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    Violence policière - L’esprit de corps

    Oui, la présomption d’innocence existe. Avant de juger la policière Stéfanie Trudeau, il faut attendre le résultat de l’enquête que mènera le Service de police de Montréal sur son comportement lors des arrestations musclées qu’elle a effectuées le 2 octobre. Un jour, un comité de discipline la sanctionnera. C’est ainsi dans un régime de droit. Néanmoins, ses gestes et ses paroles n’en inspirent pas moins un vif sentiment de révolte chez les Montréalais. Impossible de penser qu’il n’y a pas eu fautes. Les images et les mots sont convaincants.

    Les défenseurs de la policière portant le matricule 728 diront qu’elle avait perdu le contrôle de ses gestes et ses paroles ce 2 octobre. Les policiers ne sont-ils pas des êtres humains qui réagissent comme n’importe quel individu devant la pression ? Non ! Sa réaction est porteuse de violence. Elle nous dit le mépris que peuvent avoir les policiers montréalais envers leurs concitoyens. Les traiter de rats et autres qualificatifs dégradants, tout en les agressant physiquement, est totalement inacceptable, peu importent les circonstances. On est à mille lieues de l’attitude de respect qu’un ancien ministre de la Sécurité publique avait souhaitée en invitant les policiers à vouvoyer les citoyens.
     
    Plus grave que l’attitude de la policière, qui pour sa défense invoquera certainement des circonstances atténuantes, est l’esprit de corps manifesté par ses collègues. Au moment de l’intervention, aucun de ses collègues ne l’a rappelée à l’ordre, comme on leur enseigne à l’École de police de Nicolet. Pas même son superviseur. Cela, même si on avait prévu un encadrement resserré pour le matricule 728 à la suite d’incidents survenus ce printemps dans le cours de manifestations. N’eût été la vidéo diffusée mercredi par Radio-Canada, personne n’aurait sans doute réagi au sein du corps policier. Dans sa réaction préliminaire, le porte-parole du Service de police, Ian Lafrenière, minimisait jeudi matin l’affaire en disant prématurée la suspension de la policière. Heureusement, le directeur du service, Marc Parent, a plus de jugement. Après avoir suspendu Stéfanie Trudeau, il a, chose rarissime, offert ses excuses à la population montréalaise pour les propos « inacceptables et intolérables » qu’elle a tenus. Merci, Monsieur Parent.
     
    On recense au fil des années de nombreux cas de violence policière. Chaque fois, l’esprit de corps fait son œuvre. On attend que le citoyen porte plainte et s’il y a enquête, cela dure des mois et des années pour aboutir à des sanctions la plupart du temps lénifiantes. Après, on se demandera pourquoi cette méfiance des citoyens envers les policiers.
     
     
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