Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Être jeune et faire de la politique autrement

    Le mouvement étudiant actuel pourrait-il avoir un impact sur la vie politique québécoise ?

    Manifestation monstre à l’occasion du Jour de la Terre. De façon générale, les jeunes se mobilisent autour de trois grandes causes : la cause étudiante sous toutes ses formes, l’environnement et la solidarité humaine.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Manifestation monstre à l’occasion du Jour de la Terre. De façon générale, les jeunes se mobilisent autour de trois grandes causes : la cause étudiante sous toutes ses formes, l’environnement et la solidarité humaine.
    Tous les observateurs de la jeunesse québécoise et internationale des dernières années l’ont remarqué : les jeunes participent peu aux pratiques politiques traditionnelles : scrutins, adhésion à un parti, etc.

    Devant un tel constat, une question se pose : le mouvement étudiant actuel, qui déferle dans les rues de Montréal contre la hausse des droits de scolarité et contre la loi 78, pourrait-il avoir un impact sur la vie politique québécoise ?


    « Les jeunes ne se sentent pas écoutés par la classe politique, et ils n’ont pas un poids démographique énorme », relève Nicole Gallant, chercheuse de l’INRS qui a fait une enquête sur l’engagement politique des jeunes en 2011. « Mais le mouvement actuel pourrait les sensibiliser à l’importance » d’emprunter des canaux d’action plus traditionnels, relève-t-elle.


    Dans le cadre de son enquête, Nicole Gallant a déterminé les voies de participation politique favorisées par les jeunes d’aujourd’hui. Ces jeunes ont tendance à s’engager dans des associations plus caritatives que politiques. Leur engagement passe souvent par des pratiques individuelles qui rejoignent des intérêts collectifs : faire du compost, par exemple, ou faire du bénévolat. De façon générale, ils se mobilisent autour de trois grandes causes : la cause étudiante sous toutes ses formes, l’environnement et la solidarité humaine. Alors que les militants de Mai 68 criaient « l’avenir nous appartient », les étudiants d’aujourd’hui voient devant eux un futur glauque, un environnement menacé, une économie déséquilibrée, note-t-elle.


    Mais, selon Mme Gallant, ces formes d’engagement n’excluent pas nécessairement l’engagement politique. « Le mouvement de mai 1968 a bien fourni les rangs du premier gouvernement Lévesque ! » note-t-elle. Mais elle ajoute : « On n’a pas besoin que les 200 000 manifestants s’engagent. Il suffit qu’il y en ait quelques-uns et que ça suscite des vocations. »


    Cynisme


    Reste que Raymond Hudon, professeur de sciences politiques à l’Université Laval, qui s’est aussi beaucoup penché sur la question de l’engagement politique des jeunes, est nettement moins optimiste. Comme d’autres, Raymond Hudon relève que le Québec est l’un des endroits où « le cynisme envers la chose politique est le plus accentué » dans l’ensemble de la population, mais en particulier chez les jeunes. M. Hudon met un bémol au discours de ceux, dont Jacques Parizeau, qui voient dans les manifestations étudiantes « le réveil d’une génération ». « Il y a toute une différence entre ce qu’on voit maintenant et une participation électorale ou un engagement au sein des partis politiques », dit-il.


    À cet égard, Raymond Hudon évoque l’Égypte où, malgré les manifestations importantes de la dernière année, la scène politique voit désormais s’affronter un candidat islamiste et un représentant de l’ancien régime.


    Quant à savoir s’ils votent et s’engagent, vers quel parti se dirigeront les jeunes manifestants d’aujourd’hui ? « Je ne sais pas et je ne me risquerais pas à faire des pronostics là-dessus. Mais le vote risque d’être divisé », risque Nicole Gallant.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.