Recensement - Eh oui ! Le Québec vieillit !
À cause d’un baby-boom plus imposant qu’ailleurs au monde, le nombre de Canadiens et de Québécois qui atteindront l’âge de la retraite d’ici une dizaine d’années est évidemment plus élevé que dans la plupart des pays développés. Or, pour remplacer cette main-d’oeuvre sortante, le nombre des 15-64 ans qui composent la population active sera insuffisant, et pour la première fois il ira même en diminuant en termes absolus.
Même l’Ontario, avec qui nous avons l’habitude de nous comparer, n’aura pas à faire face à un tel déclin de sa population active malgré l’importante augmentation de ses retraités.
Pour contrer le phénomène, il y a bien sûr l’immigration et la hausse du taux de fécondité, mais cela ne suffira pas. Et dans l’ensemble canadien, la place du Québec, comme celle de toutes les provinces situées à l’est de la Saskatchewan, continuera donc à diminuer au profit de l’Ouest, dont la proximité avec l’Asie et la croissance économique attirent des travailleurs de partout, y compris du Québec et de l’Ontario.
De ces prévisions peu réjouissantes que le recensement de 2011 ne fait que confirmer, la plupart des économistes ont déjà conclu qu’elles appellent à des interventions aussi énergiques qu’urgentes étant donné leurs conséquences sur l’emploi, le PIB et les revenus des habitants comme ceux des gouvernements. Comment rehausser ou seulement maintenir la qualité des services publics sans creuser les déficits de l’État si les revenus stagnent ou, pire, s’ils diminuent ?
Pendant plusieurs décennies, le gouvernement fédéral s’était donné pour mandat de rétablir un certain équilibre financier entre les provinces par ses programmes de péréquation, d’assurance-emploi et les importants transferts en éducation, en santé et en services sociaux. Or, depuis les libéraux de Jean Chrétien et surtout depuis l’arrivée des conservateurs, on a éliminé les facteurs de redistribution de richesse d’à peu près tous les programmes de transfert à l’exception de la péréquation, dont on a tout de même plafonné le budget.
De plus, tout indique que les réformes à venir tendront pour la plupart à réduire les dépenses fédérales dans l’économie des provinces au profit de baisses d’impôt permanentes pour les entreprises et les contribuables prospères.
Les provinces pourront toujours suivre l’exemple du Québec, qui a récupéré les points de TPS à son avantage. Mais pour le reste, il ne faut plus s’attendre à grand-chose d’Ottawa en matière de développement régional et sectoriel, du moins tant que les conservateurs seront au pouvoir.
Dans ces conditions, si le Québec veut améliorer son sort, il doit s’atteler à imaginer des stratégies de croissance qui lui soient propres.
Que ce soit par l’exploitation des ressources et leur transformation, le développement technologique et les sciences de la vie, pour trouver sa place et croître, toute nouvelle stratégie devra faire appel à un modèle de partenariat économique qui fasse appel à la participation des citoyens, même lorsque les décisions ne font pas l’unanimité.
Au cours des neuf dernières années, le gouvernement Charest, comme le gouvernement Harper, a voulu imposer une vision unilatérale du développement dans laquelle seuls les investisseurs et les amis du régime avaient leur mot à dire. Convaincu qu’il saurait se passer des syndicats, des environnementalistes et surtout des citoyens concernés, dont la jeunesse, il a échoué. Ce fut le cas du dossier des hydrocarbures, de celui de l’éolien, du Plan Nord, de la hausse des droits de scolarité et même de l’imposition de la contribution santé, qui aurait été mieux acceptée sous une forme plus progressive.
Pour avancer, une société a non seulement besoin d’investissements, ce qui va de soi, elle a aussi besoin de la complicité d’une population qui y trouve son compte. C’est à cela que nos gouvernements doivent maintenant s’atteler.








