Des inepties !
Concernant l'article de Vincent Geloso, surtout dans la section "Paramètres de discussion", j'aimerais relever certains points pour avoir vécu l'époque dont il parle, soit 1952 à 1972 et pour avoir étudier à cette époque.
L'auteur fait un lien logique entre l'autonomie des écoles et la participation des parents dans les activités de ces dites écoles. Et entre la participation et la qualité de l'éducation. À mon avis, il s'agit d'inférence non supportée par le test de la réalité.
Au cours des années 1950, c'est vrai qu'il y avait un lien entre l'autonomie et la participation. Ce lien n'était vrai que pour les écoles primaires dans les régions rurales, soit les écoles de rang et les écoles de quartiers. Mais, l'éducation fournit était de piètre qualité, si on pense juste un instant qu'il y avait une institutrice pour les 7 classes du primaire. L'éducation dans le milieu rural et les quartiers pauvres des villes ne pouvait pas se comparer aux écoles de villes ou quartiers plus riches où il y avait probablement une institutrice pour chaque année scolaires. Pour ceux de la campagne qui voulaient poursuivre des Études Classiques ou au Cours Scientifique, nous partions loin derrière les gens des villes, voire même les gens des villages. Nous avions beaucoup de terrains à rattraper. Pour accéder à l'éducation dans ces conditions, il fallait deux constantes : le soutien indéfectible des parents, d'une part, et, d'autre part, la volonté et la détermination à toute épreuve de l'étudiant. C'était le premier obstacle.
Il n'y avait pas non plus d'écoles secondaires gratuites et ni au Collégiales, comme de nos jours. Dans les faits, il fallait débourser en dollars d'aujourd'hui environ 4500$ par année pour faire des études Classiques. C'était un très très grand frein à l'instruction, lorsqu'on sait qu'un "cultivateur" de l'époque ne gagnait que 25,000$ toujours en dollars d'aujourd'hui. Le salaire minimum dans les villes tournait autour 6.25$ l'heure à l'époque, pas de quoi pavoiser en somme dans les quartiers pauvres. Le rapport Laurendeau-Dunton a prouvé que le salaire des Canadiens français n'était guère plus élevé que celui des noirs, soit de 40% inférieurs à celui des Anglophones. Ma mère a travaillé dans les maisons privées pour 2$ par semaine, du matin à neuf heures du soir, six jours par semaine, c'était de l'exploitation purement et simplement. Il est alors logique de penser que les anglophones de Montréal et des autres provinces aient eu des possibilités supérieures à l'éducation.
Par conséquent, c'était le deuxième obstacle à franchir qui incitait beaucoup de "décrocheurs potentiels" à décrocher lors de la fin du primaire de même que beaucoup de parents francophones à envoyer leurs enfants aux études secondaires tout court. La première sélection tournait donc autour du prix de l'éducation, un puissant frein à qui voulait s'instruire (j'en ai connu de ceux-là) ou non. Les étudiants d'aujourd'hui se plaignent au sujet des frais de scolarité et de la dette accumulée à la fin de leurs études universitaires qui tournent autour de 25,000$.
J'aurais une question à poser. Vu que la communauté anglophone de Montréal était plus nantie, ne serait-ce pas normal de penser qu'elle ait eu accès à une meilleur éducation, un meilleur système d'éducation et à un meilleur accès de tous ses commettants! Quel était le poids de cette communauté dans les fameuses statistiques de Mr. Geloso?
Dans le Québec de 1960 quand j'ai commencé mon cours classique, les prêtres et les communautés religieuses ratissaient les campagnes et les villes. Ils choisissaient les candidats souvent référés par le curé de la paroisse qui avait un faible pour ceux qu'il connaissait plus, soit ceux du village. Donc, le clergé faisait donc une autre sélection diminuant d'autant le nombre de décrocheurs. Le clergé écrèmait les campagnes et les villages à la recherche des meilleurs selon le curé. Dire que le nombre de décrocheurs était moindre dans un système des années 50 néolibéral comparé à un système étatique est à moins point de vue un euphémisme et ne représentait pas la réalité de l'époque.
Cette sélection n'englobait pas nécessairement ceux qui auraient eu le talent de faire des études en provenance des campagnes et des quartiers pauvres, ni ceux qui avaient le désir et la volonté de continuer. Les jeunes des campagnes étaient nettement défavorisés dans cette sélection, juste à cause de la piètre éducation qu'ils avaient reçue au primaire. C'était le troisième obstacle.
