D’autres options pour se loger en ces temps de pénurie
Richard et Maurice sont tous deux logés par l’organisme Chambre Clerc, au centre-ville de Montréal.
Trois histoires (vidéos)Chez soi, un web documentaire de l'Office national du film
La liste d’attente pour un HLM fait 20 895 ménages à Montréal, selon le plus récent relevé de l’Office municipal d’habitation de Montréal. De deux à trois mille logements seulement se libèrent chaque année. Dire que l’attente est parfois longue relève de l’euphémisme. Un système de points complexe détermine l’ordre de priorité.
L’option HLM n’est pas toujours indiquée pour mettre fin à l’itinérance. Encore faut-il avoir ses cartes d’identité. « C’est inquiétant que le fédéral n’investisse pas dans le logement social », affirme Marjolaine Despars, porte-parole du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).
Disséminées dans la ville, il existe également des maisons de chambres, supervisées ou non, communautaires ou privées, qui peuvent accueillir des itinérants désireux de mettre fin à l’errance.
Au centre-ville de Montréal, Richard habite dans ce genre d’installation. L’organisme Chambre Clerc loue 41 chambres dans trois bâtiments différents. Dans la maison qu’il habite depuis 9 ans, Richard, par exemple, peut compter sur la présence d’intervenants et dispose d’une chambre meublée avec le câble pour environ 350 $ par mois.
La directrice de l’endroit, Isabelle Leduc, explique que les locataires doivent faire preuve d’un minimum d’autonomie pour que l’hébergement soit un succès. On ne les oblige pas à arrêter de consommer ou à voir un psychiatre. « On est vu comme un endroit où les gens peuvent arriver moins prêts », explique Mme Leduc, mais parfois, les futurs locataires sont trop désorganisés. « On garde leur nom… »
Mais la maison n’a pas accueilli de nouveaux locataires depuis un an, faute de places. Isabelle Leduc raconte avoir dû renoncer à une importante subvention, car elle était incapable de trouver un site pour une nouvelle maison ou un terrain à acquérir. « Tout ce qui se construit, c’est du condo de luxe. C’est eux, les itinérants, qui étaient au centre-ville en premier, et on les chasse », soupire-t-elle.
Elle souhaite maintenant voir se concrétiser l’ouverture de 32 studios supervisés à prix modique dans un ancien couvent, en périphérie du centre-ville. Selon elle, la formule « chambres communautaires » prévient l’isolement. « Et l’isolement ramène souvent à la rue », estime Isabelle Leduc.
Le problème de l’itinérance étend ses tentacules bien au-delà du centre-ville. Dans Hochelaga-Maisonneuve, le Carrefour d’alimentation et de partage (CAP) Saint-Barnabé inaugurera à l’automne, si tout va bien, une maison de 14 chambres à prix modique pour femmes. Le CAP administre déjà une maison de chambre pour hommes et une autre pour des personnes atteintes de troubles de santé mentale. Et souhaite aussi transformer une église en refuge avec douches et un répit pour les prostituées du quartier.
Mais pour que l’atmosphère dans les maisons de chambres reste saine, « ça prend des gens assez autonomes », idéalement sobres, explique la directrice du CAP Jeannelle Bouffard.
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Un projet novateur
Un projet de recherche-action fédéral piloté par la Commission de la santé mentale du Canada
Durée : novembre 2009 à mars 2013
5 sites : Montréal, Toronto, Vancouver, Winnipeg et Moncton
Budget : 110 millions de dollars, dont 800 000 pour le projet de l’Office national
du film
Participants : 1030 personnes logées, autant dans le groupe témoin qui eux reçoivent les services existants dans leur communauté
70 % des participants sont des hommes
90 % ont au moins une maladie physique chronique
82 % vivaient dans la rue et 18 % dans les refuges avant le début du projet
En février 2012, 72 % des participants logés occupaient toujours leur logement
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Le volet montréalais
180 personnes dans le groupe témoin
284 participants de 23 à 75 ans ont été recrutés pour le logement :
231 sont toujours logés
11 sont morts
3 n’ont jamais accepté un logement
2 ont quitté le projet
4 sont en prison
5 sont introuvables
12 doivent être relogés
16 sont actuellement hors de Montréal, hospitalisés ou injoignables pour diverses raisons
Avant d’être logés:
33% souffraient de dépression clinique
47 % souffraient de troubles psychotiques
11% avaient des troubles de manie/hypomanie
62 % avaient une dépendance aux drogues ou à l’alcool
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L’appréhension de mars 2013
Depuis quelques semaines, Jessica Sotto, de l’organisme Diogène, observe que l’anxiété des participants a monté d’un cran : ils voient poindre la fin du projet, en mars 2013, avec appréhension.
Pourront-ils rester dans leur logement ? Garder leur intervenant, avec qui des liens se sont tissés ? Impossible de savoir si le financement sera reconduit. Proactive, la psychiatre du projet, la Dre Marie-Carmen Plante, a commencé à préparer les dossiers pour les transférer aux différents centres hospitaliers des quartiers où vivent les participants. « On ne laissera personne entre deux chaises ! », assure-t-elle.
Les intervenants ont aussi aidé les participants qui le souhaitent à remplir des demandes pour obtenir qui un logement communautaire, qui une place dans un HLM, selon leurs désirs et leurs besoins.











