Du 9 au 12 octobre 2012 - Une semaine en l’honneur des professionnels
«À l’origine de cette semaine, rappelle Jean-François Thuot, directeur général du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), il y avait le désir de corriger une perception que certaines personnes pouvaient avoir à l’égard du système professionnel québécois. Trop de personnes croient à tort que les ordres professionnels existent pour protéger leurs membres. Mais c’est tout le contraire. Les ordres professionnels existent pour protéger le public. »
Non seulement protègent-ils l’intérêt des personnes qui font appel aux services des professionnels, mais les ordres professionnels permettent de sanctionner les professionnels qui dérogent à leurs obligations. « Être membre d’un ordre professionnel est un privilège et porter un titre professionnel entraîne une responsabilité, celle d’agir de façon responsable et de respecter les exigences et les obligations de son ordre professionnel. Une faute commise par un professionnel peut être sanctionnée par son ordre. C’est non seulement une façon de garantir auprès du grand public la compétence des professionnels, mais aussi de permettre au grand public de tenir les professionnels responsables de leurs gestes. »
L’apport des professionnels
Mais la Semaine sert aussi à souligner l’apport des professionnels à la société québécoise. « C’est une façon de leur rendre hommage. Il y a au Québec 357 000 personnes qui sont membres d’un ordre professionnel et elles posent chaque année des millions d’actes professionnels dans tous les secteurs de la société québécoise, dont certains des plus importants. » Rappelons que le Québec compte 44 ordres professionnels régissant 51 professions. Une 52e profession, celle des technologues en électrophysiologie médicale, sera bientôt intégrée au système professionnel québécois. Les ordres professionnels québécois sont encadrés par l’Office des professions du Québec et régis par une loi, soit le Code des professions.
La Semaine des professionnels, qui entre dans la stratégie de communication du Conseil interprofessionnel du Québec, semble porter fruit, si on en juge par un sondage réalisé par la firme CROP pour le compte du CIQ. Ainsi y apprend-on que le taux de satisfaction du public envers les professionnels est plutôt élevé : 55 % des répondants se disent très satisfaits et 43 % assez satisfaits. On y apprend aussi que 93 % des répondants ont fait appel aux services d’un professionnel au cours de deux dernières années. Et que seulement 9 % ont communiqué avec un ordre professionnel pour porter plainte envers un membre. Le sondage démontre aussi, ce qui ne surprendra guère personne, que les professionnels les plus consultés sont ceux de la santé.
Plutôt que de s’éparpiller en divers événements répartis sur plusieurs dates, le CIQ a choisi cette année d’organiser un seul événement d’envergure, qui se tiendra le 11 octobre de 8h30 à 14h30 au Centre des sciences de Montréal. « Le thème retenu est « Le Québec en 2012 ». La question que nous posons est la suivante : quelles sont les valeurs émergentes de la société québécoise et quel sera l’effet de ces dernières sur les ordres professionnels ? Nous nous intéressons non seulement à l’évolution de nos professions, mais aussi à l’évolution de la société dans son ensemble. »
La première conférence portera donc sur ces valeurs émergentes et sera présentée par Sylvain Gauthier, vice-président de la firme CROP. Une discussion autour de ces valeurs émergentes suivra et mettra à contribution les lumières d’un groupe composé de Diane Bérard, chroniqueuse au journal Les Affaires, Gyslaine Desrosiers, présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Nicolas Plourde, bâtonnier du Québec, et Michel Venne, directeur de l’Institut du Nouveau Monde.
Une seconde discussion sous le thème de « Faut-il craindre la professionnalisation ? » réunira Jean Charest, directeur de l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal, Julien Prud’homme, du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie de l’UQAM et auteur du livre Professions à part entière, et Jeanne Simard, avocate et administratrice agréée au Laboratoire de recherche et d’intervention en gouvernance des organisations de l’UQAC. La clôture de l’événement a été confiée à Claude Montmarquette, président-directeur général du CIRANO, et Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec. Les deux hommes aborderont les défis postélectoraux du Québec en matière économique.
La relève
La relève ne sera pas en manque, parce que le CIQ fait coïncider la Semaine des professionnels avec le Salon national de l’éducation. « On organise une allée des professions où une quinzaine de professions ont des kiosques. Cela permet aux jeunes de 15 à 18 ans de mieux connaître certaines professions. » La relève ne se situe pas uniquement du côté des jeunes étudiants, mais aussi du côté des personnes immigrantes. « Des quelque 45 000 personnes immigrantes qui arrivent au Québec chaque année, environ 4000 font une demande de reconnaissance auprès des ordres professionnels. Et le taux d’acceptation est plus élevé qu’on ne le pense. »
La Semaine des professionnels est-elle appelée à évoluer ? « Elle est maintenant bien accueillie par nos membres, qui la considèrent déjà comme une tradition. Nous en ferons un bilan sous peu et nous produirons un nouveau plan de communication. On veut accroître la visibilité du CIQ et la Semaine est peut-être appelée à prendre de l’expansion. »
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