À l’université - La coopération, ça s’apprend!
La CIDDHU a été fondée en 2005 par Bernard Duhaime, professeur à la Faculté de sciences politiques et de droit de l’UQAM, et sa collègue Carol Hilling.
À Montréal, deux universités francophones offrent des formations permettant aux étudiants de développer leurs connaissances théoriques et leurs compétences pratiques pour travailler dans des contextes liés au développement et à la coopération internationale.
«Il n’y a pas si longtemps, lorsqu’on voulait travailler en coopération internationale, la façon la plus commune d’y parvenir, c’était de faire des stages à l’étranger, se souvient Bernard Duhaime, professeur à la Faculté de sciences politiques et de droit de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Disons qu’il n’y avait pas une foule d’options. Aujourd’hui, il existe des formations qui permettent d’être mieux équipé pour travailler en coopération. À l’UQAM, par exemple, on a la Clinique internationale de défense des droits humains (CIDDHU). »
À la CIDDHU
Fondée en 2005 par M. Duhaime et sa collègue Carol Hilling, la CIDDHU est une activité universitaire qui existe parallèlement aux programmes de droit et de relations internationales et dans le cadre de laquelle sont entreprises diverses initiatives de promotion et de protection des droits de la personne, en collaboration avec des organisations non gouvernementales (ONG) établies un peu partout à travers la planète.
« La clinique, c’est en fait un cours qui s’adresse à des étudiants au baccalauréat en droit, à des étudiants au baccalauréat en relations internationales et droit international ainsi qu’aux étudiants à la maîtrise en droit international ou à la maîtrise en droit international et politique internationale. Dans le cadre de ce cours-là, on offre des séances dans lesquelles on enseigne certains aspects techniques, comme la défense des droits de la personne, la documentation de cas, les bonnes procédures lors d’entrevues avec des victimes, la présentation des audiences ou la rédaction des procédures écrites. On propose aussi des débats sur des enjeux éthiques, mais le cœur du projet, c’est vraiment de travailler sur des dossiers réels », précise M. Duhaime.
Ainsi, sous la supervision directe d’experts, de professeurs et d’avocats, une quarantaine d’étudiants par année effectuent des recherches, analysent des preuves, collaborent à l’élaboration de stratégies d’intervention avec des ONG et préparent des documents pouvant servir dans le cadre de recours internationaux.
Outre la CIDDHU, d’autres options sont offertes par l’UQAM aux étudiants intéressés par la coopération internationale. L’École des sciences de la gestion propose beaucoup de programmes comportant des volets internationaux très forts, notamment le baccalauréat en administration, la maîtrise en économie, qui offre des cours en économie du développement, ainsi que la maîtrise en gestion de projets, qui comporte un mémoire souvent orienté vers des questions de développement.
« Nous encourageons vivement nos étudiants à aller faire des séjours à l’étranger, parce que le voyage en soi est une université extraordinaire. Nous avons des partenariats avec de nombreux pays, dont plusieurs sont en voie de développement », confirme M. Stéphane Pallage, vice-doyen de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.
Pour un certificat
À l’Université de Montréal (UdeM), on offre un programme réellement ciblé sur la solidarité internationale, le certificat en coopération internationale. Conçu pour répondre aux impératifs de l’évolution de la coopération internationale, il est surtout tourné vers la pratique sur le terrain.
Conçu en trois blocs, le certificat comporte tout de même quelques cours techniques obligatoires permettant aux étudiants de mieux comprendre l’environnement de la solidarité internationale, de bien identifier ses acteurs et de bien cerner le type d’actions possibles.
« Ensuite, les étudiants doivent choisir, selon leurs sensibilités, quels sont les cours qui leur conviennent le mieux. Il peut s’agir de cours abordant la santé, l’économie sociale ou solidaire, les rapports hommes-femmes, la citoyenneté, etc. », explique Mme Carine Nassif-Gouin, responsable du programme.
Puis, les étudiants sont invités à terminer leur formation en choisissant des cours plus généraux dans les domaines de leur choix, que ce soit en politique, en communications ou en langues. À cela s’ajoute une activité d’intégration obligatoire : « Cette activité survient au terme de la formation. L’étudiant doit réaliser un stage ou un projet », affirme Mme Nassif-Gouin.
Pour s’inscrire au certificat en coopération internationale, les étudiants doivent avoir terminé un DEC et impérativement avoir cumulé une année d’expérience de travail ou de bénévolat. La plupart des inscrits mènent leurs études à temps partiel, mais il est aussi possible de les faire à temps plein.
« Les profils de nos étudiants sont très variés. Il y a des gens qui font de la coopération depuis 20 ans, comme des gens qui n’en ont jamais fait. On peut avoir un médecin qui a l’habitude de gérer le terrain et, à côté, un écrivain qui souhaite travailler en communications. Je dirais qu’un tiers des étudiants sont des jeunes qui n’ont que très peu d’expérience. Un autre tiers est constitué d’étudiants qui ont un bac ou une maîtrise et qui ont besoin d’une formation complémentaire pour se préparer au terrain. Le derniers tiers est composé de gens qui sont en réorientation professionnelle », confie la responsable du programme.
Et il existe toujours d’intéressants débouchés pour les diplômés. « La coopération est en période de transition, elle s’adapte, dit-elle. Il y a toujours des postes — évidemment, pas autant qu’on aimerait — mais il y en a. Il y a moins de débouchés dans la coopération traditionnelle, toutefois, ce qu’on trouve beaucoup, ce sont des stages et des développements de projets. »
La responsable ajoute que les étudiants qui ont le plus de facilité à se trouver un emploi sont en général ceux qui ont acquis plus d’une formation, puisque leur bagage est plus complet. « Lorsqu’ils ont des objectifs, qu’ils sont volontaires et stratégiques dans leurs démarches, conclut la responsable, les étudiants parviennent généralement à travailler dans le domaine qui les intéresse. »
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