Le fou du roi
Chaque été, lorsque je débarque à Montréal, je tombe sur le festival Juste pour rire. Et quand j’écris « je tombe », je veux bien dire « tomber », comme dans « tomber de haut ». J’ai chaque fois l’impression que cette foire du rire a privatisé la moitié de la ville. J’imagine le jour où les douaniers m’accueilleront à Dorval avec un nez de clown, un gros rire bien gras et un petit bonhomme vert imprimé sur les formulaires de douane. Je suis toujours surpris de découvrir les centaines de pages que consacre une certaine presse, le plus souvent complaisante, à un événement qui, partout ailleurs, serait traité sur le mode mineur. Et je ne parle pas des heures et des heures de télévision qui sont autant de publicités gratuites destinées à estourbir le consommateur.
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