Itinérance - Des compressions dictées par une idéologie
Attribuée dans le cadre de la Stratégie de partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI), cette aide était destinée à soutenir l’action du RAPSIM en faveur de la sauvegarde des maisons de chambres, du logement social, de l’accès aux services, du réseautage du milieu et de l’identification des besoins.
Depuis 2001, le programme fédéral de soutien aux organismes oeuvrant en itinérance contribue à des actions variées et utiles pour soulager et prévenir l’itinérance. Grâce à la SPLI, des refuges et ressources d’hébergement ont amélioré leurs services et installations, plus de 900 logements sociaux ont été réalisés en maillage avec d’autres programmes, des groupes comme L’Itinéraire et Cactus ont pu se relocaliser.
Les organismes reçoivent une contribution de la SPLI pour le travail d’accueil, d’accompagnement et de défense des droits. En douze ans, jamais le gouvernement fédéral n’avait refusé d’apporter son soutien aux projets que les communautés locales avaient retenus… Jamais avant le RAPSIM. Pourtant, le projet du RAPSIM était passé par toutes les étapes, d’un comité local d’analyse à un comité fédéral-provincial.
Une pertinence reconnue
L’aide que le RAPSIM devait continuer de recevoir du gouvernement fédéral était destinée à une action dont la pertinence est largement reconnue par les personnes et les organismes du milieu, par la Ville de Montréal, par les élus de l’Assemblée nationale et par tous les partis d’opposition à Ottawa.
Ce qui a amené ce refus, c’est davantage le rôle de porte-parole que le RAPSIM joue, portant les besoins des groupes travaillant en itinérance. Depuis sa réélection majoritaire, le gouvernement conservateur a accentué ses coupes aux organismes émettant des critiques, soulevant des problèmes et mettant en avant des solutions. Le RAPSIM rejoint un éventail large de groupes de femmes, de groupes environnementaux et de solidarité internationale ainsi que plusieurs autres voix de la société civile qui ont subi les compressions d’Ottawa.
Le 14 février dernier, à l’approche du budget, le RAPSIM était au coeur d’une mobilisation demandant au gouvernement d’accroître le budget de la SPLI et le soutien au logement social. Alors que l’itinérance est en croissance, devrait-on se taire ? Ce n’est pas pour demeurer silencieux que l’Accueil Bonneau, la Maison du Père et d’autres groupes ont créé le RAPSIM il y aura bientôt 40 ans. C’est pour porter les besoins du milieu de l’itinérance, un réseau qui compte aujourd’hui 95 organismes membres.
Faire face au recul
Malgré l’intervention du gouvernement du Québec, l’appui quasi unanime des organismes du milieu, de la Ville de Montréal et de nombreux élus, le RAPSIM n’a pu faire annuler la décision fédérale pour l’instant. Si le soutien manifesté au regroupement est fort, il ne change pas le caractère injuste d’une décision qui inquiète, à raison, beaucoup d’organismes.
Dans une intervention en Chambre à la suite de la coupe du RAPSIM, la députée néodémocrate d’Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, s’adressait à la ministre Diane Finley en disant « Is it your way or no way ? » Pour l’instant, il semble bien que oui.
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Pierre Gaudreau, Coordonnateur du RAPSIM; Marjolaine Despars, Coordonnatrice adjointe du RAPSIM








