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Des femmes autochtones dénoncent le Plan Nord

Peu importe le montant des ententes prises avec les Premières Nations dans le cadre du Plan Nord, l’argent ne nourrit pas les enfants, non plus qu’il ne préserve la culture et les territoires ancestraux, dénoncent des femmes autochtones.

« Le Plan Nord, c’est un plan diabolique », lance carrément la militante mohawke Ellen Gabriel. Aux côtés des Innues Denyse Jourdain et Élyse Vollant, elle a dénoncé le Plan Nord lors d’une conférence vendredi à l’Université Concordia.


« On nous demande toujours le prix de nos droits. Pour moi, ça n’a pas de prix, dit Mme Gabriel. J’espère que Pauline Marois ne prendra pas le même chemin que Jean Charest. » Elle dénonce les ententes, qui laissent les femmes de côté. « Nous ne pouvons pas donner de l’argent à manger à nos enfants quand ils ont faim. » Elle ajoute que le développement des territoires nordiques suscite également son lot de violence et de crimes sexuels envers les femmes.

 

Gardienne du territoire


« Je suis Innue, mais je ne suis pas propriétaire ni vendeuse, je suis une gardienne du territoire », dénonce Denise Jourdain, une mère de huit enfants qui a marché de sa communauté sur la Côte-Nord jusqu’à Montréal à l’occasion du Jour de la Terre pour dénoncer le Plan Nord.


« Quand j’ai vu tous les sites miniers potentiels, j’ai vite compris que le barrage de La Romaine allait servir à alimenter les compagnies minières », raconte Élyse Vollant. Toutes deux issues de la communauté d’Uashat Mak Mani-Utenam, Denise Jourdain et Élyse Vollant ont été emprisonnées en mars pour avoir participé au blocus de la route 138 qui a empêché l’accès au chantier de La Romaine pendant quelques jours, à Maliotenam, à l’est de Sept-Îles. Vendredi, avec quelques dizaines de personnes, elles ont également manifesté pendant que se tenait l’événement « Positionnez-vous sur l’échiquier du Plan Nord » au centre-ville de Montréal.


Pour Mme Vollant, les redevances proposées à sa communauté par Hydro-Québec pour la construction d’une ligne à haute tension sont ridicules. « Est-ce que c’est ça que ça vaut, l’air qu’on respire, l’eau qu’on boit, 1,25 $ par jour par personne pendant 50 ans ? », demande-t-elle. « Malgré deux refus référendaires, Hydro-Québec continue les travaux, a-t-elle dénoncé, très émue. Allons-nous léguer une autre lutte de 50 ans à nos enfants ? Le Plan Nord va détruire le territoire, il va changer la couleur des rivières. »

 
 
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