Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Femmes en politique - «De mieux en mieux… et c’est tant mieux!»

    Il faut augmenter la représentation des femmes au niveau municipal

    2 mars 2013 |Claude Lafleur | Actualités en société
    Françoise David est entrée à l’Assemblée nationale l’automne dernier sous la bannière de Québec solidaire.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Françoise David est entrée à l’Assemblée nationale l’automne dernier sous la bannière de Québec solidaire.

    Si le Québec était un pays, il figurerait au 25e rang des 190 pays où les femmes sont les plus présentes en politique. Avec 33 % d’élues à l’Assemblée nationale, nous nous classerions juste derrière l’Allemagne. Le Canada occupe le 46e rang alors que les États-Unis sont au 77e rang. « Je suis heureux de voir que nous figurerions parmi les 25 premiers pays », déclare Jacques Drouin, directeur général des élections (DGE) du Québec.


    «Nous avons fait du chemin depuis l’élection de la première femme élue, Claire Kirkland-Casgrain en 1961, remarque le directeur général des élections du Québec. On ne comptait alors qu’un pour cent de femmes - une députée sur 95 -, alors qu’aujourd’hui, nous en sommes à 33 %. »


    Pour Jacques Drouin toutefois, plus importante encore est l’adéquation entre la proportion de femmes qui se portent candidates aux élections et le nombre d’élues. Or, ce n’est qu’à partir de 1998 que ces nombres sont devenus comparables. « Pour moi, c’est beaucoup plus parlant que de dire qu’on aurait, par exemple, 50 % de candidatures féminines, mais qu’elles ne se font pas élire, lance-t-il. Cela veut dire que les partis politiques ne cantonnent pas les femmes dans des circonscriptions où elles sont battues d’avance. On les place là où elles ont de véritables chances de gagner. C’est ça qui importe ! »


    Mieux encore : lors des élections générales de l’automne dernier, 28 % des candidatures étaient féminines, mais 33 % ont été élues. « C’est dire que dans l’isoloir, il n’y a pas de discrimination, note avec satisfaction Jacques Drouin, ce qui est pour moi un signe très encourageant. »


    Femmes à la mairie


    Le directeur général des élections désire toutefois augmenter la représentation des femmes à l’échelon municipal, puisqu’il est « un peu déçu » que celles-ci n’aient représenté que le quart des candidatures aux dernières élections, si bien qu’à peine 17 % des maires élus et 30 % des conseillers sont de sexe féminin.


    Il voudrait augmenter globalement leur représentation au sein des administrations publiques, particulièrement municipales. « Non seulement il importe que les femmes soient justement représentées, mais il me semble que ça améliorerait les choses… que ça améliorerait les administrations publiques. »


    Soulignant sourire en coin qu’on « ne voit pas grand femmes défiler devant la commission Charbonneau », M. Drouin estime qu’en politique, celles-ci sont plus enclines à la coopération, plus conciliantes et plus rassembleuses.


    Il observe en revanche que l’obstacle majeur auquel se heurtent les partis politiques désireux de présenter des femmes est la réticence de celles-ci à se jeter dans l’arène politique. Il cite à cet égard les propos d’Esther Lapointe, à la tête du Groupe femmes, politique et démocratie (GFPD), qui rapportait récemment qu’il est beaucoup plus difficile de convaincre une femme qu’un homme d’aller en politique. Par conséquent, il faut s’y prendre de bonne heure pour parvenir à convaincre de possibles candidates. « En s’adressant à des partis politiques, relate le DGE, Mme Lapointe disait que “si vous avez identifié une femme pour vous représenter dans une circonscription électorale, prenez-vous-y plus d’avance que pour un homme pour la convaincre de faire le saut en politique…”».


    Pour sa part, M. Drouin propose d’encourager fortement les partis politiques à déployer davantage d’efforts auprès des femmes en proposant notamment de récompenser les partis qui ont fait élire un pourcentage de femmes au-dessus d’un seuil fixé en leur accordant une majoration du remboursement des dépenses électorales proportionnelle au pourcentage de femmes élues dans leur formation.


    Subventionner l’égalité


    Par exemple, explique-t-il, la présence de 50 % de députées dans un caucus entraînerait pour ce parti non seulement le remboursement des dépenses électorales auquel il a droit, mais une prime supplémentaire équivalant à 50 % de ce montant jusqu’à ce que les femmes représentent 40 % des élus. « Ce n’est pas rien, affirme M. Drouin. Prenez l’exemple de Québec solidaire,qui a justement atteint la parité (une députée sur deux). Ce parti se verrait en conséquence ajouter 50 % au montant de financement auquel il a droit ! »


    Évidemment, une telle mesure ne peut guère s’appliquer à l’échelon municipal, puis-qu’on y retrouve souvent peu ou pas de partis (sauf dans les grandes villes). De concert avec le groupe de Mme Lapointe, le DGE préconise dans un premier temps des mesures de sensibilisation et d’encouragement favorisant les candidatures féminines. « Comme vous le savez sans doute, le rôle du DGE à l’égard des élections municipales est de soutenir les municipalités qui sont les premières responsables des scrutins, dit-il, mais qui pourraient avoir besoin d’appuis en termes de conseils logistiques ou juridiques. Nous avons même le pouvoir de formuler des directives à cet égard. »


    « Au-delà des responsabilités que nous confie la loi, poursuit Jacques Drouin, nous sommes sensibles à l’image et à la crédibilité de la démocratie municipale. »


    Il espère ainsi que « la difficile période que nous traversons en ce moment au niveau municipal » aura tout de même comme retombée positive d’encourager les électeurs à se rendre aux urnes lors des élections municipales de l’automne prochain. « J’ose espérer que ce genre d’événements malheureux et les circonstances déplorables que nous connaissons vont avoir le même effet que la crise sociale du printemps dernier sur les élections provinciales,dit-il. Cela a eu un effet positif sur la participation. J’ose donc espérer que les gens qui d’ordinaire ne vont pas voter se diront cette fois-ci que c’est le moment d’y aller. »



    Collaborateur













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.