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    Normes internationales - Le français, ça s’impose !

    « Il faut avoir un espace économique francophone dynamique »

    16 juin 2012 |Claude Lafleur | Actualités en société
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    Ce n’est un secret pour personne que l’utilisation du français dans les instances internationales est en recul. Mais ce qu’on sait moins, c’est que, pour contrer cette tendance, la francophonie s’organise. C’est ainsi que, à l’initiative du Québec et de la France, le Réseau normalisation et Francophonie a été créé en 2007. Celui-ci regroupe des organismes nationaux de normalisation et de promotion de la qualité en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique.

    « Le Réseau normalisation et francophonie a été mis sur pied pour donner une chance à la langue française, qui est en constante diminution dans les travaux internationaux, confirme Jacques Girard, président du Réseau normalisation et francophonie (RNF). C’est plus particulièrement le cas en matière de normalisation, où tout se passe maintenant en anglais. » Notons que M. Girard est également le directeur du Bureau de normalisation du Québec, l’instance qui s’occupe pour nous de la certification des produits, des processus, des services et des personnes, ainsi que de celle des systèmes de gestion de la qualité et environnementale, de même que de l’accréditation des laboratoires d’analyse.


    Or, dans un monde de plus en plus mondialisé, l’élaboration de normes internationales revêt un caractère hautement stratégique.


    « Lorsqu’on pense à la normalisation, poursuit Jacques Girard, on pense bien entendu à la normalisation industrielle : la grosseur des boulons, la grandeur des fenêtres et des pièces de bois qui entrent dans la construction, etc. Mais il y a bien davantage », dit-il en mentionnant les normes qui régissent les services financiers ou le drainage agricole. Il y a aussi les normes cernant les bonnes pratiques de la part des ouvriers et artisans qui font des travaux et celles à caractère social touchant par exemple la conciliation travail-famille. De même, il y a des normes en santé en entreprise, sans oublier celles qui guident le commerce international, dont la salubrité des aliments.


    Or, avant la mise en oeuvre du Réseau normalisation et francophonie, « tout ce que nous avions, c’étaient des traductions françaises de documents, une fois ceux-ci terminés, observe M. Girard. La participation des francophones à l’élaboration des normes internationales était défaillante… » Le réseau cherche donc à favoriser la participation des experts francophones aux travaux d’élaboration des normes internationales. « Nous élaborons également des terminologies communes, ajoute-t-il, la normalisation contribuant de ce fait à l’enrichissement de la langue française. »


    Responsabilité sociétale


    L’adoption de normes touche bien davantage que les activités du commerce. Jacques Girard cite ainsi l’exemple très stratégique des normes adoptées récemment en matière de responsabilité sociétale que devront respecter les entreprises en ce qui concerne le développement durable. « Tout au long des travaux d’élaboration de ces normes, les experts des pays francophones ont produit des documents qui ont alimenté le


    Bien que le Réseau existe depuis cinq ans, son président n’a nullement la prétention d’avoir renversé la tendance au déclin de l’utilisation du français sur la scène internationale. « Toutefois, je dirais que l’Organisation internationale de normalisation est désormais beaucoup plus sensible à la publication de documents en français, observe-t-il. Je vous dirais aussi que le secrétaire général et son personnel sont désormais très sensibles à l’existence d’une communauté francophone bien établie et qui s’attend à avoir des services dans sa langue. »


    En outre, il se fait bien davantage de formation en langue française maintenant pour les francophones. « Auparavant, souligne M. Girard, c’était peut-être 1 % de la formation qui pouvait se faire en français - et souvent avec des documents anglais - alors que, maintenant, la documentation est disponible en français et les formations se font en français un peu partout, ce qui est très apprécié. »

     

    Un espace économique profitable


    À ses yeux, le Forum de la langue française importe beaucoup, puisque, dit-il, « il montre la vivacité et la vitalité de la langue française à travers le monde ». Ce Forum pourrait même marquer une certaine évolution dans la francophonie. « On perçoit souvent l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) comme un organisme principalement voué aux questions culturelles, dit-il. De notre côté, nous cherchons à ajouter un volet économique, puisque les normes sont au coeur des échanges économiques. »


    Dans le cadre du Forum, ses collègues et lui participeront à deux ateliers qui traiteront principalement du rôle des réseaux de professionnels. « L’OIF se préoccupe désormais davantage des associations professionnelles francophones, les avocats, les comptables, les arpenteurs-géomètres, les infirmiers et infirmières, indique Jacques Girard. Et c’est là un volet très intéressant car, puisque ces gens-là exercent souvent des professions payantes, pourquoi ne pas constituer un espace francophone favorable à la mobilité de la main-d’oeuvre ? », demande-t-il.


    C’est ainsi que, dans le cadre du Forum de la langue française, on tentera de faire progresser l’idée d’un espace économique francophone pour la jeunesse. « Nous pensons que ce volet est important pour la survie de l’espace francophone, indique M. Girard. Il faut que la Francophonie organise une forme d’échanges économiques, un peu comme cela se fait au sein du Commonwealth, justement un lieu d’échanges économiques. Nous estimons qu’il faut qu’il y ait des dossiers à caractère économique au sein de l’OIF pour intéresser les gens d’affaires et les jeunes, et montrer comment on peut travailler en français et vivre en français. Il faut avoir un espace économique francophone dynamique si on veut que la Francophonie se développe. »


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    Collaborateur













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