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    Conseil québécois du loisir - Le loisir est un droit!

    Une recherche cible les 35 ans des rapports entre le monde du loisir et l’État

    20 octobre 2012 |Claude Lafleur | Actualités en société
    Le loisir est un droit inscrit dans les chartes au même titre que le droit à l’éducation et à la santé.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le loisir est un droit inscrit dans les chartes au même titre que le droit à l’éducation et à la santé.
    Peu de gens le savent, mais le loisir est un droit, un droit inscrit dans les chartes au même titre que le droit à l’éducation et à la santé. « Par conséquent, les gouvernements se doivent de financer le loisir », rapporte Sonia Vaillancourt, directrice au développement pour le Conseil québécois du loisir (CQL). Depuis 35 ans, d’ailleurs, soit depuis que le ministre du Loisir d’alors, Claude Charron, a mis en oeuvre une première politique en cette matière, le gouvernement du Québec donne un appui financier à une multitude d’organismes de loisir.

    En 35 ans, le financement s’est « inversé », rapporte Mme Vaillancourt, c’est-à-dire que, au départ, le gouvernement acquittait 80 % des coûts de fonctionnement des organismes à but non lucratif, alors qu’aujourd’hui ce n’est plus que 20 %.


    Pour comprendre ce qui s’est passé, le CQL a commandé une étude à des chercheurs universitaires sur les 35 ans des rapports entre les organismes nationaux de loisir (ONL) et l’État québécois. « Au départ, nous avons cherché à voir ce qui a porté fruit et ce qui n’a pas marché, relate Annie Camus, professeure à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Quelles sont donc les stratégies qui ont été les plus porteuses pour le milieu et celles qui ne l’ont pas été ? »


    L’intérêt de cette recherche réside dans le fait qu’il y a peu de secteurs du monde communautaire qui possèdent une si longue tradition de rapports avec l’État, souligne Sonia Vaillancourt.


    Le Conseil québécois du loisir regroupe les organismes nationaux qui couvrent un vaste éventail d’activités, dont le loisir culturel, scientifique, plein air, socio-éducatif, touristique, etc. Le CQL regroupe ainsi des organismes aussi variés que l’Association des camps de vacances, les regroupements de chorales et la Fédération de l’âge d’or.


    « Nous les représentons auprès des ministères — de l’Éducation, du Loisir et du Sport, de la Culture et des Communications, etc. — ajoute Sonia Vaillancourt. Nous soutenons également des projets collectifs comme la mise en place, récemment, d’un programme de formation d’animation en loisir et en sport, qui mène à l’obtention d’un diplôme d’aptitude aux fonctions d’animateur (DAFA) pour les animateurs de camps de vacances, de centres communautaires de loisir, le soir et les fins de semaine. »


    Comme directrice du développement au CQL, Sonia Vaillancourt a piloté la recherche sur les 35 ans des rapports entre les ONL et l’État. « Le but de la recherche était de satisfaire les besoins de nos membres, de voir s’il n’y a pas des choses qu’on pourrait refaire, mieux faire ou sinon adapter, pose-t-elle. Il s’agissait pour nous, compte tenu de notre historique, de planifier l’avenir. »


    « Ce qui est intéressant dans cette recherche, c’est de voir comment on réussit à construire des rapports entre un secteur communautaire et l’État, rapports qui sont pour le moins complexes », observe Annie Camus. Entre autres, l’étude « a permis au milieu du loisir de voir d’où il venait. Plusieurs ont ainsi constaté sur papier ce qu’ils avaient l’impression d’avoir vécu, relate la chercheure, c’est-à-dire, justement, beaucoup d’instabilité ! »


    Comme chercheure, elle s’intéresse particulièrement à la gestion des entreprises collectives (coopératives, OBNL, fondations, ONG, etc.). « J’ai beaucoup eu à me pencher sur les rapports avec l’État pour ce type d’entreprise », dit-elle. Le Département d’organisation et ressources humaines où elle enseigne a développé des formations de second cycle qui s’adressent spécifiquement aux cadres qui font carrière dans le milieu communautaire.


    Pour expliquer la complexité des rapports entre l’État et un milieu communautaire, on songe bien entendu à l’alternance des partis politiques qui ont gouverné le Québec ces 35 dernières années.


    Or, pour Annie Camus, ce n’est là qu’un des facteurs. « Bien sûr, c’est un facteur qui joue, mais ça ne se réduit pas à cela, insiste-t-elle. Plusieurs de mes études observent d’ailleurs la même chose. » Elle souligne qu’il y a clairement certains partis politiques qui sont plus ouverts que d’autres « à la production de biens et de services d’une façon autre que par l’entreprise privée, ce qui, bien sûr, joue sur l’importance qu’on accorde au financement des organismes communautaires ».


    Cependant, l’un des facteurs majeurs qui conditionnent les rapports avec l’État est les grandes tendances à l’échelle mondiale, les grands courants de pensée du moment. « Peu importe quel parti est au pouvoir, observe Mme Camus, lorsqu’on est dans une grande mouvance de réduction de l’interventionnisme de l’État, on constate que cela a un impact majeur sur la marge de manoeuvre du parti au pouvoir. »


    « Je dirais même que cela va au-delà de la situation économique du moment, ajoute-t-elle. C’est une façon de réfléchir l’État. Si donc la tendance générale est de réfléchir l’État comme un acteur économique qui doit réduire ses dépenses et ses interventions, on aura, qu’importe le parti au pouvoir, une contraction dans le soutien donné à l’accompagnement des organismes. »


    Il y a en outre le « facteur individuel », les gens en place à un moment donné. « Certains ministres, par exemple, ont eu un impact déterminant, observe Mme Camus, cela ne fait aucun doute, même si c’est plus difficile à formaliser et à généraliser. »


    Il y a enfin le facteur du « rapport de force » que peut établir le milieu communautaire avec l’État en faisant preuve d’organisation, de cohésion, de concertation et d’action commune. « Ainsi, rapporte la chercheure, lorsque tout le milieu du loisir s’est regroupé pour mener la campagne “ Coupe pas mon loisir ! ”, c’est le moment où les choses ont bougé ! De parvenir à établir un rapport de force est un important facteur d’influence », conclut-elle.



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