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    Libre opinion - Les hurluberlus sont de retour

    17 décembre 2012 |Martin Grégoire - Montréal | Actualités en société
    Tels des oiseaux migratoires qui auraient manqué de jugement, les cyclistes d’hiver sont de retour dans nos rues. En fait, ils ne les ont jamais quittées puisqu’ils roulent à longueur d’année par principe écologiste, par obstination ou par dépendance au sport. Ce qui les a quittés avec la première neige, par contre, c’est leur sens élémentaire de la courtoisie et leur capacité à bien comprendre le cadre routier.

    Depuis quelques années, le nombre d’irréductibles qui croient raisonnable de faire du vélo l’hiver se multiplie, situation frappante au lendemain d’une tempête ou les jours de verglas. Qui retrouve-t-on alors en plein milieu de la rue bloquant les automobilistes ou, pire, les autobus de la STM? Souvent, le piéton les rencontrera aussi sur des trottoirs aux dimensions restreintes, et il devra s’aplatir pour leur céder le passage.
     
    Est-il légitime qu’un cycliste bloque la voie à deux rangées d’automobiles sur Christophe-Colomb un mardi matin de tempête? Je ne crois pas. J’y vois plutôt un manque de civisme qui malmène la bonne entente routière, car, l’hiver, il n’y a pas de place dans la rue pour les cyclistes.
     
    En effet, les amoncellements de neige glacée de chaque côté des rangées de voitures stationnées (côté trottoir et côté rue) réduisent l’espace disponible dans les rues. De plus, la seule façon d’avancer à une vitesse acceptable l’hiver est de rouler dans les traces des automobiles, car seule la friction de leurs pneus permet de dégager entièrement l’asphalte. Quelle ironie: c’est le passage d’un grand nombre d’automobiles qui rend praticable le vélo hivernal! Et c’est la même raison qui place les cyclistes devant nos pare-chocs, car, déjà ralentis par le froid, c’est le seul endroit où ils peuvent avancer plus vite qu’un piéton — mais bien moins vite qu’une auto.
     
    Un partage raisonnable 

    Et maintenant, la question qui tue: quelle est votre réaction, chers cyclistes, lorsqu’un piéton vous bloque le passage sur une piste cyclable? Honnêtement? J’entends encore les drelin-drelin, les sifflets et les soupirs d’exaspération que vous émettez dans cette situation (et encore, vous pouvez contourner l’obstacle). Demandez-vous alors quel est le sentiment des automobilistes qui poireautent derrière vous pendant plusieurs intersections? Ils démontrent une grande civilité ou une complaisance gênée en ne klaxonnant pas alors qu’ils sont pris en otage par des concitoyens ayant décidé que la rue leur appartenait.
     
    Les glorieux cyclistes d’hiver imposent leurs principes ou leur dépendance aux autres usagers de la route. Des associations de vélos militent même en ce sens, faisant preuve d’un dogmatisme qui ne tient pas compte des conditions routières réelles. Les pistes cyclables, même multipliées, même déneigées, ne couvriront jamais qu’une fraction des rues et resteraient partiellement glacées. C’est dommage, mais le vélo l’hiver n’est pas praticable et devrait être interdit, même si l’hiver est doux, car les précipitations demeurent trop fréquentes et repoussent à chaque fois les cyclistes au milieu de la rue.
     
    Je suis un multi-usager de la route (métro-autobus l’hiver et bicyclette le reste de l’année au boulot, piéton de quartier et automobile pour les courses), et je crois au partage raisonnable de la route entre tous. Chacun doit faire des compromis, ce que l’automobiliste qui coule ses stops, le piéton-roi qui ignore tout le monde à une intersection et le cycliste incapable de ranger son vélo l’hiver ne comprennent pas.
     
    Comme pour tous les comportements excessifs, il faudrait intervenir avec des amendes surtout, j’insiste, en pleine tempête de neige ou de verglas. Un cycliste qui bloque un camion de déneigement, c’est la totale! Et le problème ne se règle pas en portant un casque, il est plutôt à l’intérieur du casque.
     
     
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