Donc, le nombre de décrocheurs n'était pas lié au système libéraliste en place, mais, plutôt, à des obstacles structurels ou des façons de faire de l'époque. La difficulté des obstacles à surmonter était trop élevée pour la grande majorité, les jeunes décrochaient d'eux-mêmes au départ, quand ce n'était pas leurs parents qui décrochaient tout simplement.
Le lien entre autonomie des écoles et participation de parents au secondaire, au collégial ou l'université n'existait tout simplement pas à l'époque. Le cours classique a été formaté avec les années lumières de la France et a été importé au Québec. Année après année, le Cours Classique se donnait avec les mêmes matières, les mêmes cours, année après année de la même manière, etc. Je n'ai jamais vu de parents s'ingérer dans les activités des Séminaires ou des Collèges des communautés religieuses. Je me demande comment des parents auraient pu s'ingérer lorsque la très grande majorité d'entre eux étaient des illettrés ou ayant tout au plus une 7ième année du primaire, sauf pour les notables du temps. En toute objectivité, je ne pense pas que cette inférence entre autonomie et participation puisse être faite. C'est fallacieux de prétendre le contraire comme l'auteur le note. En clair, les canadiens français étaient carrément désavantagés dans le système éducationnel de l'époque.
Cela me touche énormément de lire de telles inepties, incapable de mettre le tout dans son contexte historique, et surtout de faire des nuances en ayant une connaissance fine. Nous de notre génération, nous avons payé en moyenne 4500$ en dollars d'aujourd'hui par année du secondaire au collégial et de 5500$ à l'université. Et nous sommes sortis de l'université avec des dettes 50,000$. Nous avons payé nos études, point à la ligne.
Cela me touche encore plus, comme une injustice, comme un incompréhension de ce que nous avons vécu, comme une insanité, comme un non-reconnaissance de la dureté de cette époque sans "moumounerie" qui frappe en plein coeur de notre réalité historique. Comme si ces économistes étaient des papes de la bien "bien pensance". Nous, on a connu cela la "bien pensance" lorsque l'Église contrôlait tout dans la vie des citoyens. Mon père a aussi connu les sévices de l'orphelinat tenu par des religieuses. Chez-nous, on était pauvre et on ne le savait pas. On savait par contre qu'on était riche dans la tête.
René Deshaies, Ba, mv, MBA.
L'auteur fait un lien logique entre l'autonomie des écoles et la participation des parents dans les activités de ces dites écoles. Et entre la participation et la qualité de l'éducation. À mon avis, il s'agit d'inférence non supportée par le test de la réalité.
Au cours des années 1950, c'est vrai qu'il y avait un lien entre l'autonomie et la participation. Ce lien n'était vrai que pour les écoles primaires dans les régions rurales, soit les écoles de rang et les écoles de quartiers. Mais, l'éducation fournit était de piètre qualité, si on pense juste un instant qu'il y avait une institutrice pour les 7 classes du primaire. L'éducation dans le milieu rural et les quartiers pauvres des villes ne pouvait pas se comparer aux écoles de villes ou quartiers plus riches où il y avait probablement une institutrice pour chaque année scolaires. Pour ceux de la campagne qui voulaient poursuivre des Études Classiques ou au Cours Scientifique, nous partions loin derrière les gens des villes, voire même les gens des villages. Nous avions beaucoup de terrains à rattraper. Pour accéder à l'éducation dans ces conditions, il fallait deux constantes : le soutien indéfectible des parents, d'une part, et, d'autre part, la volonté et la détermination à toute épreuve de l'étudiant. C'était le premier obstacle.
Il n'y avait pas non plus d'écoles secondaires gratuites et ni au Collégiales, comme de nos jours. Dans les faits, il fallait débourser en dollars d'aujourd'hui environ 4500$ par année pour faire des études Classiques. C'était un très très grand frein à l'instruction, lorsqu'on sait qu'un "cultivateur" de l'époque ne gagnait que 25,000$ toujours en dollars d'aujourd'hui. Le salaire minimum dans les villes tournait autour 6.25$ l'heure à l'époque, pas de quoi pavoiser en somme dans les quartiers pauvres. Le rapport Laurendeau-Dunton a prouvé que le salaire des Canadiens français n'était guère plus élevé que celui des noirs, soit de 40% inférieurs à celui des Anglophones. Ma mère a travaillé dans les maisons privées pour 2$ par semaine, du matin à neuf heures du soir, six jours par semaine, c'était de l'exploitation purement et simplement. Il est alors logique de penser que les anglophones de Montréal et des autres provinces aient eu des possibilités supérieures à l'éducation.
