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    Libre opinion - Les abrutis sont toujours là

    18 décembre 2012 | Luc Le Blanc - Montréal | Actualités en société
    Réponse au texte « Les hurluberlus sont de retour » publié sous la plume de Martin Grégoire dans la rubrique Libre opinion du Devoir du 17 décembre 2012
    Je suis cycliste quatre saisons, pour le boulot et les courses depuis au moins cinq ans. Je choisis mes itinéraires, j’évite les boulevards trop encombrés et je ne roule pas sur les trottoirs. L’hiver, ma saison préférée pour le vélo, je passe aux pneus cloutés (ben oui, ça existe) à forts crampons, ce qui me permet de rouler en conditions difficiles. J’ai d’ailleurs commencé le vélo-boulot en hiver, un jour où j’en ai eu marre des pannes à répétition du métro, de son hyper-achalandage et de la chaleur qu’il y fait - ironiquement, le lundi de votre lettre, un pneu à plat m’a fait prendre le métro, et la ligne verte était en panne. L’air frais du matin doit jouer sur mon humeur parce qu’une fois dans l’ascenseur de ma tour, je suis habituellement le seul à sourire parmi des visages renfrognés. Le jour d’une tempête, je prends le métro, et cette rare fois suffit à me rappeler pourquoi je préfère pédaler le reste du temps. Quoi qu’on en pense, en ville, les voitures ont une vitesse moyenne inférieure à celle des vélos (même quand aucun cycliste ne les bloque).

    Je le constate tous les jours sur des trajets de plusieurs rues. Bien sûr, il s’agit de vitesse moyenne, excluant les bouffées de testostérone qui poussent certains à aller virilement se précipiter vers le pare-chocs devant eux. Je peux comprendre la frustration de M. Grégoire quand un cycliste roule au milieu de la travée des voitures sur Christophe-Colomb. Les épais sont partout, automobilistes et cyclistes compris. J’ai d’ailleurs souvent honte de mes congénères qui roulent sans feu ni réflecteur, le soir, en toute saison. Mais je me demande aussi que font tous ces automobilistes à venir encombrer les rues résidentielles, comme la très étroite rue Resther (entre Mont-Royal et Saint-Hubert), où on ne peut ouvrir une portière sans risquer de se la faire arracher. Tous les soirs, ils en appesantissent l’existence de ses résidants avec un bouchon sous leurs fenêtres. La Ville tente par divers moyens de les en détourner, mais il faudra bien en venir à la « Circulation locale seulement » avec amendes à l’appui, la seule forme d’éducation qui fonctionne.


    Je me demande aussi à quoi pensent ces automobilistes qui s’avancent dans les grands carrefours, même au feu orange, alors que la voie est bloquée, et qui s’étonnent ensuite de voir des piétons les contourner de toutes parts, provoquant ainsi un embouteillage. Que dire de cette voiture qui, en pleine heure de pointe, bloquait la rue Saint-Denis pour tourner à gauche dans une entrée privée, pour au final n’y faire qu’un demi-tour ? Ou de tous ceux qui zigzaguent, absents parce que plus occupés par leur téléphone que par le trafic environnant ? Non, les automobilistes n’ont pas besoin des cyclistes pour bloquer les rues, leur individualisme et leur égoïsme y suffisent largement. Et je ne vous parle pas de tous ces automobilistes fièrement « assis » dans les passages piétons, au total mépris de leurs usagers. Le prix élevé de l’essence semble donner aux automobilistes l’impression que leur accès aux routes relève du droit divin, alors que leur construction et leur entretien sont assumés par toute la collectivité. En ville, si tous ceux qui ont financé ces routes décidaient de les emprunter en voiture, ce serait invivable.


    Mais, pour l’instant, les automobilistes peuvent encore voyager en toute quiétude, s’entourant d’une tonne de métal motorisé, avec leur atmosphère climatisée, leur espace libre et leur choix de musique. Ils ne sauraient donc m’en vouloir d’avoir choisi moi aussi la quiétude, l’espace et un peu de ventilation, quoique pas de musique, pour mes déplacements. Après tout, je le fais pour ma santé et sans alourdir ce bilan carbone que nous voudrions tous réduire, mais sans faire d’effort. En prime, habillé en cycliste, j’arrive moins trempé que ces pauvres piétons qui se font éclabousser par des automobilistes insouciants, c’est le moins que l’on puisse dire. Alors si un de ces automobilistes « seul dans son char » préférerait me voir dans le métro, qu’il y aille, je lui ai déjà cédé ma place !

     
     
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