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Grève à la CCQ - La FTQ Construction demande une intervention de la ministre

La FTQ-Construction demande à la ministre Lise Thériault d'intervenir, et le syndicat n'exclut pas d'exiger la démission de Diane Lemieux, présidente de la Commission de la construction, qu'on voit ici à droite de la ministre, en octobre dernier. <br />
Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot/Archives La FTQ-Construction demande à la ministre Lise Thériault d'intervenir, et le syndicat n'exclut pas d'exiger la démission de Diane Lemieux, présidente de la Commission de la construction, qu'on voit ici à droite de la ministre, en octobre dernier.

Après avoir reçu plusieurs centaines de plaintes d’ouvriers de la construction qui n’ont toujours pas reçu leur indemnité de congé, après avoir entendu les doléances d’ouvriers qui se sont vu refuser des remboursements d’assurance pour des médicaments, la FTQ-Construction a écrit hier à la ministre du Travail, Lise Thériault, pour lui demander d’intervenir dans le conflit qui sévit à la Commission de la construction.


« On va commencer par lui demander d’intervenir. On lui a demandé verbalement, là on va lui demander par écrit. Ça, c’est la première étape. Mais je peux vous dire que la mèche, elle n’a pas huit pouces de long », s’est exclamé le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, en entrevue.


Le dirigeant syndical n’exclut pas de demander carrément la démission de la présidente de la Commission de la construction, Diane Lemieux, si les problèmes soulevés ne sont pas réglés d’ici peu. « Si la réponse ne vient pas vite, il va y avoir une deuxième lettre et elle va être un peu plus directe que celle-là », a-t-il prévenu.


Le conflit de travail des 600 employés de la Commission de la construction du Québec, notamment des employés de bureau, a cours depuis plus d’un mois et entraîne des répercussions de tous ordres pour les ouvriers. Par exemple, M. Ouellet affirme que la grève qui perdure entraîne des délais dans la réception des chèques d’indemnités de congé pour plusieurs centaines, voire un millier d’ouvriers qui ont déménagé. Ces ouvriers doivent partir en vacances le vendredi 20 juillet.


Informée du problème, Mme Lemieux avait déjà assuré que ces chèques avaient été postés le 21 juin et avait invité les ouvriers à patienter jusqu’au 3 juillet, à cause des délais postaux.


Auparavant, lorsqu’ils ne recevaient pas leur chèque ou qu’il y avait un problème, ces ouvriers se plaignaient par téléphone à la Commission, qui rectifiait le tir. Mais à cause du conflit de travail, ces appels tombent dans une boîte vocale téléphonique et ne peuvent être traités rapidement, soutient M. Ouellet.


À la Commission, le porte-parole, Louis-Pascal Cyr, réplique que « 85 % de ces chèques ont été encaissés », mais admet qu’il peut y avoir des problèmes pour une minorité. « Cette année, à cause du conflit, on a fait une procédure particulière, différente des années passées. Sur le site Web, on a mis une adresse de courriel pour que les gens nous laissent un message, ainsi qu’un numéro de téléphone avec une boîte vocale », explique M. Cyr. Il admet que la semaine dernière seulement, la Commission a reçu 270 messages dans cette boîte vocale.


Pour les remboursements d’assurances avec leur compagnie, Médic-Construction, des ouvriers se plaignent aussi de problèmes pour les médicaments, les traitements chez le dentiste ou les lunettes, indique M. Ouellet.


M. Ouellet rapporte qu’auparavant, pour un traitement chez le dentiste, il suffisait d’inscrire le code de la carte d’assurance de l’ouvrier et la réponse, dit-il, était « automatique ». Maintenant, lorsqu’il y a refus ou qu’il faut éclaircir certains aspects, le dossier tarde à être réglé et l’ouvrier doit payer le dentiste et attendre avant d’être peut-être remboursé.


Le dirigeant syndical rapporte le cas plus sérieux d’un ouvrier confronté à des centaines de dollars par mois de médicaments pour le cancer, dont le remboursement tarde.


À cela, M. Cyr répond qu’il faut souligner à la Commission les cas urgents. « Dans les cas où il y aurait des situations exceptionnelles humanitaires, on demande aux gens de porter ces situations-là à notre attention. Et la meilleure façon de le faire, c’est par écrit, sur le site Web de la commission, et de bien préciser que c’est une situation d’urgence.»


De façon générale, la Commission admet que la grève de ses employés a des répercussions, mais affirme faire tout ce qu’elle peut pour en atténuer les effets néfastes. « C’est sûr qu’il y a des délais ; on ne peut travailler de la même façon avec 600 personnes en moins », commente M. Cyr.


Il reste que devant tous ces ennuis et retards pour les ouvriers, M. Ouellet demande à la ministre Thériault d’intervenir le plus rapidement possible dans le dossier.


La FTQ-Construction représente plus de 70 000 ouvriers de la construction au Québec.


 
 
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