donc l’occasion de célébrer ? « Non, on ne célèbre pas. On souligne. J’estime plutôt qu’il faut souligner, réfléchir et comprendre le chemin qu’il reste à parcourir. Cette journée est justement l’occasion de dégager des pistes d’action. » Selon la ministre, il ne s’agit pas de concevoir la lutte du féminisme comme un « combat personnel » mais plutôt comme un « combat collectif. »


Vers l’égalité…


Quel bilan dresse la ministre sur le plan de l’égalité entre les hommes et les femmes au Québec ? « Il y a eu des avancées formidables. Je pense que les Québécoises se sentent participantes à part entière dans notre société. Elles estiment qu’elles y ont leur place et elles la prennent de plus en plus. Mais il y a encore des zones que je qualifierais de “protégées”. » C’est-à-dire ? « Je pense ici aux femmes au pouvoir. Je pense que les femmes doivent atteindre la parité à un moment donné à l’Assemblée nationale. »


Par ailleurs, la ministre voit déjà venir les élections municipales en novembre prochain, et de fait, elle encourage « les Québécoises » à s’y engager, que ce soit à titre de mairesses ou de conseillères municipales. Le seul fait d’avoir une première ministre au Québec a tout pour donner un souffle à cette idée, n’est-ce pas ? « Ça peut donner un élan », concède Mme Maltais, précisant que « Mme [Pauline] Marois occupe le dernier poste qui nous échappait, si je peux m’exprimer ainsi. Vous savez, il y a des modèles [de femmes dans toutes les sphères de la société]. Mais au-delà de ça, il nous faut maintenant passer à l’idée de l’égalité. Et le combat des femmes, c’est d’abord un combat pour l’égalité ».

 

À propos de violence


La violence sous toutes ses formes, que subissent les femmes d’ici et d’ailleurs sur une base quotidienne, est un sujet qui s’impose. « Nous venons de lancer un plan d’action gouvernemental pour contrer la violence conjugale. Au Québec, il y a une adhésion autour de l’idée selon laquelle la violence conjugale est inacceptable : ce n’est pas une affaire privée, c’est une affaire criminelle. Écoutez, ça fait 15 ans que le Québec travaille sur cet enjeu. Il y a eu des avancées importantes. À titre d’exemple, les dénonciations sont de plus en plus nombreuses. Les femmes se sentent davantage en sécurité pour dénoncer, mais il y a encore du travail à faire. »


Le plan d’action dont parle la ministre Maltais, qui a été déposé en décembre dernier, concerne notamment les femmes autochtones. « Les femmes en milieu autochtone ont communiqué avec nous pour nous expliquer qu’elles ont trouvé comment leurs communautés respectives doivent affronter le problème de la violence conjugale. » Le plan d’action gouvernemental traite également des gais et des lesbiennes ainsi que des communautés immigrantes, rappelle Mme Maltais « D’ailleurs, dans les communautés immigrantes, on doit faire la promotion de l’adhésion aux grandes valeurs communes ainsi qu’à l’égalité entre les hommes et les femmes, qui est une des grandes valeurs communes au Québec. »

 

À propos d’avortement


Le débat sur le droit à l’avortement, qui refait surface sur la place publique par la bouche des conservateurs, pour ne pas dire des ultraconservateurs, dérange souverainement la ministre québécoise de la Condition féminine. « C’est aberrant ! Écoutez, je pense que c’est un combat d’arrière-garde. Il n’y a pas de résonance de ce combat d’arrière-garde au Québec. Il est prôné par des ultraconservateurs. Le message qui est véhiculé au fil du temps par le mouvement féministe consiste à dire que “notre corps nous appartient”. L’intégrité physique est fondamentale dans la bataille féministe. »

 

Culte de la minceur


Mme Maltais admet par ailleurs être « interpellée » par le culte de la beauté et de la minceur extrême qui mène à l’anorexie, un fléau sociétal, disons-le franchement. « Oui, cela m’interpelle. Encore une fois, c’est toute la force des modèles qui est importante ici. Mais les modèles qu’ont les jeunes d’aujourd’hui ne correspondent pas [aux critères] de ce qu’on appelle de saines habitudes de vie. »


En conclusion, la ministre rappelle qu’au fil du temps, les femmes du Québec ont visé l’égalité, « et cela a entraîné avec les années des responsabilités. Je considère d’ailleurs qu’en prônant l’égalité, on a entraîné avec nous d’autres groupes. Nous avons donc une sorte de responsabilité sociale de veiller à ce que toute la société soit égalitaire ».



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