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    Un groupe de 13 personnalités demande à Québec de considérer avec plus de sérieux la révolution numérique

    16 novembre 2012 17h40 | Fabien Deglise | Actualités en société
    La lettre des 13 personnalités (PDF)
    Face au retard, la colère. Un groupe de 13 acteurs importants du Québec numérique a imploré vendredi le gouvernement Marois et les politiciens du Québec de faire preuve d’un peu plus d’envergure et d’audace en adoptant un plan pour sortir la province de son inertie en matière d’économie numérique et développement de la société du savoir.

    Dans une lettre ouverte, dont une copie a été envoyée au Devoir, ce groupe, qui se présente comme «le groupe de 13 étonnés» invite entre autre Québec à créer une Agence du numérique qui relèverait de l’Assemblée nationale, de mettre en place un «Conseil national du numérique», sur le modèle du Conseil supérieur de l’éducation, mais également de cesser d’investir à tous crins dans le béton et dans les avoirs, pour se concentrer d’avantage sur le savoir.

    «Aujourd’hui, nous investissons dans le passé en empruntant sur l’héritage que nous allons laisser à nos petits-enfants : leur futur, écrivent les signataires de cette lettre.

    Monique Savoie, fondatrice de la Société des arts technologiques (SAT), l’entrepreneur Sylvain Carle, le spécialiste en «expérience numérique», René Barcelo, le philosophe Hervé Fischer, le titulaire de la Chaire de l’Université de Montréal en droit de la sécurité et des affaires électroniques, Vincent Gautrais ou encore le défenseur du logiciel libre, Cyrille Béraud sont de ceux qui ont posé leur griffe au bas de la missive.

    «Le Québec glisse vers le bas dans l’échelle de la compétitivité parce que nos voisins, provinces et pays, se sont donné une vision d’avenir pour tirer collectivement tous les bénéfices des nouveaux modes de communication et de l’économie immatérielle sous la forme d’un Plan numérique», ce que le Québec n’a pas encore été capable de faire, selon eux, préférant plutôt, soulignent-ils, «tabletter» les nombreux rapports, du rapport Berlinguet en 1995 sur l’autoroute de l’information au rapport Gautrin sur la gouvernance 2.0 en 2012, recommandant fortement de baliser le virage numérique pour mieux le négocier.

    La lettre ouverte a été adressée personnellement vendredi à la première ministre Pauline Marois, mais également à François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Jean-Marc Fournier, chef intérimaire du Parti libéral et Françoise David de la micro-formation politique Québec Solidaire.

    Tout en les invitant à prendre conscience d’une société en mutation où la connaissance et l’information deviennent «notre matière première et [où] l’Internet [est désormais] la place publique où se prennent nos décisions», les 13 étonnés réclament également de Québec des investissements prioritaire dans le savoir, dans le déploiement de réseaux à très haute vitesse, tout comme la création d’un forum de participation citoyenne indépendant du gouvernement en s’inspirant du NESTA en Angleterre, un espace collaboratif et participatif mis au service des idées neuves et de l’innovation. Histoire de combler une carence.
     
     
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