Fondation de l'Union des consommateurs - Des fonds pour garantir la protection du public
Joël Demers est devenu récemment le nouveau directeur de la fondation et il entend bien lui donner une nouvelle impulsion pour qu’elle soit capable de soutenir davantage, dans l’ordre d’importance, l’UC, ses membres et tout autre groupe.
Il retrace brièvement l’origine de cette fondation, qui remonte à 1990, au moment où les associations vouées à la consommation traversaient des périodes d’autonomie et d’intégration, comme elles en ont souvent connu. Et il cerne du même coup la mission des ACEF : « Elles portent une tradition qu’on peut situer à l’intérieur de trois volets, qui sont celui du dépannage et de la sensibilisation, d’un côté ; de l’autre, ce qui les distingue le plus clairement des autres groupes de consommateurs à travers le monde, c’est probablement cette volonté qu’elles ont d’essayer de changer la société ou le contexte social et économique. »
À partir de 2008, la fondation porte officiellement le nom de la Fondation de l’Union des consommateurs : « Ses activités sont conduites de façon assez passive. On recevait et on gérait des dons et des reliquats de recours collectifs, tout en s’occupant d’émettre des reçus de charité ; en même temps, il y avait quand même un certain travail de sollicitation qui a été effectué auprès de grandes fondations et d’organismes religieux, qui traditionnellement soutiennent les ACEF dans plusieurs cas. »
Changement d’orientation et stratégie déployée
M. Demers se remémore le changement qui s’est produit de décembre 2011 à janvier 2012 : « Le conseil d’administration s’est réuni et a opté pour une optique plus dynamique et plus marketing. »
Charles Tanguay, qui était alors responsable des communications auprès de l’Union, le recrute comme directeur de la fondation : « Il y a un mouvement de relance qui s’est produit. J’en suis arrivé aux mêmes conclusions que celles d’un consultant dans le domaine de la philanthropie, embauché un an plus tôt pour préparer un rapport sur l’état de la situation ; il constatait qu’il y avait un défi inhabituel à relever pour un organisme charitable, ce qui rendait la chose particulièrement intéressante pour moi. » Un défi de taille l’attend dans le détour.
Il explique pour quelles raisons : « Généralement, les fondations appuient des causes qui vont frapper l’imaginaire ou qui vont émouvoir facilement les gens, comme le montre l’aide apportée aux enfants malades, aux personnes âgées et aux démunis. Tel n’est pas notre cas. »
Tout en se lançant dans la préparation d’un plan d’affaires tenant compte de cette réalité, il fait face à une autre embûche : « La deuxième difficulté qu’on rencontre, c’est que, du côté de toutes les entreprises qui peuvent souvent soutenir des fondations, histoire de se donner une belle image corporative et pour toutes sortes de raisons du genre, il y en a plusieurs qui seraient naturellement peu portées à financer un organisme ou des groupes qui sont par nature voués à les critiquer, voire à les poursuivre. »
La fondation décide de cibler plutôt des gens susceptibles de s’intéresser aux activités de ses membres : « Par exemple, il y a des syndics ou des professionnels de la réorganisation financière et de l’insolvabilité, il y a des bureaux d’avocats et plus particulièrement ceux qui s’occupent des recours collectifs. »
Ce sur quoi Joël Demers dégage la principale ligne directrice de son plan : « Il faut viser le grand public, soit les consommateurs eux-mêmes. Il faut trouver le moyen de les rejoindre, de les toucher, de les animer et de faire en sorte que tout cela se concrétise par des dons. On sait que ce grand public est très sollicité de toutes parts par la consommation, mais aussi par toutes sortes d’oeuvres de bienfaisance ; il nous appartient de nous faire une niche dans cet immense marché. »
La fondation compte utiliser ces arguments de vente pour y arriver : « On a d’une part choisi l’axe de l’humour, ce que reflétera notre site web. On mise également sur les ACEF et l’Union : pour ceux qui les connaissent et qui sont dans le milieu, ils ont une réputation de professionnalisme, de respect des droits et de dévouement à leurs causes que je qualifierais d’immaculée ou de sans tache. Mais, là où le bât blesse, c’est que la notoriété n’est pas très grande ; dès que le mot “ consommateur ” est prononcé, il y a souvent confusion entre les divers groupes ou associations qui travaillent pour eux. »
La fondation s’attelle à la tâche
La Fondation passe à l’action dès à présent, assure le directeur : « On a presque complété la première phase du plan, qui est d’avoir notre propre site web complet qui est vraiment destiné au grand public ; il jettera notamment un éclairage sur les différentes organisations destinées aux consommateurs. » Il se montre réaliste : « On ne dispose pas de grands moyens pour mener des campagnes de publicité, mais, en partant de cet état de fait, on veut se faire connaître avec la collaboration éventuelle de têtes d’affiche et à travers des spectacles-bénéfices, on veut y arriver avec toutes les présences médiatiques dont on pourra profiter à titre gracieux. »
Il existe une autre avenue intéressante à emprunter pour gagner en notoriété : « On veut le faire par l’entremise d’une stratégie de collaboration avec les ACEF et l’Union ; dans toutes leurs communications à l’externe, on va s’entraider et on a tout un plan pour se donner de la visibilité ; on a par exemple conclu une entente en vertu de laquelle tous leurs documents qui s’en vont à l’extérieur comportent une petite mention quelque part pour signaler l’existence de la fondation. »
Il ne se berce pas d’illusions : « Pour que les gens fassent des dons, il faut d’abord qu’ils connaissent la fondation, qu’ils en entendent parler et qu’ils soient au courant de son existence ; par la suite, ils doivent considérer que c’est une oeuvre utile en la distinguant des autres. Ce mouvement-là existe maintenant depuis 50 ans avec des gens qui, depuis ce temps, se dévouent, se battent et, dirais-je, se désâment quotidiennement pour protéger la population et la faire avancer. Dans un deuxième temps, on doit expliquer au grand public pour quelles raisons on a besoin de son soutien financier. »
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