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Lettre - Suicide et intimidation

11 juillet 2012 | Meggie Labelle St-Pierre, B.T.S. - Le 9 juillet 2012 | Actualités en société

Je suis choquée de constater que le coroner Jean-François Dorval n’a formulé aucune recommandation particulière relativement au suicide de la jeune Marjorie Raymond. Le rapport du coroner a été résumé dans les médias la semaine dernière, comme si ce dernier avait fait une trouvaille éclairante en affirmant que de multiples facteurs ont conduit l’adolescente à se suicider en novembre dernier. Vraiment ? (Notez ici un certain sarcasme.) Vous voulez dire que cette élève de 15 ans n’était pas enjouée, ni bien dans sa peau ou impliquée au sein de son école dans les mois, voire les années avant qu’elle réussisse à se donner la mort (après plusieurs tentatives) ?


Le Journal de Québec avance même que la famille de la jeune identifiée comme étant l’intimidatrice de Marjorie Raymond est « blanchie et soulagée » que les conclusions du coroner déresponsabilisent celle que beaucoup ont jugée coupable du drame. Je comprends bien sûr ce soulagement, mais est-ce que la complexité (évidente) de cet événement tragique justifie que tous s’en lavent les mains sans se poser plus de questions ?


Certes, Marjorie Raymond n’allait pas bien : mal de vivre, problèmes d’estime de soi, difficultés d’intégration, peine d’amour, absentéisme scolaire, opposition à l’autorité, consultations répétées auprès de l’intervenant social de son école, etc. Oui, elle a refusé le soutien psychologique proposé par sa directrice. Et qu’est-ce que ces éléments nous apprennent ? Formulés ainsi, peu de choses. Toutefois, il faut considérer que ces problèmes étaient très certainement en interrelation, et ce, tout particulièrement avec l’intimidation que l’adolescente subissait depuis longtemps à l’école. En d’autres mots, une telle liste de facteurs ne distingue pas les causes et les effets, qu’est-ce qui est à l’origine de quoi…


Le rapport du coroner conclut que l’intimidation ne saurait expliquer à elle seule le suicide de Marjorie Raymond. C’est vrai. D’un autre côté, l’adolescente serait peut-être encore parmi nous aujourd’hui si ce problème avait été résolu autrement. Nous ne le saurons jamais. Il n’en demeure pas moins que des recommandations s’imposent afin de s’assurer collectivement que l’intimidation ne puisse plus agir comme la goutte qui fait déborder le vase. Bref, pour que Marjorie Raymond ne soit pas morte pour rien.


***
 

Meggie Labelle St-Pierre, B.T.S. - Le 9 juillet 2012

 
 
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