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    Les Reyes Mendez sont déportés au Mexique

    Une trentaine de personnes sont venues ce samedi enneigé pour manifester leur solidarité avec les Reyes Mendez. Parmi eux, le député de Québec solidaire, Amir Khadir.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une trentaine de personnes sont venues ce samedi enneigé pour manifester leur solidarité avec les Reyes Mendez. Parmi eux, le député de Québec solidaire, Amir Khadir.
    Les Reyes Mendez sont partis. Jusqu'à la toute dernière minute, depuis l'avion d'où ils expédiaient des textos aux amis venus les soutenir à l'aéroport Montréal-Trudeau, les quatre membres de la famille mexicaine déportée par le gouvernement canadien auront espéré un sursis qui n'est jamais venu. À 10h12 ce samedi, le vol AM681 a décollé à destination de la ville de Mexico, avec à son bord Marisol Mendez et Fernando Reyes, et leurs deux enfants Ingrid et Eduardo.

    Immigration Canada a rejeté la demande d'asile formulée par la famille en décembre 2008 à leur arrivée en sol canadien. Déjà kidnappé à trois reprises par des ravisseurs qu'il soupçonne être directement liés au commerce de la drogue et aux autorités policières fédérales, le père Fernando craint pour sa vie et celle de sa famille une fois de retour au Mexique.

    Le verdict est tombé peu après neuf heures: «Nous venons de recevoir le courriel officiel», a dit Rosane Doré Lefebvre, députée du NPD dans le comté lavallois Alfred-Pellan, où résidait la famille. «Le ministre de la Sécurité publique Vic Toews dit qu'il n'interviendra pas pour ce cas.» Seul le pouvoir discrétionnaire du ministre Toews ou de son collègue à l'Immigration Jason Kenney aurait pu fournir une fin heureuse. Déception et mines attristées parmi les sympathisants déçus non seulement de cette décision «inhumaine», comme l'ont qualifiée plusieurs, mais aussi du fait qu'ils n'ont pas pu dire un dernier au revoir à leurs amis.

    En effet, selon l'organisme Mexicains unis pour la régularisation (MUR), qui est resté en contact avec les Mendez Reyes jusqu'aux derniers moments, la famille a reçu vendredi soir un message les intimant de passer plutôt par les bureaux d'Immigration Canada au lieu de se rendre directement à l'aéroport. Personne, ni amis ni médias venus assister à ce départ, n'auront donc pu les voir.

    «Le pire, c'est de ne même pas savoir si Eduardo sera en sécurité une fois de retour au Mexique.» Les yeux rougis par les larmes, Ann Marquis ne pouvait pas croire à ce qui se jouait devant elle. «Eduardo ne nous avait rien dit», dit la grande amie du jeune garçon, qui a tenté de communiquer avec elle jusqu'aux tout derniers instants, depuis l'avion, jusqu'à ce qu'on lui demande d'éteindre son cellulaire. «Il ne nous avait même pas dit qu'il risquait d'être déporté.» À 8h33, un texto atterrit sur le cellulaire de sa mère, Lyne Filion. «Ils embarquent dans l'avion. Ça y est. Eduardo veut une photo de toi Ann.»

    Mme Filion n'en revient pas du traitement infligé à des gens qui n'ont aucune faille à leur parcours. «Ils sont traités comme des criminels, on les arrête, on les empêche de dire bonjour à leurs amis», dit Lyne Filion. «J'ai essayé d'envoyer des courriels à Jason Kenney [ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration], mais je n'ai même pas reçu d'accusé réception.»

    Appui de Khadir

    Pour qu'elle puisse aller saluer son ami en bonne et due forme, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a fait jouer ses contacts jusqu'aux derniers moments, en vain. «C'est une scène inhumaine qui se joue ici», a-t-il dit. «Priver leurs sympathisants, les gens qui les ont accompagnés, d'un au revoir convenable, c'est proprement sournois, déloyal. C'est ce qu'a fait l'Immigration. Et ce sera de plus en plus comme ça, dénué de cette sensibilité qui faisait la fierté de la tradition canadienne.»

    La députée Rosane Doré Lefebvre abonde. «Je vois ces scènes là de plus en plus», dit celle qui tente de suivre ces départs jusqu'au bout, à chaque fois. «Avec C-31, nous verrons de ces situations tristes et éprouvantes de plus en plus.»

    Selon l'organisme MUR, quelque 20 000 autres demandeurs d'origine mexicaine risquent de subir le même sort. Les membres de cet organisme, qui demande un moratoire sur les déportations des Mexicains, estiment que chaque jour, 7 Mexicains sont retournés dans leur pays d'origine, malgré le danger et la menace.

    Parmi la trentaine de personnes venues ce samedi enneigé manifester par solidarité, une famille de quatre attend le verdict du Canada. Après être arrivé ici en décembre 2008, les parents et leurs trois enfants, qui préfèrent ne pas révéler leur identité par crainte des représailles, espèrent la clémence du Canada car s'ils retournent au Mexique, où le père a été menacé de mort après avoir refusé de faire partie d'un petit groupe pratiquant la corruption jusqu'en haut niveau politique, ils sont certains d'être retrouvés peu importe la zone du Mexique où on les retourne. «Nous avons notre audience le 7 février», raconte le père. «Nous sommes craintifs.»

    Une trentaine de personnes sont venues ce samedi enneigé pour manifester leur solidarité avec les Reyes Mendez. Parmi eux, le député de Québec solidaire, Amir Khadir. Une trentaine de personnes sont venues ce samedi à l'aéroport Montréal-Trudeau pour manifester leur solidarité avec les Reyes Mendez.  Une trentaine de personnes sont venues ce samedi à l'aéroport Montréal-Trudeau pour manifester leur solidarité avec les Reyes Mendez.












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