Anarchopanda en soutien à Pussy Riot
C’est un Anarchopanda cagoulé de laine, à l’image des membres du groupe russe Pussy Riot, qui a mené la manifestation d’appui aux trois punkettes emprisonnées à Moscou pour avoir critiqué le régime de Vladimir Poutine et l’Église orthodoxe russe.
Aux grands cris de « Free Pussy Riot ! », Montréal s’est jointe hier au mouvement international de soutien au collectif féministe russe. Les protestataires ont demandé la libération des trois membres de Pussy Riot, emprisonnées depuis le mois de mars pour avoir demandé à la Vierge Marie de les délivrer du président Vladimir Poutine, lors d’une manifestation éclair organisée dans la cathédrale Christ-Sauveur à Moscou.
Quelques centaines de personnes ont répondu à l’invitation d’Anarchopanda, la célèbre mascotte du mouvement étudiant, à se masser aux portes du consulat général de la Fédération de Russie.
Chaleur et humidité obligent, Anarchopanda n’arborait que la tête du câlin mammifère. Mais quelle tête ! Sa nouvelle caboche turquoise a été tricotée par Maille à part, le collectif qui recouvre Montréal de « tricots-graffitis » aux couleurs des luttes sociales de l’heure, et qui a revêtu le ciboulot de plusieurs manifestants de cagoules multicolores, à l’instar de celles portées par les punkettes russes.
Dans l’avenue du Musée, la cause de Pussy Riot — opposé notamment à la collusion entre l’État russe et l’Église orthodoxe — s’est vue amalgamée à l’opposition à Vladimir Poutine. Des manifestants ont brandi les drapeaux des rebelles syriens pour décrier l’impuissance du Conseil de sécurité de l’ONU à sanctionner le régime de Bachar al-Assad, à cause du veto imposé par Moscou et Pékin.
L’intention des protestataires n’était pas d’interpeller les diplomates russes. « On ne rentrera pas dans le consulat, qui n’est qu’un lieu symbolique pour se rassembler », a assuré monsieur Panda. « Notre but est de montrer au groupe Pussy Riot qu’on est derrière lui et avec la population russe qui subit bien d’autres formes de répression. Par notre marche, on espère informer d’autres citoyens pour qu’ils aillent signer les pétitions comme celle d’Amnistie internationale », a expliqué le velu distributeur d’affection.
Après une demi-heure de harangues et de slogans, les manifestants ont porté leur message dans la rue, sans itinéraire déclaré mais sous l’œil tolérant des policiers. La manifestation s’est terminée dans le calme à la place Émilie-Gamelin vers 20 h.
Québec-Russie,même combat
Le sort de Nadezhda Tolokonnikova, Maria Alyokhina et Yekaterina Samutsevich, qui ont entamé aujourd’hui le troisième jour de leur procès, interpelle particulièrement Anarchopanda, qui est convaincu que la cause de Pussy Riot rejoint celle du mouvement étudiant : « C’est un combat similaire contre l’obscurantisme et pour la liberté d’expression. Une solidarité internationale s’est développée autour de ces trois femmes et il ne faudrait pas que Montréal soit laissée pour compte, surtout lorsque l’on considère nos propres difficultés à exprimer certaines idées sur certaines lois », glisse-t-il à mi-mot à propos de la loi spéciale et du règlement antimasque.
Les initiatives battent leur plein de par le globe pour contester cet emprisonnement « préventif » devenu le symbole d’une lutte pour la liberté d’expression.
Lorsque Vladimir Poutine a atterri à Londres hier, il y a trouvé une lettre ouverte que lui avaient adressée 12 musiciens britanniques — dont Pete Townshend, ex-The Who —, qui dénoncent cette menace « hors de proportion » au nom d’une accusation « grotesque ». Si le président a déclaré hier que les punkettes ne doivent pas « être jugées trop sévèrement », celles-ci s’exposent à une peine de sept ans de prison et à la perte de droits parentaux pour « vandalisme en bande organisée ».