Par conséquent, c'était le deuxième obstacle à franchir qui incitait beaucoup de "décrocheurs potentiels" à décrocher lors de la fin du primaire de même que beaucoup de parents francophones à envoyer leurs enfants aux études secondaires tout court. La première sélection tournait donc autour du prix de l'éducation, un puissant frein à qui voulait s'instruire (j'en ai connu de ceux-là) ou non. Les étudiants d'aujourd'hui se plaignent au sujet des frais de scolarité et de la dette accumulée à la fin de leurs études universitaires qui tournent autour de 25,000$.
J'aurais une question à poser. Vu que la communauté anglophone de Montréal était plus nantie, ne serait-ce pas normal de penser qu'elle ait eu accès à une meilleur éducation, un meilleur système d'éducation et à un meilleur accès de tous ses commettants! Quel était le poids de cette communauté dans les fameuses statistiques de Mr. Geloso?
Dans le Québec de 1960 quand j'ai commencé mon cours classique, les prêtres et les communautés religieuses ratissaient les campagnes et les villes. Ils choisissaient les candidats souvent référés par le curé de la paroisse qui avait un faible pour ceux qu'il connaissait plus, soit ceux du village. Donc, le clergé faisait donc une autre sélection diminuant d'autant le nombre de décrocheurs. Le clergé écrèmait les campagnes et les villages à la recherche des meilleurs selon le curé. Dire que le nombre de décrocheurs était moindre dans un système des années 50 néolibéral comparé à un système étatique est à moins point de vue un euphémisme et ne représentait pas la réalité de l'époque.
Cette sélection n'englobait pas nécessairement ceux qui auraient eu le talent de faire des études en provenance des campagnes et des quartiers pauvres, ni ceux qui avaient le désir et la volonté de continuer. Les jeunes des campagnes étaient nettement défavorisés dans cette sélection, juste à cause de la piètre éducation qu'ils avaient reçue au primaire. C'était le troisième obstacle.
Donc, le nombre de décrocheurs n'était pas lié au système libéraliste en place, mais, plutôt, à des obstacles structurels ou des façons de faire de l'époque. La difficulté des obstacles à surmonter était trop élevée pour la grande majorité, les jeunes décrochaient d'eux-mêmes au départ, quand ce n'était pas leurs parents qui décrochaient tout simplement.
Le lien entre autonomie des écoles et participation de parents au secondaire, au collégial ou l'université n'existait tout simplement pas à l'époque. Le cours classique a été formaté avec les années lumières de la France et a été importé au Québec. Année après année, le Cours Classique se donnait avec les mêmes matières, les mêmes cours, année après année de la même manière, etc. Je n'ai jamais vu de parents s'ingérer dans les activités des Séminaires ou des Collèges des communautés religieuses. Je me demande comment des parents auraient pu s'ingérer lorsque la très grande majorité d'entre eux étaient des illettrés ou ayant tout au plus une 7ième année du primaire, sauf pour les notables du temps. En toute objectivité, je ne pense pas que cette inférence entre autonomie et participation puisse être faite. C'est fallacieux de prétendre le contraire comme l'auteur le note. En clair, les canadiens français étaient carrément désavantagés dans le système éducationnel de l'époque.
Cela me touche énormément de lire de telles inepties, incapable de mettre le tout dans son contexte historique, et surtout de faire des nuances en ayant une connaissance fine. Nous de notre génération, nous avons payé en moyenne 4500$ en dollars d'aujourd'hui par année du secondaire au collégial et de 5500$ à l'université. Et nous sommes sortis de l'université avec des dettes 50,000$. Nous avons payé nos études, point à la ligne.
Cela me touche encore plus, comme une injustice, comme un incompréhension de ce que nous avons vécu, comme une insanité, comme un non-reconnaissance de la dureté de cette époque sans "moumounerie" qui frappe en plein coeur de notre réalité historique. Comme si ces économistes étaient des papes de la bien "bien pensance". Nous, on a connu cela la "bien pensance" lorsque l'Église contrôlait tout dans la vie des citoyens. Mon père a aussi connu les sévices de l'orphelinat tenu par des religieuses. Chez-nous, on était pauvre et on ne le savait pas. On savait par contre qu'on était riche dans la tête.
René Deshaies, Ba, mv, MBA.








