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Débrayage dans 350 centres de la petite enfance - Journée casse-tête pour les parents

Les éducatrices pourraient tenir deux autres journées de grève

Alec Castonguay   27 septembre 2003  Actualités en société
Lucie Baril et son frère Léo accompagnaient leur maman à la manifestation des éducatrices en garderie qui réclament un geste du gouvernement Charest en faveur de l’équité salariale.
Photo : Jacques Nadeau
Lucie Baril et son frère Léo accompagnaient leur maman à la manifestation des éducatrices en garderie qui réclament un geste du gouvernement Charest en faveur de l’équité salariale.
Beaucoup d'éducatrices. Des pancartes brandies bien haut. Des slogans révélateurs. Un soleil radieux. Bref, un contexte parfait pour signaler son mécontentement au premier ministre Charest. C'est ce qu'ont fait les 6000 éducatrices des centres de la petite enfance (CPE) affiliées à la CSN, qui étaient en grève hier. La centrale syndicale représente 350 CPE au Québec, tous fermés en cette journée de débrayage hier. Ce sont donc 18 500 enfants qui ont dû rester à la maison avec une maman ou un papa conciliant.

«Charest, cesse de te faire aller! Viens plutôt négocier!», ont scandé les 4000 éducatrices (selon les chiffres du syndicat) réunies dans les rues de Montréal à l'heure du dîner hier. Elles ont parcouru le boulevard de Maisonneuve sur quelques kilomètres pour finalement s'arrêter devant les nouveaux bureaux du premier ministre Jean Charest, sur l'avenue McGill.

La CSN voulait montrer que l'entente de principe signée par les CPE avec le gouvernement en mars dernier n'était pas du toc et qu'il fallait l'appliquer. Le document, qui se décline en trois points principaux, n'aurait pas été respecté aux deux tiers jusqu'à maintenant.

L'entente précise d'abord qu'une hausse salariale de 2 % sera en vigueur cette année. Aucun problème de ce côté.

Mais il reste deux points sans réponse, selon la CSN, ce qui justifie la sortie d'hier. L'entente stipulait qu'il fallait procéder à la mise en place d'une table de négociation pour définir la structure salariale qui sera en vigueur dans les années à venir. Rien n'aurait bougé sur ce point.

L'autre aspect, le plus important, concerne l'équité salariale. L'entente signée avec le gouvernement en mars prévoit qu'une date d'entrée en vigueur doit être fixée. Sans rétroaction, d'où la grogne.

«Dans le secteur public, c'est simple, la rétroaction de l'équité salariale sera applicable au 21 novembre 2001, peu importe quand le texte final sera approuvé», explique Éric Mondou, qui siège au Comité de négociation national pour les CPE à la FSSS-CSN. «Pour les CPE, la loi sur l'équité salariale ne prévoit pas de rétroaction du tout. En signant, ça va être seulement pour l'avenir. On estime qu'on doit avoir la même chose que tout le monde.»

Selon Éric Mondou, la différence vient à la base de la loi sur l'équité salariale adoptée en 1997. «Il y est dit que pour les milieux composés d'hommes et de femmes, il y a une rétroaction, mais que pour les endroits à forte concentration féminine, comme les CPE, il n'y aura pas de rétroaction. C'est vraiment deux poids, deux mesures.»

Du côté gouvernemental, de même que pour les autres syndicats qui représentent des éducatrices, on estime que les travaux se poursuivent normalement et que la sortie d'hier était prématurée. Pas pour la CSN. «Si on ne négocie pas la date de rétroaction tout de suite, qui dit qu'il y en aura une?», se demande Éric Mondou. D'où les pressions que la centrale syndicale veut exercer.

Dans le plan d'action approuvé par les éducatrices de la CSN, il reste deux journées de débrayage à venir cet automne, question de rappeler son entente au gouvernement. «La prochaine aura lieu en octobre», confirme Éric Mondou.
 
 
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